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Énergie et barrages hydroélectriques

La construction de barrages hydroélectriques est faussement perçue comme la seule solution « verte » aux enjeux d’approvisionnement énergétique du Québec.

Les défis de l'hydroélectricité

Bien que l’hydroélectricité soit une énergie renouvelable, elle n’est ni « verte » ni « propre » : les barrages hydroélectriques ont des impacts bien réels sur l’environnement, les communautés locales et ultimement, la société québécoise. 

Pour réaliser la transition énergétique du Québec de façon astucieuse, tournons-nous vers les meilleures solutions, avec pour questionnement omniprésent :

Que voulons-nous léguer aux générations futures?

0 KM²

sont inondés par les réservoirs des 62 centrales hydroélectriques d'Hydro-Québec. C’est 40 fois la superficie de l'île de Montréal.

Notre vision

Une société où tous et toutes puissent jouir de façon responsable d’une énergie à moindre impact, sur un territoire où s’écoulent des rivières préservées à l’état naturel.

Plus de barrages hydroélectriques au Québec? Nous pouvons faire mieux pour notre avenir!

Quelles rivières pourraient être utilisées pour de nouveaux barrages?

Les informations sur la capacité de production hydroélectrique au Québec, le potentiel des rivières et l’estimation des réservoirs éventuels sont rares et difficiles d’accès, même dans les archives de Bibliothèque et archives nationales du Québec.

Nous avons posé la question à Hydro-Québec, mais notre demande d’accès à l’information a été refusée. Nous devons donc nous fier à des données datant de plusieurs années, parfois même jusqu’à une cinquantaine! Selon celles-ci, huit rivières pourraient produire un maximum 50 TWh. Nous sommes loin des 100 TWh à 150 TWh de nouvelle production estimés par le gouvernement pour réaliser la transition énergétique.

RivièrePuissance (MW)Énergie (TWh)Superficie minimale de la zone inondable supplémentaire (réservoir)Portrait de la situation
Petit Mécatina1500 - 3990 5,51000En face d’Anticosti, le Petit Mécatina prend sa source au Labrador. Un projet de Parc national a déjà été envisagé dans la région. Des études préliminaires sont en cours.
Magpie8503,81000La Magpie est située dans la région de havre Saint-Pierre tout près de La Romaine. L’acceptation sociale n’est pas au rendez-vous : l’Alliance Muteshekau-shipu s’y oppose fermement. Le site est une réserve de la biodiversité et possède un important potentiel récréotouristique.
Kipawa, connu sur le nom de projet Tabaret.1320,61000Il a été maintes fois question de cette rivière du Témiscamingue, qui se jette dans la Baie James. La déviation de la rivière pour atteindre la capacité souhaitée pourrait avoir des conséquences sur le parc national Opémican où coule la Kipawa. Les promoteurs du projet Onimiki ont mis leur projet sur la glace.
Grande Baleine3200161667- 5250 Le projet de la Grande rivière de la Baleine en 1992 comportait trois centrales sur le cours principal de la rivière, créant quatre immenses réservoirs, dont l'un de régulation au lac Bienville, pour une superficie totale de 3 516 km2 . Les territoires directement touchés par le relèvement des eaux recouvraient une superficie supplémentaire totale de 1 726 km2 , soit à peu près la moitié de la surface de tous les réservoirs. Il y a eu une forte résistance des Cris sur les enjeux environnementaux (réservoirs).
Nastapoka10003,1Hydro-Québec lorgne cette rivière exceptionnelle et unique située au Nunavik qui est l’objet de projet de parc nordique excluant la rivière. La rivière devait s’intégrer au projet Grande Baleine. C’est un site unique au monde car on y retrouve des bélugas et des loups marins; voir parc des Lacs-Guillaume-Delisle-et-à-L'Eau-claire.
À la Baleine11357,7La rivière à la Baleine est un affluent du littoral sud de la baie d'Ungava. À son embouchure se trouve une aire de concentration estivale de bélugas et sur le versant de la baie d'Ungava déjà délimité comme le sanctuaire de la rivière Mucalic.
Nottaway/ BroadbackSe jettent dans la baie de Rupert, au sud de la Baie James. Dans les années 1960, la rivière a fait l'objet d'un projet d'aménagement hydroélectrique. Le projet Nottaway-Broadback-Rupert (NBR) était une alternative aux projets sur La Grande Rivière et la rivière Eastmain. Épargnée grâce à une entente avec les Cris pour sa valeur, et à la suite de la réalisation du projet de dérivation de la rivière Rupert entrepris dans les années 2000, il s'avère peu probable que la rivière Broadback soit développée dans un avenir prévisible.Capacité maintenant limitée et trop cher à cause de problèmes importants d’érosion.
George310014,5 La rivière est à 9h40 de vol de Montréal et présente un défi logistique important; le transport de tout le matériel devrait se faire par bateau.

