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La goutte de trop – un documentaire sur l’eau potable à voir

À Fondation Rivières, nous encourageons régulièrement des projets qui oeuvrent dans le même sens que notre mission, soit la protection des rivières et de ce fait, de l’eau potable. C’est pour cela que nous recommandons le documentaire fort pertinent La goutte de trop, qui nous plonge directement dans le fleuve Saint-Laurent, sous la gouverne de Nathalie Lasselin. Au moyen de l’aventure qu’elle filme, soit l’extraordinaire tour de l’Île de Montréal en plongée sous-marine, elle nous montre les nombreux problèmes de notre eau, souvent cachés, auxquels nous devons faire face.

Ces problèmes sont récurrents à travers tout le Québec: au fil du documentaire, on nous amène aussi aux usines de traitement des eaux de Montréal, au Saguenay où l’on rencontre un maire aux prises avec des problèmes majeurs, à une plage ou les citoyens se baignent dans les eaux d’égouts, ainsi qu’auprès de citoyens qui trouvent des solutions pour règler l’enjeu de notre surconsommation.

Rarement a-t-on vu des images et témoignages aussi précieux. Les problèmes à corriger sont connus, les solutions devront être mises en place, et c’est vers cela que nous dirigeons nos efforts à la Fondation.

«Au Québec, l’eau potable est inépuisable.» Ce mythe perdure, et il est impératif que le gouvernement prenne ses responsabilités dans la gestion de celle-ci. Les citoyens ne peuvent pas oeuvrer seuls: il nous faut un effort collectif et soutenu pour empêcher la perte de notre plus précieuse ressource naturelle.

Visionnez la bande-annonce :

À voir sur le site de Télé-Québec : La goutte de trop

Pour en savoir plus sur l’expédition de Laura et Yasmine sur la rivière Moisie

Dépistage de pollution en terre agricole, près d'élevages de porc

Dépistage de pollution au Témiscamingue : Fondation Rivières met en lumière des sources de contamination inattendues

Communiqué de presse – Fondation Rivières a rendu public le rapport sur un dépistage de pollution effectué au Témiscamingue en collaboration avec l’Organisme de Bassin Versant du Témiscamingue (OBVT).

Cette étude a été réalisée en réponse aux inquiétudes quant à la présence de maternités porcines de la compagnie Olymel aux abords des cours d’eau, couplée à une baisse significative de la qualité de l’eau enregistrée au cours des dernières années. Une technologie novatrice de détection rapide de la pollution a été employée et jumelée à des analyses en laboratoire, afin de déterminer l’emplacement des pics de contamination, mais aussi la nature de celle-ci (humaine, bovine, ou porcine).

Lieu du dépistage de pollution

Élevage du porc au Témiscamingue : pas de contamination des rivières

Olymel opère quatre maternités porcines au Témiscamingue et, curieusement, la qualité de l’eau de la Rivière à la Loutre et de la Petite rivière Blanche se détériore. Se pourrait-il que les pratiques d’épandage de lisier de porc en soient la cause?

C’est la question que l’Organisme de Bassin Versant du Témiscamingue (OBVT) se pose depuis des années. Et savez-vous quoi? À la Fondation Rivières, on a réussi à répondre à la question en réalisant une campagne de dépistage des sources de contamination bactériologique d’origine fécale (type E.coli).

Conclusion: c’est l’élevage de bovins, une station d’épuration inexistante et des fosses septiques non conformes qui sont en cause ici, pas l’élevage du porc. Vous trouverez un lien vers le rapport complet dans le bas de l’article.

Détecter rapidement la pollution

Pendant une semaine en novembre 2020, l’équipe de la Fondation a prélevé 68 échantillons d’eau en remontant les rivières à la Loutre et Petite rivière Blanche pour ensuite les soumettre à une analyse bactérienne avec un appareil d’analyse rapide de la qualité de l’eau qui donne des résultats en 15 minutes. Au fur et à mesure qu’elle détectait des pics de contamination, l’équipe de Fondation Rivières remontait les cours d’eau et elle a pu identifier exactement les sources de pollution des deux rivières. L’équipe de la Fondation a du faire preuve de débrouillardise afin d’installer le laboratoire sur le terrain!

