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Fondation Rivières, finaliste pour le Prix ECO Impact de la Communauté

On a besoin de vous maintenant!

Fondation Rivières est finalistes pour le prix ÉCO Impact de la Communauté. Ce prix récompense les individus ou les groupes qui ont démontré leur engagement environnemental à travers des initiatives, des projets, des pratiques durables.

Ce prix est décerné par Éco Canada, une organisation qui soutient l’innovation et l’emploi en environnement. C’est la première fois qu’une organisation québécoise est finaliste pour ce prix. C’est un vote populaire qui détermine qui sera le gagnant et nous avons besoin de vous maintenant!

Le grand gagnant sera dévoilé lors de la remise de prix le 3 février prochain.  Pour voir ou revoir notre vidéo de mise en candidature : Candidature Fondation Rivières pour notre première édition de La semaine du Grand Splash en 2021.

Pour voter, cliquez sur le bouton ci-dessous et rendez-vous au bas de la page et assurez-vous de bien sélectionner Fondation Rivières. Comme la compilation est déterminée par adresse courriel, si vous avez plus qu’une, n’hésitez surtout pas à voter plusieurs fois… 🙂

La période de votation fermera le 31 janvier minuit (Heure de l’Alberta).

Deneigement

Attention à ne pas trop saler les rivières!

Chaque hiver, 800 000 tonnes de sels de déglaçage sont appliqués sur les routes du Québec, nous apprend le Ministère des Transports, 2019. Ces substances s’accumulent et se retrouvent dans les cours d’eau par le ruissellement, ce qui représente un risque important pour la faune et la flore aquatique, comme indiqué dans le rapport d‘Environnement Canada de 2001.

Parmi les solutions de rechanges, on retrouve des déglaçants biodégradables tels que les copeaux de bois ou le jus de betterave qui sont souvent combinés à des abrasifs traditionnels comme le sable ou la pierre concassée. Aussi, des changements d’habitudes, comme par exemple une utilisation plus fréquente de la « gratte » et une réduction de la vitesse peuvent contribuer à la réduction de l’application de sels utilisés. 

Il existe en ce moment au Québec 24 routes déglacées presque exclusivement sans sels. Donc oui il est possible de déglacer les routes sans sels et de minimiser les impacts négatifs sur l’environnement et les cours d’eau. N’hésitez pas à informer vos élu.e.s et les employés de votre municipalité, afin de leur proposer ce genre d’alternatives écologiques de plus en plus populaires et souvent, beaucoup plus abordables.

Logo pour offre d'emploi - Fondation Rivières

Élections municipales : Fondation Rivières rappelle aux nouveaux élus qu’ils font partie de la solution au problème des déversements d’eaux usées

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Élections municipales : Fondation Rivières rappelle aux nouveaux élus qu’ils font partie de la solution au problème des déversements d’eaux usées

Montréal, le 11 novembre 2021 – Sept nouveaux maires sensibles aux questions environnementales ont été élus dans les sept plus grandes villes au Québec. À elles seules, Longueuil, Saguenay, Laval, Québec, Gatineau, Terrebonne et Sherbrooke abritent la moitié de la population du Québec et elles sont responsables de 42% de l’intensité totale des déversements d’eaux usées au Québec, comme le démontre le triste palmarès 2020 des déversements d’eaux usées.

Après une campagne électorale forte en propositions sur l’environnement, Fondation Rivières félicite les nouveaux élus municipaux et offre son expertise et sa collaboration pour les soutenir dans leurs initiatives visant à la préservation des milieux humides et à la réduction des déversements d’eaux usées dans nos rivières.

Avec le triste palmarès 2020, les nouveaux élus ont tout en main pour mieux comprendre la problématique, élément clé pour être en mesure de prendre action efficacement. En quatre ans, vous avez le pouvoir de vous attaquer et de régler le problème des déversements d’eaux usées.

Vous avez besoin d’aide? N’hésitez pas à nous contacter!

Vous pouvez consulter le palmarès sur le site de Fondation Rivières à fondationrivieres.org.   