Impacts des barrages hydroélectriques et les solutions

Foire aux questions : barrages hydroélectriques

Une rivière doit répondre à plusieurs critères pour être harnachée : les débits d’eau, le dénivelé, la contenance du réservoir, les affluents supplémentaires potentiels (déviation de rivières), la qualité du sol limitant l’érosion et pour contenir l’eau, la localisation (plus coûteux).

Les grandes rivières naturelles les mieux adaptées pour d’imposants ouvrages ont déjà été harnachées ou déviées vers un réservoir. Les prochaines rivières risquent d’être éloignées, de demander d’imposants travaux d’aménagement des sites, d’imposer le détournement de rivières et impliquer d’autres coûteuses opérations.

Nous avons posé la question à Hydro-Québec sur la nature des études préliminaires sur la rivière du Petit Mécatina. On nous a répondu qu’une étude préliminaire consistait à « évaluer la préfaisabilité technique, économique, environnementale et sociale d’un projet. (…) Sur le terrain, les responsables de l’étude réalisent les activités suivantes :

• Rencontres d’échange et de suivi avec les collectivités locales et les communautés autochtones
• Élaboration d’une stratégie d’accès au territoire visé par les activités au terrain
• Acquisition des données cartographiques, hydrométriques, géologiques et environnementales
• Évaluation des capacités d’accueil du milieu pour mieux planifier l’organisation logistique des activités au terrain ».

Le parc de production d’Hydro-Québec compte 61 centrales hydroélectriques et 24 centrales thermiques, ce qui représente une puissance installée de 37, 2 GW. De plus, ses aménagements hydroélectriques comprennent 28 grands réservoirs d’une capacité de stockage de plus de 176 TWh, auxquels s’ajoutent 681 barrages et 91 ouvrages régulateurs selon les données d’Hydro-Québec.

Il faut augmenter la production d’énergie dans le but de réaliser la transition énergétique, c’est-à-dire pour se départir de nos énergies fossiles. Quelle quantité faut-il produire? Cela dépend de notre volonté à mettre en place des mesures audacieuses en matière d’économie d’énergie.

Le potentiel est énorme : rénovation des habitations mal isolées, réforme du code du bâtiment pour bien isoler les constructions neuves, tarification dynamique, investissements massifs en transport en commun, etc. Si on ne fait que remplacer 5 millions de voitures à essence en voitures électriques, on devra produire beaucoup plus. Et c’est sans compter la volonté du gouvernement provincial d’attirer des industries gourmandes en énergie dans un contexte de pénurie d’emplois, de crise de la biodiversité et de la nécessaire transition énergétique.

Ce n’est pas le cas partout dans le monde : certaines centrales hydroélectriques ont une empreinte écologique pire que des centrales au charbon. Heureusement, ce n’est pas le cas au Québec. Si l’hydroélectricité est une énergie préférable à bien d’autres, il n’en reste pas moins que ce n’est pas une énergie propre : c’est une énergie renouvelable, qui a des impacts sur l’environnement.

Par exemple, les grands réservoirs fragmentent le territoire, parfois avec des espèces menacées et émettent des gaz à effet de serre, surtout les premières années de service. Qui plus est, des alternatives aux effets moins dommageables existent, alors pourquoi comparer l’hydroélectricité aux pires énergies plutôt qu’aux meilleures?

Une panoplie d’alternatives existent. Aucune ne constitue la réponse ultime à nos besoins; c’est leur combinaison qu’il faut considérer. Apprenez-en plus dans notre article sur le sujet.

La construction de centrales génère beaucoup d’emplois localement, surtout au moment de la construction, et jusque dans une certaine mesure, dans la période d’exploitation, mais ce n’est pas la seule option pour générer de l’emploi dans le secteur de l’énergie. Par exemple, un programme de rénovation domiciliaire risque de créer plus d’emplois à l’échelle nationale.

Puis, si on veut parler de ce qui est bon pour notre économie, parlons d’une énergie au moindre coût unitaire. Par exemple, le coût de production de l’éolien était de 6,10 cents le KWh dans le dernier appel d’offres d’Hydro-Québec, soit moins cher que l’énergie produite par le complexe la Romaine dont les coûts étaient évalués à 8,05 cents le KWh en 2009.

Finalement, nous ferions erreur d’aborder la richesse seulement sous l’angle économique. Une ressource naturelle a aussi une valeur récréotouristique et sociale en plus de rendre des services écosystémiques.

La construction de centrales hydroélectriques est une grande réussite du 20e siècle sur le plan technique et qui éveille un sentiment de fierté sur lequel mise présentement le gouvernement provincial. Force est d’admettre que ce qui avivait autrefois la fibre nationaliste est aujourd’hui beaucoup moins intéressant : la quasi-totalité des rivières offrant un potentiel hydroélectrique à bon coût est déjà utilisée.