Dépistage de pollution en terre agricole, près d'élevages de porc
Prélèvement d’échantillon: la Petite rivière Blanche traverse des zones agricoles où une contamination d’origine porcine ou bovine est soupçonnée

La doctorante Rose Ragot de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS) nous a accompagnés sur le terrain et elle a fait des analyses de l’ADN mitochondrial des échantillons afin d’établir l’origine des E. Coli. Elle a aussi réalisé les analyses traditionnelles par dénombrement, histoire de nous permettre de déterminer la quantité précise de E. Coli dans l’eau. Rose nous accompagnait parce qu’elle avait besoin, pour son doctorat, de tester un marqueur spécifique à la pollution par le porc. Triste pour elle, mais elle n’en a pas trouvé…

Laboratoire de dépistage
La nécessité est la mère de l’invention, dit le proverbe

Une source principale inattendue

Cette étude a permis de détecter des pics de contamination fécale dans plusieurs emplacements, ainsi que leur origine. Et contrairement à l’hypothèse initiale, cette contamination provenait d’un réseau d’égout sans système d’épuration, de fosses septiques et d’élevage de bovins!

En effet, autour de la municipalité de Fugèreville, il a été possible de suivre le gradient de contamination en prenant des échantillons de plus en plus en amont d’un tributaire de la Rivière à la Loutre, pour ensuite arriver sur le point de déversement d’eaux usées.

Dépistage de pollution en amont de la rivière à la Loutre
Amont de la rivière à la Loutre

De plus, on a détecté une contamination associée à la présence d’agriculture bovine près de six sites échantillonnés: s’agit-il de l’épandage aussi? Ou est-ce qu’on laisse les vaches boire dans les cours d’eau? La question reste entière.

Quant aux élevages porcins, pourtant situés à proximité des cours d’eau, ils n’ont été responsables que d’un seul pic de contamination sur les 68 échantillons. Si le lisier de porc ne ruisselle pas dans les rivières, ce serait peut-être lié au fait qu’Olymel injecte le lisier dans le sol au lieu de l’épandre à la surface.

Passer à l’action

Au Témiscamingue, on est déjà passé à l’action. L’OBVT a sensibilisé les intervenants locaux et a commencé à mettre en place les principales recommandations du rapport:

  • Il est urgent que la municipalité de Fougèreville se dote d’un système d’épuration des eaux usées pour empêcher des déversements à l’instar d’autres régions du Québec, mais aussi que l’on s’informe sur les emplacements des fosses septiques le long des cours d’eau.
  • En ce qui concerne les élevages bovins, il est grand temps de revoir les pratiques d’épandage et l’efficacité des bandes riveraines près des champs. Il faudrait enfin vérifier si les les animaux s’abreuvent là où il ne faudrait pas.

Somme toute, ce sont des conclusions inattendues qui en disent beaucoup sur l’importance des bonnes pratiques dans la gestion des eaux usées, mais aussi dans les techniques d’épandage agricole. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences!

Intéressé.e.s par un dépistage?

Avez-vous aussi des questionnements sur la qualité de l’eau de votre région? Contactez-nous!

Suivi de la qualité de l’eau

Dépistage de pollution

Pour en savoir plus sur l’expédition de Laura et Yasmine sur la rivière Moisie

Bouche d'égout obstruée par des lingettes

Lingettes jetables : les mensonges de Cottonelle

Il ne faut rien jeter dans les toilettes, sauf du papier de toilettes. Et surtout pas les trop populaires lingettes qui viennent boucher les égouts, causer des bris d’équipements et provoquer des déversements d’eaux usées dans nos rivières, comme le rapportait La Presse.

Or la marque Cottonelle vient de lancer au Québec des lingettes prétendument biodégradables et jetables dans les toilettes. C’est faux: les lingettes provoquent des problèmes majeurs, comme on a pu le découvrir en réalisant notre mandat de détection des sources de pollution dans la rivière du Nord pour la Ville de Saint-Jérôme.

Alors méfiez-vous des prétendus plombiers qui affirment que ces lingettes sont biodégradables et qui refilent à d’autres la facture et le défi de nettoyer les réseaux de traitement des eaux usées.

