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Lettre au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs : Demande de moratoire sur l’utilisation du larvicide Bti

 

Montréal, le 19 mai 2021
TRANSMISSION PAR COURRIEL

 

Monsieur Pierre Dufour, Ministre
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs
5700, 4e Avenue Ouest
Québec (Québec) G1H 6R1

 

Objet : Demande de moratoire sur l’utilisation du larvicide Bti

 

Monsieur le Ministre,

Il y maintenant plus de 35 ans que nos cours d’eau et nos milieux humides sont aspergés chaque été de Bti, un insecticide encore méconnu causant principalement la mort des larves aquatiques d’insectes piqueurs. Le Bti doit son nom à une bactérie présente naturellement dans les sols. Cette bactérie, une fois ingérée, produit des cristaux microscopiques dans l’intestin des larves et enclenche une réaction toxique menant ultimement à leur mort. Or, cette bactérie ne représente qu’en moyenne 7 % de la formulation commerciale couramment appliquée. Un cocktail de produits dont la recette est protégée par le secret industriel y est combinée pour augmenter son efficacité, comme, par exemple, des agents de protection contre les rayons ultraviolets. On peut alors difficilement qualifier cet insecticide de “biologique”. De plus, contrairement à la plupart des insecticides épandus sur les sols en culture, le Bti est appliqué directement dans nos cours d’eau: l’une de nos plus une richesse que l’on se doit de traiter avec précaution.

Le Bti a ainsi longtemps été considéré comme sans danger pour l’environnement, croyant que son mécanisme d’action était suffisamment complexe et spécifique pour ne cibler que les insectes piqueurs. Or, de récentes études indépendantes ont démontré que le Bti peut affecter directement et de façon importante la taille des populations de chironomides (Allgeier et al. 2019, Kästel et al. 2017). Comme ce groupe d’insectes constitue une source de nourriture de premier choix pour plusieurs oiseaux et amphibiens, la taille et le développement de ces organismes peuvent être affectés (Empey et al. 2021). Une telle perturbation de l’équilibre de la chaîne alimentaire est préoccupante pour l’intégrité de nos écosystèmes aquatiques. Les effets cumulatifs de tous les projets d’épandage n’apparaissent pas suivis ou documentés. Ces préoccupations sont d’ailleurs détaillées dans un document d’orientation produit par votre ministère il y a quelques temps. On y souligne de plus un manque d’études canadiennes au sujet des impacts pour la faune et pour le réseau trophique. Pourtant, plus de 40 municipalités détiennent actuellement des autorisations d’épandage délivrées sur la base d’avis fauniques produits par votre ministère. D’autre part, plusieurs regroupements citoyens ont soulevé d’importantes préoccupations quant à la pertinence de tels épandages et de leurs impacts, accompagnées de différentes études.

Au niveau commercial, l’industrie québécoise de l’épandage de Bti est un duopole constitué de seulement deux entreprises (GDG Environnement et Conseillers forestiers Roy). Ce manque de compétition est potentiellement problématique pour une saine gestion des finances municipales.

Plusieurs alternatives à l’épandage existent pour le contrôle des insectes piqueurs. Celles-ci apparaissent moins dommageables pour nos milieux naturels et nettement moins coûteuses (ex: piège, ail, nichoirs, etc.). De plus, leur portée peut être modulée en ciblant uniquement les espaces habitables, évitant ainsi l’épandage d’une substance biocide dans nos cours d’eau.

Recommandations

  • Un moratoire sur l’émission d’autorisations d’épandage le temps qu’une révision de la position ministérielle soit produite ;
  • une révision de la position du MFFP sur le Bti à la lumière des nouvelles connaissances indépendantes acquises à travers le monde au cours des deux dernières décennies et présentées en partie dans le document d’orientation du MFFP produit en 2019 ;
  • la reconnaissance de la prépondérance du principe de précaution devant le constat du déclin des populations d’oiseaux, d’amphibiens et d’insectes sur le territoire québécois en attente de la prochaine politique gouvernementale ;
  • la reconnaissance de l’efficacité et de l’aspect sécuritaire de méthodes de contrôle alternatives afin que les municipalités les plus fortement touchées par la nuisance occasionnée par les insectes piqueurs puissent y recourir.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente, nous demeurons disponibles pour tout renseignement supplémentaire.