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Source :

Christian Généreux, Responsable des communications
Fondation Rivières

514 272-2666, poste 302
communications@fondationrivieres.org

Palmarès 2020 Revu et corrigé

Palmarès 2020, revu et corrigé

Palmarès 2020 revu et corrigé

Nous avons dévoilé notre Palmarès 2020 la semaine dernière et, malheureusement, une erreur s’est glissée dans la manipulation de notre puissante, mais ô complexe, base de données. Nos calculs en termes d’intensité des déversements sont rigoureusement exacts, mais c’est en exprimant cette intensité sur le nombre d’habitants qu’on s’est trompé.

Nous avons bien entendu corrigé le tout et nous avons mis à jour dans notre Palmarès 2020 sur notre site. Et même s’il n’y a pas de changements majeurs ou importants, par souci de transparence et d’intégrité, nous vous le communiquons aujourd’hui. 

Vous remarquerez sûrement que Trois-Rivières est maintenant en première position dans le classement des 10 plus grandes villes du Québec. Elle occupe cette position parce que la Ville a connu un bris majeur en septembre 2020 qui a provoqué un déversement continu durant 16 jours. N’eût été de cet accident, Longueuil serait encore une fois la pire ville au Québec en ce qui a trait au déversement des eaux usées et ce, pour une deuxième année consécutive.

Maintenant, comme les élections municipales sont derrière nous, vous avez tout en main pour interpeller vos élu.e.s pour qu’ils et elles agissent dès maintenant. Car ce problème environnemental majeur ira en empirant et ce, de plus en plus rapidement, dû principalement aux changements climatiques. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre. Surtout pas 10 ans!

Vous avez besoin d’aide? N’hésitez surtout pas à nous contacter.

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Fondation Rivières rend public le triste palmarès des municipalités 2020

Fondation Rivières rend public le triste palmarès des municipalités 2020

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
POUR DIFFUSIOM IMMÉDIATE

Montréal, le 27 octobre 2021 – Pour une deuxième année, Fondation Rivières rend public un outil permettant de découvrir la liste des municipalités qui se démarquent quant à l’intensité de leurs déversements d’eaux usées en 2020. Elle a aussi mis à jour, sur son site web, la carte interactive des rejets avec les nouvelles données de 2020 qui révèle qu’il y a eu près de 53 000 déversements d’eaux usées l’an dernier au Québec.

Le triste palmarès 2020 met en lumière l’intensité des déversements de près de 700 municipalités, ce qui permet de distinguer celles qui se sont améliorées depuis 2019 de celles où la situation s’est détériorée. Cette année, nous innovons grâce à l’utilisation d’un puissant logiciel qui permet de comparer la performance des municipalités de taille semblable et aussi de connaître leur classement dans leurs régions respectives.

Parmi les grandes villes, Trois-Rivières devance tout juste Longueuil en première position dans le classement des 10 plus grandes villes du Québec. Elle occupe cette position parce que la Ville a connu un bris majeur en septembre 2020 qui a provoqué un déversement continu durant 16 jours. N’eût été de cet accident, Longueuil serait encore une fois la pire ville au Québec en ce qui a trait au déversement des eaux usées et ce, pour une deuxième année consécutive.

On peut aussi constater une dégradation importante à Lévis et à Trois-Rivières entre 2019 et 2020. On note d’autre part une amélioration à Laval, Québec, Gatineau et Saguenay. En apparence, Sherbrooke présente des résultats positifs, mais en réalité, la Ville se voit attribuer une note D en ce qui a trait à la qualité de la mesure, puisqu’elle n’a pas complété l’installation des enregistreurs électroniques sur près de la moitié de ses ouvrages qui débordent.

La qualité de la mesure illustre le degré de transparence des municipalités, puisqu’il indique la proportion des ouvrages de surverses d’importance qui sont dotés d’enregistreurs électroniques. Une municipalité qui mesure bien l’intensité de ses déversements est donc désavantagée.