Plage Saint-Jérôme

Une plage pour la baignade dans la rivière du Nord?

La rivière du Nord sillonne le centre-ville de Saint-Jérôme sur une dizaine de kilomètres : une véritable oasis de fraîcheur en milieu urbain! Pourtant, même par grande canicule, rares sont les gens qui osent y faire saucette et il n’y a pas de plage publique actuellement. Autrefois très prisée pour la baignade, la réputation de la rivière à la hauteur de Saint-Jérôme est aujourd’hui peu enviable. On sait que le réseau d’égouts de la ville déborde par temps de pluie et contamine la rivière, ce qui rend la baignade sécuritaire impossible.

Par contre, quelques jours après la pluie et les débordements, on pourrait s’attendre à ce que la pollution s’estompe graduellement et que la baignade y soit alors envisageable, quitte à vouloir s’imaginer une plage, et ce de plus en plus avec les étés derniers. Et vous, vous baigneriez-vous dans dans la rivière du Nord? C’est pour mieux répondre à cette question que la Ville de Saint-Jérôme nous a mandaté cet été.

Sur la piste des bactéries

Nos premiers résultats récoltés au site de plage urbaine étudié par la Ville n’étaient pas très encourageants : il y avait clairement des sources de pollution plus haut dans la rivière qui rendaient la baignade impossible. Il allait falloir enquêter! Comment? En suivant la piste des bactéries d’origines fécales de type E. coli!

Pour ce faire, on prélève de l’eau à différents endroits stratégiques le long de la rivière et, quand on voit un pic de bactéries dans nos résultats, on sait qu’on se rapproche de la source. Les analyses scientifiques sont donc notre outil de prédilection dans cette enquête fécale mais je vous avoue que, plus on se rapproche de la source, plus c’est le nez qui prend le relais!

Échantillonnage à la rivière du Nord au site de plage potentielle.
La chasse aux bactéries est ouverte!

Pas de lingettes dans la toilette!

Notre enquête nous a permis de découvrir le genre de désastre que peuvent causer les lingettes nettoyantes jetées aux toilettes. On les utilise beaucoup depuis le début de la pandémie, mais quand elles se retrouvent dans nos réseaux d’égouts, plutôt que de se dégrader comme le papier de toilette, elles s’agglutinent avec les substances graisseuses et deviennent un vrai fléau. En voici un bon exemple, soit une conduite d’égout bouchée qui déborde dans un ruisseau.

Ce genre de blocage est très imprévisible et représente une menace réelle pour la baignade sur une plage et pour la santé de nos rivières. Des appareils de suivi en continu de la qualité de l’eau permettent de les détecter et d’agir rapidement, mais ils sont encore trop peu répandus.

Un drone « sous-marin » près de la plage

Bien sûr, la rivière du Nord n’est pas que brune et nauséabonde. C’est aussi des chutes majestueuses, une végétation luxuriante et une bruine matinale envoûtante. C’est pour vous montrer tout ça que mon collègue Christian et moi sommes allés filmer des images avec un drone il y a quelques semaines.

La matinée avançait bien et j’étais occupé à récolter mes derniers échantillons (en faisant attention à ne pas trop regarder la caméra, question d’avoir l’air naturel). Quand soudainement, un bruissement de feuilles, suivi d’un plouf! Le drone avait été emporté par une bourrasque de vent et s’était embourbé dans une branche d’arbre avant de plonger tout au fond de la rivière, devant nos yeux. Mon collègue vous parlera de cette aventure rocambolesque sous peu…

Philippe vu du drone
Vue du drone quelques instants avant le plongeon fatidique

Pas de plage cette année, mais il y a de l’espoir

L’été 2021 n’était finalement pas du tout propice à la baignade, mais nos résultats auront tout de même permis d’identifier plusieurs sources de pollution dans la rivière du Nord. Quand elles auront toutes été éliminées, on pourra peut-être un jour y ouvrir une plage sans crainte. D’ici là, il y a du boulot! Allez, j’y retourne!