Veuillez agréer, monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

 

Alain Saladzius, ing., FIC
Président

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La Société immobilière du Canada doit se rendre à l’évidence: il faut intégrer une aire de baignade dans le Vieux-Port de Montréal

MONTRÉAL, le 20 mai 2021  – La Fondation Rivières se réjouit que la Ville de Montréal ait retenu le projet d’un bain portuaire accessible au centre-ville de Montréal dans son Plan nature et sport. Et le meilleur endroit où l’implanter est dans le bassin Jacques-Cartier dans le Vieux-Port de Montréal: l’eau y est pratiquement toujours propre et l’accès sécuritaire.

Or la Société immobilière du Canada, gestionnaire de la Société du Vieux-Port de Montréal, n’a pas l’intention d’intégrer des aires de baignade. Nous avons donc demandé une rencontre auprès de la ministre Anita Anand, ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de Marc Miller, député de Ville-Marie-Le Sud-Ouest-Île-des-Soeurs, afin de leur démontrer l’importance d’ouvrir un tel accès aux citoyens dans le Vieux-Port.

C’est l’endroit où se déroule le traditionnel Grand Splash annuel organisé par des citoyens depuis 16 ans. La Fondation Rivières organisera de nouveau un événement Grand Splash au début juillet dans le bassin Jacques-Cartier, afin de revendiquer le droit des citoyens à un accès public à l’eau, d’autant plus important que cet endroit est situé à proximité des quartiers les plus populeux, et constituerait un atout majeur au développement touristique de Montréal.

Le centre-ville de Montréal ne sera plus jamais le même. Il doit changer et offrir un milieu de vie de qualité pour les résidents. Un centre-ville tout en bureaux, c’est terminé. On parle de relance économique à Montréal, quoi de plus simple que d’aménager un espace de baignade accessible à tous et surtout à ses résidants. Pendant qu’à Montréal, on n’a que la plage de VerdunToronto dispose de pas moins d’une dizaine qui sont accessibles à quelques minutes du centre-ville.

Par ailleurs, on applaudit la décision de la VIlle d’aménager un parc récréotouristique riverain à Lachine, auquel d’ailleurs une aire de baignade devrait s’y greffer d’autant que la qualité de l’eau y est généralement excellente. On note d’autre part que la vocation des sites Plage de l’Est et Promenade Bellerive ne sont pas retenus pour un accès à l’eau. On encourage la Ville de Montréal à poursuivre l’évaluation du potentiel de baignade à ces endroits, les seuls situés dans l’Est de Montréal.

 – 30 –

Pour informations :

André Bélanger, directeur général
514 295-1194
direction@fondationrivieres.org

Lien vert le Plan nature et sport : https://portail-m4s.s3.montreal.ca/pdf/plan_nature_et_sports_0.pdf

Eaux-polluees

Des dépôts à neige intoxiquent nos rivières

Des images captées par des citoyens depuis deux jours à Longueuil et diffusées sur les réseaux sociaux montrent une eau polluée sortant d’un bassin de décantation de la Ville. L’émissaire s’écoule directement dans un ruisseau d’une eau limpide, dans le boisé du Tremblay, un refuge faunique d’importance de la rainette faux-grillon au Québec. Des grenouilles et des poissons morts y ont été observés et un silence complet régnait alors qu’en temps normal le cri des rainettes se fait entendre en pleine saison printanière. La Fondation Rivières demande au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de revoir les autorisations émises par son ministère et qui font en sorte que des dépôts à neige laissent s’écouler des panaches de pollution dans les cours d’eau. 

Pour M. Patrick R. Bourgeois qui s’est rendu sur le site pour vérifier l’origine de la contamination, « On ne peut tolérer qu’un dépôt à neige, montagne de pollution s’il en est une, s’écoule dans une réserve faunique, tuant les rainettes faux-grillon au passage. Il est plus que temps de revoir la gestion de ces dépôts. J’ai filmé ce que le commun des citoyens n’aurait jamais vu, en plus des cours industrielles et des déchets jusqu’en rive, sans qu’aucune limite de protection ne soit respectée. Un saccage environnemental dans ce qui devrait être un paradis faunique » déclare-t-il.