Il faut donc se tourner vers des rivières sur des territoires beaucoup plus éloignés, à plus grand coût. D’autre part, les avancées technologiques permettent de se tourner vers des alternatives à moindre impact comparativement à l’hydroélectricité.

Nos articles sur l'hydroélectricité

Unis aux experts

Nous sommes membres du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ) et du Front Commun pour la Transition énergétique.

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Nos initiatives au fil du temps

1994
2002
1999-2003
2004
2008
2009
2012
2015

Des projets de petites centrales hydroélectriques incitent les militants de la première heure à se mobiliser

Sur demande du gouvernement, Hydro-Québec procède à des appels d’offres auprès de producteurs privés pour la construction de petites centrales hydroélectriques (25 MW et moins) sur les rivières du Québec. Des contrats d’achats d’électricité sont attribués sans un contrôle étatique suffisant. En 1994, l’ingénieur Alain Saladzius, aujourd’hui président de la Fondation Rivières, est en contact étroit avec la Sûreté du Québec et le ministre de l’Énergie du nouveau gouvernement provincial pour faire la lumière sur la situation. La commission d’enquête publique Doyon livre un rapport troublant en 1997.

Naissance de la Fondation Rivières

Hydro-Québec relance un ambitieux plan visant à construire 36 petites centrales à l’instigation du gouvernement. De nombreux artistes, personnalités publiques, comités de citoyens et groupes d’intérêts se mobilisent. L’initiative Adoptez une rivière prend forme, suite à quoi la Fondation Rivières voit le jour. La Fondation est cofondée par Alain Saladzius, Roy Dupuis, toujours porte-parole, et Michel Gauthier. L’organisation est animée par la conviction profonde qu’il faut développer des alternatives à la production hydroélectrique.

À la défense de la rivière Rupert

La Fondation Rivières soutient les efforts de Révérence Rupert, un groupe citoyen qui s’oppose au projet Eastmain-1A d’Hydro-Québec qui implique la dérivation des eaux de la rivière Rupert et qui la privera de plus de 80% de son eau à la hauteur de l'évacuateur de crues. La paix des braves, une entente politique et économique entre Québec et les Cris, nécessite l'acceptation de ces derniers de l'altération permanente d'une des dernières grandes rivières vierges. Le sort de la Rupert est scellé en 2003 par un référendum qui déchire l'Eeyou Istchee, qui oppose mouvances traditionnelles et politiques.

Descente de la rivière Magpie

Un projet de barrage hydroélectrique privé risque d’affecter l’intégrité de la rivière Magpie. La Fondation Rivières organise une expédition de reconnaissance le long de la rivière pour promouvoir son attrait écotouristique, en collaboration avec la Société pour la Nature et les Parcs (SNAP), l’Union Québécoise pour la Conservation de la Nature (Nature Québec), Greenpeace et Earth River. Robert F. Kennedy Jr. se joint au groupe afin de mettre en évidence l’intérêt mondial de ce joyau naturel. La Magpie obtiendra un statut juridique de protection en 2021, à la suite d’une démarche conjointe de la MRC, des communautés Innus et de la SNAP, mais Québec n’a toujours pas accepté de protéger la rivière contre le développement hydroélectrique.

Un mémoire sur la rivière Romaine, qui devient l’objet d’un documentaire

En 2008, la Fondation Rivières présente un mémoire au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) concernant le projet d’aménagement hydroélectrique sur la rivière Romaine. La même année, Roy Dupuis et les réalisateurs Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere réalisent une descente de la rivière Romaine qu’ils documentent, pour une dernière fois avant qu’elle ne soit détruite. Paru en 2010, le film Chercher le courant éveille la société québécoise aux impacts environnementaux des barrages et aux énergies alternatives.

Campagne Avec Énergie

Onze artistes livrent un message de mobilisation pour que le Québec effectue le virage énergétique vert du 21e siècle. Cette série de capsules vidéos réalisées en collaboration avec Nature Québec sensibilise la population à repenser nos façons de faire, basée sur la science et sur ce qui se fait également de par le monde.

Mobilisation contre la construction d’une centrale sur la chute Ouiatchouan

La Fondation Rivières mène une lutte importante avec des citoyen.ne.s contre la destruction de la chute Ouiatchouan, au cœur du village historique de Val-Jalbert. Bénéficiant de subventions considérables d’Hydro-Québec, la MRC et le Conseil innu de Mashteuiatsh y voient une opportunité de financer leurs activités. Aujourd’hui, la chute coule uniquement le jour, en été, alors que le site est ouvert aux visiteurs. Bien que ce projet ait abouti, la Fondation Rivières continue d'œuvrer dans la lutte contre les menaces injustifiables à l’intégrité des rivières.

Empêcher le projet de centrale sur la 11e chute de la rivière Mistassini

La Fondation Rivières présente un mémoire au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) concernant la construction d’une centrale hydroélectrique sur la 11e chute de la rivière Mistassini.

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