Baignade dans la rivière du Nord vers 1950
Baignade dans la rivière du Nord vers 1950 – Crédit : Société d’histoire de la Rivière-du-Nord
Philippe sur le terrain

Philippe Maisonneuve

Chargé de projet en qualité de l’eau

Signature PM

Pour en savoir plus sur l’expédition de Laura et Yasmine sur la rivière Moisie

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Projets de plages pour la baignade : on se lance à Verdun!

Il a fait chaud cet été. Très chaud. Et il fera encore plus chaud à l’avenir. D’où le besoin de plages sûres pour la baignade, en outre à Verdun!

À la Fondation Rivières, l’accès public à nos cours d’eau est important et l’eau doit être de bonne qualité. Au Québec, la limite recommandée d’E. Coli dans les plages et la baignade est de 200 UFC/100mL. Autrement dit, si nous voulons faire trempette dans une rivière ou un lac, nous voulons être sûrs que la présence de ces bactéries est acceptable, car elles sont un bon indicateur de pathogènes plus dangereux.

Cet été, nous nous sommes associés à plusieurs municipalités et organismes pour mener à bien des projets pilotes visant à étudier la qualité récréative de leurs eaux. Mes collègues et moi avons passé un été chargé et animé à relever les inévitables défis qui accompagnent la mise en œuvre de nouvelles études. La science de terrain réserve toujours des surprises !

Le défi à la plage de Verdun : garder la plage ouverte

À Verdun, la municipalité a déjà travaillé fort pour offrir une belle plage à la population. Et chaque jour, la Ville de Montréal envoie des échantillons d’eau à analyser afin d’assurer votre sécurité. En outre, la plage est fermée à titre préventif jusqu’à 72 heures après une forte pluie, afin d’éviter que les baigneurs n’entrent en contact avec de l’eau potentiellement contaminée suite à un débordement d’eaux usées. Le principal enjeu du protocole actuel est que ces analyses nécessitent un minimum de 24 heures pour être effectuées, ce qui signifie que les conditions de qualité de l’eau sont toujours confirmées des jours plus tard. Évidemment, ce n’est pas optimal.

Cet été, nous avons donc travaillé avec la Ville de Montréal pour améliorer leur surveillance de la qualité de l’eau, qui se heurte actuellement aux limites des échantillons analysés en laboratoire. Des études antérieures réalisées par Polytechnique Montréal ont montré le potentiel d’une analyse en temps quasi réel de la qualité biologique de l’eau pour la baignade à la plage de Verdun en 2018. Grâce à Polytechnique, nous avons eu accès à l’équipement nécessaire pour effectuer ce type d’analyse, une machine appelée ColiMinder qui analyse l’activité enzymatique de l’eau et nous donne une idée de la quantité d’E. Coli présente dans l’échantillon.

En cours de projet, des baigneurs curieux m’ont approché pour me demander ce que nous étions en train de faire. J’aimerais donc prendre un moment pour vous décrire le parcours de ce projet, et notamment, de nos défis !

Chargée de projet et plombière au besoin

Comme c’est souvent le cas avec le travail sur le terrain, nous avons presque immédiatement rencontré un obstacle, car l’ordinateur de la machine a dû être remplacé de manière inattendue. Pendant que nous attendions impatiemment l’arrivée de notre nouvel ordinateur, nous étions sur place pour préparer les autres grandes installations que ce projet nécessitait. Afin de pouvoir mesurer en continu la qualité de l’eau, nous avions besoin d’une alimentation continuelle en eau de la plage à analyser, ce qui signifie que nous avions besoin d’une pompe ! Pour une raison étrange, la pompe initialement choisie pour ce projet s’est envolée des étagères cet été, ce qui nous a causé des retards supplémentaires.

Nous nous sommes coordonnés avec un spécialiste pour l’installation, qui a accepté que je l’accompagne afin que nous puissions retirer et installer la pompe de manière indépendante pour la saison prochaine.

Laissez-moi vous dire que je ne m’attendais pas à me baigner et à trimballer une pompe submersible et des tuyaux dans 3 mètres d’eau!

Mais je me suis lancé à fond, et Roger a pris les circonstances particulières à bras le corps et a réussi à installer notre pompe et à la connecter au conteneur ( à 100 m de la pompe, où notre ColiMinder est rangé en toute sécurité) ! Pour tous les amateurs de baignade qui nous ont vus ce jour-là, nous valions le déplacement.