Selon la Fondation Rivières, les normes gouvernementales doivent être révisées et tenir compte de la fragilité de certains milieux. De simples bassins de décantation, trop petits de surcroît, ne  permettent que d’enlever le sable. De nombreux autres contaminants (chlorures, sels, métaux, huiles et graisses, microplastiques, etc.) provenant des neiges souillées s’échappent ainsi jusqu’aux cours d’eau. Les normes sont les mêmes peu importe le milieu récepteur, un non-sens. La Fondation a d’ailleurs porté plainte au ministère de l’Environnement en juillet 2018 dans un dossier similaire situé en bordure de la rivière Magog. Les analyses obtenues affichaient des dépassements majeurs des matières en suspension. Le Ministère aurait alors entrepris un suivi plus serré de l’exploitation du site sans toutefois resserrer les normes environnementales du site.

Pour Alain Saladzius, ingénieur et président de la Fondation Rivières, « le traitement des eaux fortement polluées qui sortent des dépôts à neige doit être amélioré. Les critères de conception sont trop faibles et ne tiennent pas compte du milieu récepteur. Des tests de toxicité devraient être applicables car des mortalités de poissons ont été constatées. Cette année la rapidité de la fonte des neiges nous rappelle que les changements climatiques occasionnent des bouleversements dont il faut maintenant tenir compte » conclut-il. 

L’ancien maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, confirme « J’ai été témoin de cette aberration pendant des années, le ministère de l’Environnement nous autorisait à déverser les eaux du dépôt à neige dans un cour d’eau verbalisé qui se jetait dans la rivière Châteauguay. C’était totalement incohérent, mais sur le prétexte de manque de fonds, tout est acceptable. C’est extrêmement gênant.»

Vidéo du cours d’eau contaminé :

https://www.facebook.com/patrick.bourgeois.37/videos/10224860618205389

Vidéo du dépôt à neige :

https://www.facebook.com/patrick.bourgeois.37/videos/10224882276626836

Plainte de la Fondation Rivières concernant le dépôt à neige de Magog 2018
https://fondationrivieres.org/wp-content/uploads/2021/04/2018-07-17-FR-Depot-neige-Magog-Plainte-au-MDDELCC-1.pdf

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Gestion de l’eau au Québec La Fondation Rivières et Eau Secours lancent le portail web Eauenpéril.net

La Fondation Rivières et l’organisme Eau Secours, en collaboration avec des étudiants à la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke, lancent un nouveau portail Web sur la gestion de l’eau au Québec. La population est d’ailleurs invitée à participer à l’amélioration et à la mise à jour du portail afin que cet outil soit le plus complet et à jour possible.

Le portail Eau en péril est un site d’archivage d’articles médiatiques et d’informations gouvernementales et universitaires en lien avec les problématiques de la gestion de l’eau au Québec. Ce répertoire – non exhaustif – inclut des données dont l’objectif n’est pas de tracer un portrait de la qualité de l’eau, mais bien de répertorier des faits récents et historiques tant au niveau de la gouvernance, des déversements, de la contamination, de la privatisation, de la commercialisation, de l’accessibilité que de la destruction des milieux humides.

Avec cette initiative, la Fondation Rivières et Eau Secours souhaitent sensibiliser la population et les décideurs quant aux chocs répétés que subissent les plans d’eau et la ressource hydrique en général depuis des décennies. Pour André Bélanger de la Fondation Rivières « C’est par devoir de mémoire que nous avons pris la décision de mettre en œuvre ce projet. Par exemple, savez-vous quand et combien de fois il y a eu des déversements dans les rivières Richelieu, des Outaouais ou Yamaska? Bien sûr que non, car ces informations n’existent pas. Réunir sous une même bannière un maximum d’informations, c’est ce que nous visons et grâce à la contribution citoyenne, nous allons y parvenir ».

La gestion de l’eau ne se limite cependant pas uniquement à la qualité de l’eau des rivières. « En plus de la qualité de l’eau, la ressource doit demeurer accessible et suffisante à nos besoins de demain. La privatisation, la commercialisation, la contamination et les prélèvements abusifs nuisent à cet accès. Combien existe-il d’usines d’eau embouteillée? Combien de cas de contamination de sources d’eau potable ont été recensés au Québec, Et les avis d’ébullition qui durent depuis plusieurs mois, voire années? Avons-nous une idée de la superficie de milieux humides détruits dans chaque région administrative dans les dernières années? C’est aussi ça, Eau en péril. » tenait également à ajouter Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours.

