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Côte-Nord général

L'énergie sur la Côte-Nord

La Côte-Nord est la deuxième plus grande région administrative du Québec et son territoire représente 21 % de la superficie du Québec, mais elle ne compte que 90 000 habitants, soit 1% de la population québécoise. La moitié des résidents se concentre à Sept-Îles et Baie-Comeau et le territoire est parsemé de villages, dont la grande majorité compte moins de 2 000 habitants.

La Côte-Nord, bien pourvue en eau et en rivières, est l’un des principaux centres de production hydroélectrique depuis les années 1960. Les grands barrages de la région, dont l’emblématique Manic-5, produisent le tiers de l’électricité de la province.

De grandes disparités économiques et sociales

Toutes les MRC de la Côte-Nord présentent un indice de vitalité économique sous la moyenne québécoise, légèrement dans le cas des régions de Sept-Îles et de Baie-Comeau, plus sérieusement quand on s’éloigne de ces capitales régionales. La seule exception est la MRC de Caniapiscau, dont le territoire correspond à celui des mines de fer proches du Labrador. Les villages isolés tendent à se dépeupler et à avoir une moyenne d’âge élevée.

La Côte-Nord est une région ressource –  hydroélectricité, mines, alumineries, foresterie. Le secteur primaire (les activités extractives) représentent 11% de l’économie locale, contre 2% en moyenne pour l’ensemble du Québec. En conséquence, la région comporte un grand nombre de cols bleus, dont la présence colore fortement la culture nord-côtière. Le taux de diplomation secondaire est plus faible que la moyenne québécoise. Le taux de diplomation universitaire n’atteint que la moitié du niveau moyen québécois, en dépit d’un rattrapage rapide depuis 25 ans.

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L’économie de la Côte-Nord est dominée par de grandes entreprises, souvent étrangères ou extérieures à la région. Elles structurent l’activité économique autour d’installations industrielles intensives en capital, mais relativement peu génératrices d’emplois. De plus, les emplois sont souvent occupés en mode navettage, où les travailleurs font régulièrement l’aller-retour entre leur lieu de travail et leur résidence permanente. C‘est notamment le cas de 42% des emplois du secteur minier.

Leur présence crée des cycles d’expansion et de contraction économique qui répondent en grande partie aux rythmes de l’économie mondiale. Pendant un moment, une activité économique débridée favorise l’inflation, tandis que plus tard, la perte de marchés internationaux entraîne des vagues de chômage et de faillites. Ceci fragilise la Côte-Nord, dont la vitalité économique serait mieux servie par un développement axé sur la satisfaction des besoins locaux.

Les centres décisionnels sont majoritairement situés hors de la Côte-Nord, ce qui limite les retombées régionales. Par exemple, le groupe ArcelorMittal, le plus grand employeur privé de la Côte-Nord avec ses 2 900 employés, est une multinationale dont le siège est situé au Luxembourg. L’aluminerie Alouette est propriété d’un consortium international où la part du Québec n’est que 6,67%. Environ 40% de ses retombées économiques restent à Sept-Îles, le reste prenant la route de Montréal ou de pays étrangers.

Côte-Nord général
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Exportation et consommation locale

Il existe une perception selon laquelle la Côte-Nord exporte toute son électricité et n’en profite pas localement. Sans être entièrement fausse, cette idée doit être nuancée. La consommation résidentielle, commerciale et institutionnelle de la Côte-Nord est en effet modeste et correspond à sa faible part de la population québécoise.

Avec 1% de la population du Québec, la Côte-Nord représente toutefois 7,6% de sa consommation d’électricité. La raison de ce déséquilibre est sa consommation industrielle, qui est  extrêmement élevée. En 2022, elle atteignait 14,7 térawatts-heure, sur une production de l’ordre de 72 TWh sur la Côte-Nord et de 216 TWh pour l’ensemble du Québec. 