Installation du ColiMinder
Toute une installation dans le conteneur!

Naturellement, notre dépannage ne pouvait pas s’arrêter là. Vous vous souvenez que j’ai mentionné que la pompe devait fournir de l’eau à notre machine située à 100 m? Le modèle de réserve que nous avions choisi faisait un excellent travail, mais avec un débit impressionnant de 0,3 m3 par minute – ce qui, franchement, est un débit beaucoup trop important pour notre appareil qui nécessite des débits très faibles. J’étais donc de retour à la plage, cette fois-ci en coordination avec le plombier de la ville pour trouver une solution créative à notre problème. Il nous a fallu quelques essais, mais nous avons finalement réussi à modifier les tuyaux du conteneur pour dévier une section du débit de telle sorte que nous avons pu le réduire et brancher notre machine avec succès.

Pompe pour Verdun
Et enfin, la pompe de tous les tracas.

Un projet prometteur pour la baignade à Verdun!

Depuis lors, le ColiMinder prend régulièrement des mesures de l’eau de la plage, ce qui, compte tenu de tous les problèmes rencontrés cet été, est un véritable exploit. Maintenant que nous avons réglé les aspects logistiques du projet, je suis particulièrement enthousiaste quant à la possibilité d’améliorer l’accès et la sécurité à la baignade ! Dès l’année prochaine, nous serons en mesure de confirmer les variations quotidiennes mesurées par le ColiMinder. Cela signifie que nous pourrons analyser un échantillon d’eau en 15 minutes et à la demande, plutôt que de nous fier uniquement aux méthodes traditionnelles qui nous donnent nos résultats plusieurs jours après le fait. Notre objectif ultime est d’optimiser le protocole de surveillance actuel : après tout, nous voulons que vous profitiez au maximum de votre saison estivale dans l’eau !

Pour ma part, malgré un démarrage difficile de nos installations, je ne peux pas me plaindre d’avoir passé de nombreux matins d’été à prendre mon premier café de la journée devant un tel panorama !

Plage de Verdun zone baignade
Plage de Verdun
Lena Szymoniak
Lena sur le terrain

Lena Szymoniak

Chargée de projet en qualité de l’eau (et plombière, apparemment!)

Pour en savoir plus sur l’expédition de Laura et Yasmine sur la rivière Moisie

GrandSplash

Grand Splash : avis de vulnérabilité

Avis de vulnérabilité

La Fondation Rivières effectue des avis de vulnérabilité afin de déterminer et de prédire la qualité de l’eau lors des Grand Splash à travers le Québec. Il est ainsi possible de déterminer si l’ensemble des cours d’eau est propice à la baignade. 

Vous pouvez consulter ci-dessous les résultats relatifs aux différents sites ou le Grand Splash aura lieu cette année. 

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Lettre au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs : Demande de moratoire sur l’utilisation du larvicide Bti

 

Montréal, le 19 mai 2021
TRANSMISSION PAR COURRIEL

 

Monsieur Pierre Dufour, Ministre
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs
5700, 4e Avenue Ouest
Québec (Québec) G1H 6R1

 

Objet : Demande de moratoire sur l’utilisation du larvicide Bti

 

Monsieur le Ministre,

Il y maintenant plus de 35 ans que nos cours d’eau et nos milieux humides sont aspergés chaque été de Bti, un insecticide encore méconnu causant principalement la mort des larves aquatiques d’insectes piqueurs. Le Bti doit son nom à une bactérie présente naturellement dans les sols. Cette bactérie, une fois ingérée, produit des cristaux microscopiques dans l’intestin des larves et enclenche une réaction toxique menant ultimement à leur mort. Or, cette bactérie ne représente qu’en moyenne 7 % de la formulation commerciale couramment appliquée. Un cocktail de produits dont la recette est protégée par le secret industriel y est combinée pour augmenter son efficacité, comme, par exemple, des agents de protection contre les rayons ultraviolets. On peut alors difficilement qualifier cet insecticide de “biologique”. De plus, contrairement à la plupart des insecticides épandus sur les sols en culture, le Bti est appliqué directement dans nos cours d’eau: l’une de nos plus une richesse que l’on se doit de traiter avec précaution.