Les organismes rappellent que si un cas particulier n’est pas présent dans le portait, c’est normal. Eau en péril est un travail collaboratif et vivant auquel la population est invitée à contribuer. Les témoins d’un événement peuvent faire parvenir les informations en remplissant le formulaire prévu à cet effet sur le site Eauenpéril.net

Pour informations :

Geneviève Tardy, responsable des communications

514 424-3556

communications@fondationrivieres.org

Mathieu Langlois, responsable des communications

514 588-5608

communications@eausecours.org

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Qualité de l’eau de la rivière L’Assomption : La baignade est possible en été!

La Fondation Rivières et la Ville de L’Assomption rendent publics les résultats de la surveillance en continu de la qualité de l’eau de la rivière L’Assomption à la prise d’eau du Centre de traitement Jean-Perreault et à l’aire de détente du parc Léo-Jacques à L’Assomption. Ce projet pilote révèle des informations étonnantes qui permettent aujourd’hui de poser ces trois principaux constats :

  • l’eau est généralement adéquate pour la baignade dans les mois d’été ;
  • dès septembre, il y a une pollution persistante et des déversements municipaux intensifs en amont ;
  • la contamination de l’eau par les coli est majoritairement d’origine humaine et non agricole.

Le directeur général de la Fondation Rivières, M. André Bélanger, est stupéfait des résultats de l’étude : « Au départ, nous voulions savoir entre autres si le système de détection rapide ColiMinder était efficace pour assurer la sécurité des baigneurs à l’aire de détente Léo-Jacques, dans l’éventualité où la Ville rendrait accessible cet endroit pour la baignade. On apprend aujourd’hui non seulement que l’efficacité est démontrée, mais que l’eau de la rivière est de bien meilleure qualité en été que nous l’avions anticipé. À l’automne, c’est toutefois un tout autre portrait malheureusement ». En effet, dès le mois de septembre, avec des pluies plus marquées, les analyses ont démontré une pollution persistante et des déversements municipaux d’eaux usées intensifs en amont lors des périodes de pluie.

L’origine humaine de la contamination par les E. coli a également suscité de fortes réactions : « Depuis des années, on identifiait les activités agricoles comme principale responsable de la mauvaise qualité de l’eau dans la rivière L’Assomption, mais ce n’est vraisemblablement pas le cas! Ce nouveau portrait va permettre d’orienter les actions futures de manière beaucoup plus optimale en permettant aux acteurs concernés de mieux cibler les vraies priorités : les déversements d’eaux usées en amont. C’est majeur comme nouvelle! », d’ajouter M. Bélanger.

Le projet a été d’autant plus bénéfique qu’il a permis d’optimiser l’exploitation du Centre de traitement d’eau et d’ajuster rapidement les opérations lors de périodes inattendues de contamination. Le 17 septembre, le ColiMinder a en effet détecté un pic de contamination qui s’est étendu de 11h00 à 17h00. Alors qu’il devrait y avoir une forte corrélation entre la turbidité et la contamination, le turbidimètre du Centre de traitement n’en faisait pas état. Grâce au ColiMinder, il a été possible de détecter un déversement survenu à plus de 10 kilomètres en amont et d’ajuster le traitement plus rapidement.

Les résultats de cette collaboration amènent aujourd’hui la Ville de L’Assomption à réfléchir aux suites à donner à cette étude : « Nous nous réjouissons du travail de la Fondation Rivières et de leur professionnalisme. Dans ses recommandations, la Fondation nous propose des actions très pertinentes à mettre en œuvre pour un meilleur assainissement de l’eau de la rivière. Comme toujours, nous sommes prêts à poser des gestes concrets en collaboration avec les différents acteurs du milieu soucieux de la qualité de nos cours d’eau», a conclu le maire de L’Assomption, M. Sébastien Nadeau.

Le projet

Le projet consistait à effectuer des analyses de manière automatisée toutes les deux heures. Celles-ci ont été réalisées avec un appareil ColiMinder déployé dans l’usine qui permet de détecter en 15 minutes la présence et la quantité de E. coli dans l’eau. Les résultats étaient transmis en temps réel aux opérateurs. Le projet s’est échelonné d’août à décembre 2020 et poursuivait trois objectifs :

  1. Valider si les mesures fournies par l’appareil ColiMinder peuvent assurer la sécurité des citoyens à l’aire de détente du parc Léo-Jacques en cas de contamination ponctuelle, dans le contexte où la Ville évalue la possibilité de rendre l’endroit accessible pour la baignade ;
  2. Valider la pertinence pour le Centre de traitement d’eau d’utiliser un outil d’analyse rapide pour surveiller la contamination en temps réel ;
  3. Identifier les sources de contamination qui peuvent présenter des risques à la prise d’eau potable de la Ville.