La consommation industrielle de la Côte-Nord dépasse celle de Montréal (3,8 TWh) et d’une grande région industrielle comme la Montérégie (8,7 TWh). Elle est toutefois concentrée dans un petit nombre de très grands établissements, comme les alumineries.

Fait à noter, la municipalité de Baie‑Comeau gère son propre réseau de distribution électrique sous le nom d’Électricité Baie-Comeau. Il s’agit de l’un des neuf réseaux municipaux qui subsistent depuis la nationalisation de l’électricité de 1963. Il gère près de 5 000 clients et plus de 110 km de lignes de distribution. Il ne produit pas son électricité, mais s’approvisionne auprès du réseau intégré d’Hydro-Québec.

Quatre complexes hydroélectriques majeurs

La Côte-Nord abrite certains des plus vastes complexes hydroélectriques du Québec. Ces installations exploitent la puissance des grandes rivières comme la Manicouagan, aux Outardes et la Sainte-Marguerite. Ils fournissent au total 13 024 mégawatts de puissance sur un un total d’environ 37 200 mégawatts hydroélectriques québécois. 

Le complexe Manicouagan est le plus connu, en particulier grâce à Manic-5 (barrage Daniel-Johnson), dont les arches spectaculaires sont devenues un symbole. Ce complexe comprend plusieurs centrales majeures : Manic-1, Manic-2, Manic-3 et Manic-5, entrées en service de 1965 à 1975, pour une puissance combinée dépassant 7 000 MW. Manic-5 et sa centrale voisine, Manic-5-PA,  ont à elles seules un puissance de près de 2 600 MW.

Le complexe Outardes, voisin du complexe Manicouagan, exploite la rivière du même nom. Ses centrales, Outardes-2, Outardes-3 et Outardes-4, ont été mises en service de 1969 à 1978. Elles produisent ensemble près de 2 600 MW. Ces aménagements forment une chaîne de réservoirs et de barrages permettant une régulation fine du débit et une production stable tout au long de l’année.

Plus au nord-est se trouve le complexe Sainte-Marguerite, comprenant SM-2, SM-3 et SM-3-CV. Ces installations ont été mises en service entre 1993 et 2007. La centrale SM-3, constitue l’une des réalisations modernes de Hydro-Québec, avec environ 882 MW à elle seule. Son réservoir et sa conception optimisée témoignent de l’évolution des pratiques environnementales.

Barrage Sainte-Marguerite 3

Le complexe de La Romaine est le plus récent de ces projets. Construit entre 2009 et 2022 sur la rivière Romaine, il comprend quatre centrales  totalisant 1 550 MW:  Romaine-1, 2, 3 et 4. Il comporte une série de barrages et de réservoirs échelonnés. Sa construction a profondément transformé le territoire et a suscité des débats environnementaux, notamment à propos des habitats fauniques et des retombées locales pour les communautés innues.

Autres sources d'énergie

L’autre source d’énergie de la Côte-Nord est essentiellement le pétrole. Entre 2013 et 2022, les ventes d’essence sont passées de 117 à 105 millions de litres par année – un recul de 10%. Celles de diesel ont progressé de 7% sur la même période, passant de 14 à 15 millions de litres, Le Nord-Côtier moyen utilise 1161 litres de carburant par année, alors que la moyenne québécoise est de 877 litres, mais cette disparité s’explique en grande partie par l’immensité du territoire et des distances.

Des projets éoliens sont en développement dans la région, dont le projet Apuiat de 200 MW à Port Cartier, qui doit entrer en service à la fin de 2025. La Côte-Nord n’est pas reliée au réseau de gaz naturel et n’en utilise donc pas. Elle utilise sans doute de la biomasse pour la cogénération et de petites quantités de carburants comme le propane, mais il n’existe peu de statistiques utilisables sur ces usages.

Photo de Philippe Gauthier

Philippe Gauthier

Philippe occupe le poste d'expert à la documentation et au contenu pour le projet microréseaux intelligents

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