En ce qui a trait aux villes de taille moyenne, ce sont les municipalités reliées au réseau de l’agglomération de Longueuil qui trônent à ce triste palmarès, suivies par Thetford Mines, Saint-Hyacinthe, Shawinigan, Saint-Jean-sur-Richelieu et Mercier. Notons une amélioration notable pour Victoriaville. Les municipalités de taille moyenne ont des niveaux d’intensité par habitant absolument inacceptables et c’est probablement là que le plus gros du travail reste à faire.

En ce qui a trait aux petites municipalités, Saint-Tite, Caplan, Marsoui, Waterloo, Manseau et Chandler trônent au sommet de ce triste palmarès. Saint-Tite et Manseau ont vu leur performance se détériorer entre 2019 et 2020, tout comme Saint-Joseph-du-Lac et Saint-Césaire. Soulignons une amélioration à L’Ange-Gardien, Disraeli, Bedford, Normandin et Saint-Gabriel-de-Brandon. Montebello, qui trônait au palmarès en 2019, se classe 30e cette année, une indication qu’on y a réglé en partie la source des déversements: un ruisseau qui s’écoulait dans le réseau d’égouts.

Cette année, le triste palmarès nous donne accès à des informations qui n’étaient pas visibles auparavant, dont la qualité de la mesure et le nombre de journées dans l’année où il y a eu des déversements. La Ville de Québec, par exemple, a connu 318  jours avec des déversements sur les 365 jours de l’année.

Pas d’amélioration notable depuis l’an dernier et une permission de polluer pour encore dix ans

Le nombre de déversements s’élevait à 52 794 en 2020, contre 60 663 en 2019. Cette diminution s’explique par des précipitations moindres en 2020. La météo plus clémente a aussi permis une réduction globale de l’intensité des déversements, mais ces réductions ne sont pas structurelles, puisqu’on autorise encore et toujours la construction domiciliaire sans exiger une augmentation de la capacité des infrastructures, comme on a pu le constater avec le cas de Saint-Lin-des-Laurentides.

Le bilan n’est ni pire, ni meilleur que celui de l’an dernier et il n’est pas près de s’améliorer. Dans une position ministérielle du 22 septembre 2021, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) rappelle que son objectif n’est pas de réduire les déversements d’eaux usées, mais simplement de ne pas en augmenter le nombre au-delà des niveaux de 2014. Dans cette même position ministérielle, il accorde aux municipalités jusqu’au 1er janvier 2030 pour atteindre cet objectif.

« Autrement dit, les municipalités ont la permission d’augmenter la pollution dans nos rivières pour les dix prochaines années. Le MELCC annonce que dans dix ans, il sévira contre celles qui n’auront pas ramené leur niveau de pollution à celui de 2014. Pourquoi attendre 2030? Pourquoi ne pas cibler les municipalités délinquantes et s’attaquer maintenant aux problèmes les plus criants? Ça n’a aucun sens. Comme le palmarès et la carte le démontrent, nous savons exactement où se trouvent les problèmes les plus criants. Le premier ministre Legault aime à se qualifier de pragmatique. En quoi une telle mesure mur-à-mur est-elle pragmatique?” – André Bélanger, directeur général de Fondation Rivières.

Visitez notre site internet pour découvrir le classement des 10 plus grandes villes du Québec, ainsi que le Palmarès des TOPS 50 municipalités, selon votre sélection. Si vous désirez pousser votre analyse un peu plus loin, le Palmarès expert est aussi à votre disposition avec davantage d’indicateurs à consulter.

À propos de l’indice d’intensité des déversements

Le triste palmarès est réalisé sur la base de l’indice d’intensité des déversements développé l’an dernier par Fondation Rivières. Cet indice donne une idée de l’importance  des déversements puisqu’il tient compte de la taille des ouvrages qui ont débordé et de la durée des déversements. En divisant cet indice d’intensité des déversements par le nombre d’habitants, il est alors possible de comparer les performances des municipalités entre elles, peu importe leur taille.