Documents à consulter

Rapport complet

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Source :

Fondation Rivières

Geneviève Tardy, responsable des communications

communications@fondationrivieres.org

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Exclue du Forum d’action sur l’eau : La Fondation Rivières lance un 1er défi aux membres du comité

Le 18 février 2021, le ministre de l’Environnement et la Lutte aux changements climatiques, M. Benoit Charette a rendu publique la composition du nouveau Forum d’action sur l’eau. Rappelons que cette nouvelle instance a été créée en remplacement du Conseil québécois de l’eau annoncé par le gouvernement libéral en 2018, comité sur lequel la Fondation Rivières avait été invitée à siéger à titre d’organisme citoyen. Maintenant que la voix citoyenne n’a plus sa place au sein du Forum d’action sur l’eau, la Fondation Rivières lance un premier défi à l’ensemble des membres du comité qui se réuniront pour la première fois mardi le 16 mars 2021 :     

« Faire en sorte que les travaux d’infrastructures vertes soient pleinement reconnus et financés »

Tous les experts dans la gestion des eaux s’entendent sur l’importance d’investir dans les infrastructures vertes pour mieux gérer les eaux pluviales. Ces infrastructures constituent une solution de premier plan aux quelque 60 000 déversements annuels d’eaux usées non-traitées au Québec, tout en permettant, entre autres, d’éviter la pollution acheminée aux cours d’eau par les eaux pluviales contaminées et de recharger la nappe phréatique. Des infrastructures vertes peuvent être réalisées selon des techniques éprouvées qui sont d’ailleurs minutieusement décrites dans le Guide de gestion des eaux pluviales produit il y a 10 ans par le ministère de l’Environnement.

Or, les trois principaux outils de financement gouvernementaux pour de telles infrastructures ne reconnaissent pas ce type de projets. Les travaux permis ciblent uniquement les constructions habituelles (égouts, aqueduc, systèmes de traitement), tant pour le programme Taxe d’accise sur l’essence et de la contribution du Québec (TECQ) avec une enveloppe de 3,4 G$, que le Fonds pour l’infrastructure municipale d’eau (FIMEAU) avec 1,5 G$ et que le Programme d’infrastructures municipales d’eau (PRIMEAU) avec 773 M$. Les municipalités se voient donc privées de financement pour faire les meilleurs choix afin d’améliorer la gestion de leurs eaux pluviales. Rappelons que l’intensité des événements de pluie augmente avec les changements climatiques. Pourtant les infrastructures vertes sont éprouvées et reconnues, tout autant que les approches traditionnelles. 

Ces lacunes ont été adressées en décembre 2020 à Mme Catherine McKenna, ministre responsable de l’Infrastructure et des Collectivités au gouvernement fédéral en matière d’infrastructures vertes, puisque le fédéral est maintenant le principal contributeur financier aux travaux d’infrastructures. Lors de l’annonce de 280 projets retenus dans programme de subventions FIMEAU le 20 août 2020, Mme McKenna a référé abondamment au concept d’infrastructures vertes alors qu’aucun des projets retenus n’incluait de tels aménagements. En guise de réponse, la ministre a essentiellement rappelé que « le Québec est responsable de soumettre les projets qui cadrent avec les retombées susmentionnées à la lumière de ses besoins et des priorités énoncées notamment dans le Plan québécois des infrastructures. »

La Fondation Rivières a donc interpellé les ministres québécois des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) du Québec, Mme Andrée Laforest et de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC), M. Benoit Charette, pour que soient modifiées les règles afin de pleinement reconnaître immédiatement les infrastructures vertes. Ce sont d’ailleurs des ingénieurs et autres professionnels spécialistes de ces deux ministères qui ont produit le guide de conception des ouvrages et les mêmes ministères qui financent les organismes pour en faire la promotion ! 

