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Une dizaine d’organisations se regroupent pour trouver des solutions aux problèmes d’accès aux berges et à la nature

photo de famille - Alliance

Montréal, le 16 juin 2026 – Une dizaine d’organisations de la société civile s’associent dans le but de faciliter l’accès aux lacs, aux rivières et aux milieux naturels du Québec. L’Alliance pour l’accès à la nature est composée de groupes préoccupés et engagés en environnement, en plein air, en santé publique, en justice sociale ainsi que de groupes issus des Premières Nations. « Nos organisations s’engagent aujourd’hui à tout mettre en œuvre pour favoriser l’accès au territoire québécois pour tous et toutes », ajoute André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.

Les partenaires de l’Alliance estiment que l’accès à la nature constitue un droit essentiel qui doit être protégé, démocratisé et transmis. Chaque Québécois-e, peu importe son âge, son revenu ou son lieu de résidence, devrait pouvoir marcher en forêt, accéder aux berges d’un lac, contempler le territoire, s’y nourrir, pratiquer une diversité d’activités de plein air, faire l’expérience du silence, des saisons et du vivant. 

Accès à la nature

Le problème de l’accès à la nature a été illustré de façon éloquente avec l’étude des chercheurs universitaires Sébastien Rioux et Rodolphe Gonzalès qui ont analysé 48 000 km de rives dans le sud du Québec. Leur étude révèle que :

  • près de 40 % des lacs publics sont enclavés à 100% par la propriété privée;
  • 98% des berges des lacs et rivières au Québec sont inaccessibles; cette proportion tombe à plus de 99% dans 75% des municipalités du Québec.

 

« L’accès au territoire est un enjeu majeur pour la Nation W8banaki. La privatisation des terres limite l’accès à des lieux essentiels pour la pratique de nos activités traditionnelles sur le Ndakina, notre territoire ancestral.  Ça compromet la transmission de nos savoirs et affecte la souveraineté alimentaire de nos membres », souligne Denys Bernard, directeur général de W8banaki. 

« La pratique d’activités de plein air répond à un besoin fondamental : elle favorise la santé, le bien-être et le lien avec nos milieux naturels et nos territoires. Encore faut-il pouvoir y accéder. L’accès à la nature demeure trop souvent fragile, complexe et inéquitable alors qu’il s’agit d’un levier important pour la santé, notamment pour mieux faire face à la chaleur », affirme Natacha Papieau, chargée de dossiers à l’Association de la santé publique du Québec (ASPQ).

Responsabilité civile

L’Alliance profitera de la saison électorale pour rencontrer les différents partis politiques afin de leur demander de modifier le régime de responsabilité civile. Le but est de protéger les propriétaires qui permettent le passage sur leur terrain pour accéder aux lacs, rivières et milieux naturels. 

Plusieurs régions du monde ont déjà un régime de responsabilité civile atténué favorisant l’accès à la nature. « Nous pensons qu’en modifiant cet aspect dans le code civil, plusieurs propriétaires auraient la confiance nécessaire pour offrir des accès sur leurs terrains, facilitant ainsi l’accès aux rives de lac ou encore à la forêt », précise Catherine Hamé, préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut.

Le régime actuel (les articles 1457 et 1465 du Code civil du Québec) précise qu’un propriétaire de terrain peut être poursuivi si quiconque se blesse sur sa propriété. Aujourd’hui, la seule façon pour un propriétaire d’éviter tout risque de poursuite est l’interdiction stricte. Il faut lever ce frein majeur rapidement.

M. Galipeau, qui possède un terrain aux abords de la rivière Gatineau, participe depuis plusieurs années à la vitalité économique de sa région en donnant accès à une section mythique de la rivière. « Pour eux, la rivière est aussi un levier de développement économique. Les utilisateurs de ce parcours viennent dans la région et consomment des produits locaux », affirme Emmanuel Laferrière, directeur général de Canot Kayak Québec. 

États généraux

Pour renverser la vapeur, l’Alliance entend demander au prochain gouvernement du Québec de mettre en place des États généraux sur l’accès à la nature. Des juridictions comme l’Écosse, les États-Unis et la Norvège sont arrivés à garantir l’accès public à la plupart des terres non cultivées tout en respectant la propriété privée et en assurant la protection de l’environnement. Ces pays ont développé des modèles qui limitent l’atteinte au droit de propriété en ciblant précisément les zones où une servitude légale peut être justifiée, réduisant ainsi les risques constitutionnels et les contestations judiciaires.

Des États généraux devront déboucher sur une réelle politique nationale d’accès à la nature basée sur des principes fondamentaux qui s’intégreront dans l’ensemble des lois, des politiques et des interventions de l’État et des instances municipales et qui seront accompagnés de cibles et d’indicateurs nationaux.

« À l’approche des élections, nous interpellons le gouvernement du Québec pour qu’il pose des gestes concrets pour assurer la pérennité des accès et soutenir ceux et celles qui les rendent possibles. L’accès à la nature ne doit pas être un privilège, mais un droit collectif », déclare la directrice générale adjointe du Réseau plein air Québec (RPAQ), Caroline Tanguay.

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Pour toutes informations concernant l’Alliance pour l’accès à la nature, ses appuis et sa vision, consultez le site web ici: www.alliancenature.ca 

Sources :

David Beauchamp

Fondation Rivières

Responsable des communications

communications@fondationrivieres.org

514-272-2666 x301

 

Alexandra Gilbert

Réseau plein air Québec

Directrice générale

450-822-7162 / 514-252-3185

alexandra.g@reseaupleinair.quebec

 

Emmanuel Laferrière

Canot Kayak Québec

Directeur général

emmanuel.laferriere@canot-kayak.qc.ca 

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