Nous avons envoyé au gouvernement du Québec le 15 avril dernier une demande d’audience publique avec médiation préalable en ce qui a trait à la réfection du mur de soutènement du barrage Simon-Sicard sur la rivière des Prairies, à Montréal. Ce projet faisait l’objet d’audiences publiques du BAPE jusqu’au 17 avril.
Nous sommes d’avis que ce projet peut permettre plus d’accès aux berges si toutes les parties prenantes se parlent et s’entendent sur les meilleure manières d’aménager les berges convenablement. Nous avons publié ci-bas le contenu original de la demande envoyée au ministère de l’Environnement.
Montréal, le 15 avril 2026
Cabinet du ministre
Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Marie-Guyart Building
675, boul. René-Lévesque Est, 30e floor
Québec (Québec) G1R 5V7
ministre@environnement.gouv.qc.ca
To whom it May concern,
Le projet de mur de soutènement du barrage Simon-Sicard est un projet structurant majeur pour les riverains et riverains situés près de la rivière des Prairies. S’il est réalisé convenablement, il permettra à la Ville de Montréal d’aménager 1,3 km de berges publiques pour les citoyens qui pourraient prendre la forme d’une promenade le long de la rive, de quais, de zones de baignade ou simplement d’endroits où se tremper les pieds dans l’eau de la rivière.
Le projet actuel ne répond pas aux attentes de la population et ce, à cause de problèmes de communications entre Hydro-Québec et la Ville de Montréal. Nous estimons qu’il est encore temps pour Hydro-Québec d’apporter des modifications au projet actuellement proposé. Hydro-Québec nous a indiqué être disposé à améliorer le projet si elle peut s’entendre avec la Ville et l’arrondissement de Montréal sur deux enjeux clés:
- que la Ville corrige l’émissaire d’eaux usées Curotte afin que les eaux usées se dispersent plus loin de la berge;
- que la Ville dégage Hydro-Québec de ses responsabilités si elle aménage des accès publics aux berges dans le cadre de la réfection du mur de soutènement.
La Fondation Rivières est favorable à une audience publique concernant le projet de réfection du mur de soutènement du barrage Simon-Sicard afin qu’une meilleure acceptabilité sociale soit au rendez-vous. Par contre, nous estimons qu’il y aurait un grand mérite à tenir une période de médiation préalable comme le permet le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) afin de laisser le temps et le loisir à la Ville de Montréal et à Hydro-Québec de mener sereinement les négociations nécessaires pour obtenir un meilleur projet. Les deux parties sont de bonne volonté, elles ont exprimé leur ouverture à ajuster le projet et elles ont déjà amorcé des discussions et c’est pour cette raison que nous souhaitons une médiation.
Nous comprenons qu’Hydro-Québec doit faire vite dans la réalisation des travaux pour des raisons de sécurité, mais nous soutenons qu’il n’est pas trop tard pour améliorer le projet.
Des variantes du projet écartées par manque de communication
En 2022, Hydro-Québec avait proposé des aménagements en paliers qui auraient eu l’avantage de faciliter l’accès aux berges à la population et d’aménager des promenades et des zones de baignade. Cette variante a été écartée pour plusieurs raisons dont le fait que les déversements d’eaux usées de l’émissaire Curotte contaminent le secteur durant de longues périodes et que la Ville n’a pas signifié son intention à Hydro-Québec de corriger le problème.
La Ville nous a confirmé son intention d’évaluer le prolongement du tuyau de l’émissaire plus loin dans la rivière des Prairies. Ce faisant, il n’y aurait pas d’accumulation d’eaux usées autour des berges et cela permettrait à la population de descendre dans l’eau sans risque liée à la qualité de l’eau. Nous sommes d’avis qu’Hydro-Québec peut effectuer des modifications au plan proposé et ramener le plan initial constitué de paliers et de quais autour de l’émissaire Curotte pour avoir accès à l’eau.
La version retenue par Hydro-Québec par enrochement risque de réduire les possibilités pour la Ville de faire des aménagements et qu’elle s’accompagne de l’installation de clôtures pour des raisons de sécurité.
Une promenade qui pourrait être aménagée plus facilement
Les comités de citoyens sont très attachés à l’idée d’une promenade et nous croyons que la variante par paliers écartée en 2022 aurait permis d’en faciliter la réalisation. Par ailleurs, le coût des travaux de la promenade pourrait être réduit si Hydro-Québec se limitait à configurer les remblais convenablement de façon à permettre ensuite à la Ville de Montréal d’aménager et verdir le corridor riverain reliant le parc-nature de l’Île-de-La Visitation au parc Louis-Hébert. La Ville n’aurait alors pas à exproprier ou obtenir des servitudes de passage sur quelques terrains limitrophes. Une telle entente est possible : lors de l’aménagement du parc à Fort-Lorette, qui est une propriété de la Ville, Hydro-Québec a pu aménager une placette en novembre 2023 en partie sur son terrain en abaissant son enrochement, ce qui a permis un passage continu sur les berges de dizaines de mètres.
Notre rôle d’interlocuteur
Nous croyons que notre organisation est un interlocuteur crédible pour solliciter cette médiation. Nous sommes impliqués dans le dossier depuis 2022 et nous entretenons des relations cordiales avec Hydro-Québec, la Ville de Montréal et les groupes citoyens d’Ahuntsic-Cartierville directement concernés par le projet de réfection du mur de soutènement. À ce chapitre, nous avons eu une rencontre positive avec la nouvelle mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Maude Théroux-Séguin, et le groupe citoyen La promenade du Sault le 19 mars dernier, lors de laquelle il a été possible d’établir une réelle volonté de collaboration. Nous entretenons aussi de bonnes relations avec Hydro-Québec, notamment dans le dossier du barrage Simon-Sicard avec qui nous avons eu et avons toujours des échanges.
Nous savons que des négociations entre la Ville de Montréal et Hydro-Québec sont actuellement en cours au sujet du retrait de la clôture séparant les berges, du droit de passage sur certains terrains privés en bordure du littoral appartenant à Hydro-Québec ainsi que l’extension de l’émissaire Curotte plus loin dans la rivière des Prairies, tout cela dans le but de permettre un meilleur aménagement des berges pour la population.
Considérant que les relations sont positives et que la communication est au rendez-vous entre toutes les parties prenantes, nous demandons une médiation afin d’accélérer la mise en œuvre des modifications proposées dans le cadre de ce projet.