Le président de la Fondation Rivières, M. Alain Saladzius, indique que « notre demande aux ministres québécois ne requiert aucun ajout budgétaire. Il s’agit simplement de permettre immédiatement la réalisation d’infrastructures vertes, tout autant que la pose de tuyaux d’égouts pluviaux, et ce dans la programmation TECQ 2019-2023 et FIMEAU 2022. Faute d’avoir obtenu réponse des ministres à nos lettres, nous soumettons le dossier à chacun des membres du Forum d’action sur l’eau afin que le dossier y soit enfin réglé. Nous sommes convaincus que les représentants du monde municipal, de l’environnement et des scientifiques porteront toute l’attention nécessaire à ce dossier, et qu’enfin les municipalités n’auront plus à écarter de meilleurs choix, au bénéfice de tous. ».

Mission de la Fondation Rivières

Depuis sa création le 26 novembre 2002, la Fondation Rivières voit à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel et écologique des rivières, tout autant que de la qualité de l’eau. Cette mission est d’ordre environnemental, mais aussi social et éducatif.

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Mine du Lac Bloom : Le BAPE rejette le projet !

Mine du Lac Bloom : Le BAPE rejette le projet proposé, Québec doit exiger des solutions pour empêcher la destruction des lacs

Des organismes environnementaux accueillent favorablement les conclusions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) selon lesquelles la minière Champion Iron doit refaire ses devoirs afin d’éviter la destruction de lacs entraînée par le stockage de résidus miniers à la mine Lac Bloom. Les organismes demandent à Québec de suivre toutes les recommandations du BAPE et d’exiger de la minière qu’elle mette en place des solutions de rechange.

« Le BAPE donne raison aux nombreux citoyens, experts et organismes qui sont intervenus lors des consultations publiques. Québec doit exiger des solutions de rechange pour empêcher la destruction des milieux humides et hydriques, sans quoi le projet ne peut pas aller de l’avant », insiste Rébecca Pétrin d’Eau Secours.

Dans un rapport sévère publié ce matin, le BAPE rejette le projet et conclut que « le projet ne soit pas autorisé tel que présenté ». Le BAPE est d’avis que le promoteur dispose de « suffisamment de temps » pour mener « des études additionnelles nécessaires à la révision des solutions de rechange ».

Le BAPE constate que le promoteur « a fait des choix discutables » et « qu’il pourrait être techniquement et économiquement faisable de remblayer l’excès de résidus miniers grossiers dans la fosse ». Ugo Lapointe de la Coalition Québec meilleure mine et coordonnateur à MiningWatch Canada précise : « Cette méthode est déjà en application dans d’autres mines. Elle permettrait de réduire l’empreinte du projet et d’éviter de détruire des lacs et des cours d’eau ».

Le promoteur propose actuellement de détruire huit lacs et de nombreux milieux humides pour stocker des millions de tonnes de résidus miniers, dont un lac de 88 hectares. Le BAPE constate « qu’aucun autre projet » au Québec n’a causé la perte d’un lac « de cette ampleur ».

Bien que « rien n’interdit formellement l’utilisation des lacs, des cours d’eau ou des milieux humides pour le stockage de résidus miniers, tant dans les lois du Québec que du Canada », le BAPE conclut que « les deux paliers de gouvernement n’encouragent pas cette pratique » et qu’ils ne peuvent l’autoriser que « lorsqu’aucune autre solution n’est envisageable ». André Bélanger de Fondation Rivières explique : « Ce n’est clairement pas le cas ici et Québec doit non seulement exiger des solutions de rechange, mais également renforcer ses propres règlements pour interdire cette pratique au Québec ».

Alice-Anne Simard de Nature Québec conclut : « Québec ne doit pas être à la remorque du fédéral. Nous sommes totalement d’accord avec la recommandation du BAPE pour que Québec se dote de son propre guide d’évaluation des solutions de rechange pour l’entreposage des résidus miniers. Québec doit également transformer sa simple directive environnementale en un règlement qui a force de loi. Il faut clairement interdire l’utilisation de lacs, de rivières et d’autres milieux hydriques pour le stockage de résidus miniers au Québec ».

Signataires:

Eau Secours

Équiterre

Fondation Rivières

Mères au front

MiningWatch Canada

Nature Québec

Québec meilleure mine

Regroupement vigilance mines de l’Abitibi-Témiscamingue

Daniel Leblanc

Un ancien directeur du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques maintenant à la Fondation Rivières!