Le Bti a ainsi longtemps été considéré comme sans danger pour l’environnement, croyant que son mécanisme d’action était suffisamment complexe et spécifique pour ne cibler que les insectes piqueurs. Or, de récentes études indépendantes ont démontré que le Bti peut affecter directement et de façon importante la taille des populations de chironomides (Allgeier et al. 2019, Kästel et al. 2017). Comme ce groupe d’insectes constitue une source de nourriture de premier choix pour plusieurs oiseaux et amphibiens, la taille et le développement de ces organismes peuvent être affectés (Empey et al. 2021). Une telle perturbation de l’équilibre de la chaîne alimentaire est préoccupante pour l’intégrité de nos écosystèmes aquatiques. Les effets cumulatifs de tous les projets d’épandage n’apparaissent pas suivis ou documentés. Ces préoccupations sont d’ailleurs détaillées dans un document d’orientation produit par votre ministère il y a quelques temps. On y souligne de plus un manque d’études canadiennes au sujet des impacts pour la faune et pour le réseau trophique. Pourtant, plus de 40 municipalités détiennent actuellement des autorisations d’épandage délivrées sur la base d’avis fauniques produits par votre ministère. D’autre part, plusieurs regroupements citoyens ont soulevé d’importantes préoccupations quant à la pertinence de tels épandages et de leurs impacts, accompagnées de différentes études.

Au niveau commercial, l’industrie québécoise de l’épandage de Bti est un duopole constitué de seulement deux entreprises (GDG Environnement et Conseillers forestiers Roy). Ce manque de compétition est potentiellement problématique pour une saine gestion des finances municipales.

Plusieurs alternatives à l’épandage existent pour le contrôle des insectes piqueurs. Celles-ci apparaissent moins dommageables pour nos milieux naturels et nettement moins coûteuses (ex: piège, ail, nichoirs, etc.). De plus, leur portée peut être modulée en ciblant uniquement les espaces habitables, évitant ainsi l’épandage d’une substance biocide dans nos cours d’eau.

Recommandations

  • Un moratoire sur l’émission d’autorisations d’épandage le temps qu’une révision de la position ministérielle soit produite ;
  • une révision de la position du MFFP sur le Bti à la lumière des nouvelles connaissances indépendantes acquises à travers le monde au cours des deux dernières décennies et présentées en partie dans le document d’orientation du MFFP produit en 2019 ;
  • la reconnaissance de la prépondérance du principe de précaution devant le constat du déclin des populations d’oiseaux, d’amphibiens et d’insectes sur le territoire québécois en attente de la prochaine politique gouvernementale ;
  • la reconnaissance de l’efficacité et de l’aspect sécuritaire de méthodes de contrôle alternatives afin que les municipalités les plus fortement touchées par la nuisance occasionnée par les insectes piqueurs puissent y recourir.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente, nous demeurons disponibles pour tout renseignement supplémentaire.

Veuillez agréer, monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

 

Alain Saladzius, ing., FIC
Président

2019-07-30 Grand Splash8

La Société immobilière du Canada doit se rendre à l’évidence : il faut intégrer une aire de baignade dans le Vieux-Port de Montréal

Communiqué de presse – La Fondation Rivières se réjouit que la Ville de Montréal ait retenu le projet d’un bain portuaire accessible au centre-ville de Montréal dans son Plan nature et sport. Et le meilleur endroit où l’implanter est dans le bassin Jacques-Cartier dans le Vieux-Port de Montréal: l’eau y est pratiquement toujours propre et l’accès sécuritaire.

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Gestion de l’eau au Québec : Fondation Rivières et Eau Secours lancent le portail web Eauenpéril.net

Communiqué de presse – La Fondation Rivières et l’organisme Eau Secours, en collaboration avec des étudiants à la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke, lancent un nouveau portail Web sur la gestion de l’eau au Québec. La population est d’ailleurs invitée à participer à l’amélioration et à la mise à jour du portail afin que cet outil soit le plus complet et à jour possible.