La Fondation Rivières est honorée et fière d’annoncer la nomination de monsieur Daniel Leblanc, ingénieur civil avec orientation en protection de l’environnement et ancien directeur de la Direction de l’analyse et de l’expertise du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) de la Montérégie à titre de membre du Conseil d’administration de son organisation.

Durant les 33 dernières années, M. Leblanc a œuvré au MELCC. Il y fut notamment gestionnaire dans les cinq directions régionales du Grand Montréal pour terminer sa carrière à la tête de l’analyse et de l’expertise de la direction régionale de la Montérégie, secteurs agricole, hydrique, municipal et naturel.

Après sa spécialisation en protection de l’environnement au Québec, il a notamment travaillé dans le domaine de l’analyse des études d’impact sur l’environnement au ministère de l’Environnement de France et à l’École Nationale des Ponts et Chaussées, où il avait entrepris un doctorat en environnement.  Il termine actuellement son 4ème mandat comme membre canadien d’un Conseil d’étude international créé par la Commission mixte internationale, organisme qui traite des problématiques de gestion de l’eau dans des bassins versants qui chevauchent la frontière du Canada et des États-Unis.

Récemment retraité, M. Leblanc a décidé de poursuivre son implication pour la protection de l’environnement au sein de la Fondation Rivières.  »C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je poursuis mon implication pour une meilleure gestion de l’eau. La mission de Fondation Rivières de protéger et conserver cette richesse que sont les milles et un cours d’eau du Québec est pour moi inspirante et excessivement importante, notamment pour les générations futures. C’est pourquoi j’ai décidé de m’y investir bénévolement pour y contribuer à la mesure de mes moyens. » – Daniel Leblanc.

Pour Alain Saladzius, président de la Fondation Rivières, l’arrivée de Daniel Leblanc au sein du Conseil d’administration signifie plus qu’une simple nomination.  « Sa crédibilité et son expertise en matière de gestion de l’eau contribueront évidemment à l’atteinte de la mission de notre organisation, mais cela lance également un message clair que nos actions en tant qu’organisme environnemental sont pertinentes et méritent qu’on s’y intéresse. »

Monsieur Daniel Leblanc a été élu sur le conseil d’administration qui s’est tenu le 8 février 2021 par un vote unanime.

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Pollution par les eaux usées et mine du lac Bloom : Roy Dupuis exige une gestion durable des cours d’eau

Le cofondateur et porte-parole de la Fondation Rivières, Roy Dupuis, invite la population à se joindre à lui afin d’exiger des gouvernements une gestion durable des cours d’eau. Dans une vidéo publiée sur le site fondationrivieres.org, le comédien associé à la protection des rivières rappelle les importants enjeux liés à la gestion de l’eau au Québec : les eaux usées municipales et agricoles, les projets de barrages hydroélectriques, l’absence d’accès publics et de lieux de baignades sécuritaires, le remblaiement des milieux humides et la construction en zones inondables, pour ne nommer que ceux-là.

 

«Plus que jamais il est temps pour la Fondation Rivières de sonner l’alarme, mais surtout, il est essentiel d’unir nos forces pour envoyer un message clair aux dirigeants afin d’exiger la mise en place d’une gestion durable des cours d’eau. Pour en assurer la qualité, pour notre santé et celle de la biodiversité, mais aussi pour en rendre possible l’accès à tous. » affirme Roy Dupuis dans sa vidéo.

 

 

Cette sortie s’inscrit dans la dénonciation du projet d’augmentation de la capacité d’entreposage des résidus miniers du lac Bloom qui prévoit le remblaiement de 8 lacs, la destruction de milieux humides et des rejets industriels partiellement traités dans les cours d’eau près de Fermont. Mais également aux informations diffusées récemment par la Fondation Rivières quant à l’envergure de la pollution par les eaux usées municipales qui mettent en évidence l’insouciance du gouvernement. En effet, l’organisme a mis en lumière une situation peu reluisante quant à la capacité des systèmes d’assainissement de traiter leurs eaux usées. De fait, ce sont plus de 60 000 déversements qui ont été comptabilisés seulement pour l’année 2019. À ce bilan s’ajoutent les municipalités québécoises n’étant toujours pas munies d’usines de traitement et qui rejettent directement leurs égouts dans les cours d’eau.

 

 

 «La couverture médiatique dans ces dossiers est sans équivoque : les Québécoises et les Québécois chérissent les rivières du Québec. Les réactions suite au dévoilement de la carte interactive des déversements d’eaux usées le 28 septembre dernier fusent encore de partout. C’est une inquiétude que la population partage avec nous : cette mauvaise gestion est inacceptable et les gouvernements doivent agir et sortir de cet éternel laxisme. Les cours d’eau et les milieux humides sont sources de vie. On doit cesser de les mettre à mal » d’ajouter le célèbre comédien.

 

 

Pour la Fondation Rivières, cette immense richesse collective doit être traitée avec respect, au bénéfice de la biodiversité, incluant les humains. C’est pourquoi des actions politiques doivent être mises en œuvre rapidement afin d’assurer une gestion qui soit respectueuse de l’environnement et durable pour les générations à venir, telle que réclamée dans une lettre ouverte publiée le 16 juin 2020 par 45 organisations sensibles aux enjeux de qualité et d’accessibilité publique à l’eau.

Pour soutenir la Fondation Rivières, cliquez ici.

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Avis juridique sur la mine du Lac Bloom : Québec a le pouvoir d’empêcher la destruction des lacs

Alors que s’ouvrent aujourd’hui les audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) portant sur le projet d’agrandissement de la mine Lac Bloom, les organismes Eau Secours, Fondation Rivières et Québec meilleure mine dévoilent une nouvelle étude et un avis juridique qui démontrent clairement que Québec a le pouvoir légal de refuser que soient transformés en poubelles à résidus miniers les 8 lacs ciblés par Champion Iron.

Contrairement à ce que prétend l’initiateur du projet, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) ainsi que le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) disposent de tous les pouvoirs légaux, en vertu de la Loi sur qualité de l’environnement et de la Loi sur les mines, pour interdire la destruction de milieux naturels et exiger des solutions de rechange.

En effet, la Loi sur les mines du Québec dans son préambule rappelle « qu’il est nécessaire d’assurer un développement minéral respectueux de l’environnement » tandis que l’article 17 précise que le développement minier doit se faire  « dans une perspective de développement durable  ». À ce titre « le principe de l’utilisation optimale des ressources minérales n’a pas préséance sur la protection de l’environnement », comme semble le prétendre le promoteur minier.

Ces assises juridiques permettent à Me Marc Bishai de la firme Bélanger Avocats Inc., de soutenir, dans un avis officiel, que la volonté de détruire des lacs et autres milieux humides et hydriques annoncée par la compagnie minière constitue « un motif raisonnable » pour le gouvernement du Québec de refuser le projet, d’obliger sa modification ou « d’imposer des mesures importantes » visant à protéger l’environnement.

Une étude réalisée par le Dr. Steve H. Emerman de Malach Consulting conclut par ailleurs qu’il serait techniquement et économiquement possible pour le promoteur de retourner une partie des résidus miniers dans les fosses excavées pour éviter la destruction permanente et irréversible des lacs et des écosystèmes aquatiques, tout en réduisant les risques de déversements miniers occasionnés par des bris de digues. Toujours selon l’auteur, la double affirmation du promoteur selon laquelle il y aurait des ressources additionnelles possiblement exploitables et que l’on doit laisser 100% de la fosse ouverte à cet effet est contredite par les études actuelles et contrevient aux normes réglementaires des autorités mobilières.

En conséquence, Québec meilleure mine, Eau Secours et Fondation Rivières demandent au gouvernement du Québec d’exiger que Champion Iron dépose des nouvelles études techniques, financières et environnementales qui rencontrent les normes réglementaires des autorités mobilières, en incluant des analyses coûts-bénéfices de divers scénarios de remblaiement partiel des fosses pour éviter la destruction des lacs. Les organismes souhaitent également que Québec clarifie ses pouvoirs en interdisant, dans un règlement, la destruction de lacs et de rivières pour l’entreposage de résidus miniers au Québec . Ils présenteront leurs mémoires devant le BAPE cette semaine.

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Pour informations :

André Bélanger, Fondation Rivières, c. 514 295-1194

Ugo Lapointe, Québec meilleure mine et MiningWatch Canada, c. 514 708-0134

Rébecca Pétrin, Eau Secours, c. 514 246-9075