Mise à jour : 9 novembre 2021

Pour toute demande d’entrevue :

Christian Généreux
Responsable aux communications, au développement et à la mobilisation
514 272-2666, poste 302
communications@fondationrivieres.org

Lieu du dépistage de pollution

Élevage du porc au Témiscamingue: pas de contamination des rivières

Olymel opère quatre maternités porcines au Témiscamingue et, curieusement, la qualité de l’eau de la Rivière à la Loutre et de la Petite rivière Blanche se détériore. Se pourrait-il que les pratiques d’épandage de lisier de porc en soient la cause?

C’est la question que l’Organisme de Bassin Versant du Témiscamingue (OBVT) se pose depuis des années. Et savez-vous quoi? À la Fondation Rivières, on a réussi à répondre à la question en réalisant une campagne de dépistage des sources de contamination bactériologique d’origine fécale (type E.coli).

Conclusion: c’est l’élevage de bovins, une station d’épuration inexistante et des fosses septiques non conformes qui sont en cause ici, pas l’élevage du porc. Vous trouverez un lien vers le rapport complet dans le bas de l’article.

Détecter rapidement la pollution

Pendant une semaine en novembre 2020, l’équipe de la Fondation a prélevé 68 échantillons d’eau en remontant les rivières à la Loutre et Petite rivière Blanche pour ensuite les soumettre à une analyse bactérienne avec un appareil d’analyse rapide de la qualité de l’eau qui donne des résultats en 15 minutes. Au fur et à mesure qu’elle détectait des pics de contamination, l’équipe de Fondation Rivières remontait les cours d’eau et elle a pu identifier exactement les sources de pollution des deux rivières. L’équipe de la Fondation a du faire preuve de débrouillardise afin d’installer le laboratoire sur le terrain!

Dépistage de pollution en terre agricole, près d'élevages de porc
Prélèvement d’échantillon: la Petite rivière Blanche traverse des zones agricoles où une contamination d’origine porcine ou bovine est soupçonnée

La doctorante Rose Ragot de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS) nous a accompagnés sur le terrain et elle a fait des analyses de l’ADN mitochondrial des échantillons afin d’établir l’origine des E. Coli. Elle a aussi réalisé les analyses traditionnelles par dénombrement, histoire de nous permettre de déterminer la quantité précise de E. Coli dans l’eau. Rose nous accompagnait parce qu’elle avait besoin, pour son doctorat, de tester un marqueur spécifique à la pollution par le porc. Triste pour elle, mais elle n’en a pas trouvé…

Laboratoire de dépistage
La nécessité est la mère de l’invention, dit le proverbe

Une source principale inattendue

Cette étude a permis de détecter des pics de contamination fécale dans plusieurs emplacements, ainsi que leur origine. Et contrairement à l’hypothèse initiale, cette contamination provenait d’un réseau d’égout sans système d’épuration, de fosses septiques et d’élevage de bovins!

En effet, autour de la municipalité de Fugèreville, il a été possible de suivre le gradient de contamination en prenant des échantillons de plus en plus en amont d’un tributaire de la Rivière à la Loutre, pour ensuite arriver sur le point de déversement d’eaux usées.

Dépistage de pollution en amont de la rivière à la Loutre
Amont de la rivière à la Loutre

De plus, on a détecté une contamination associée à la présence d’agriculture bovine près de six sites échantillonnés: s’agit-il de l’épandage aussi? Ou est-ce qu’on laisse les vaches boire dans les cours d’eau? La question reste entière.

Quant aux élevages porcins, pourtant situés à proximité des cours d’eau, ils n’ont été responsables que d’un seul pic de contamination sur les 68 échantillons. Si le lisier de porc ne ruisselle pas dans les rivières, ce serait peut-être lié au fait qu’Olymel injecte le lisier dans le sol au lieu de l’épandre à la surface.

Passer à l’action

Au Témiscamingue, on est déjà passé à l’action. L’OBVT a sensibilisé les intervenants locaux et a commencé à mettre en place les principales recommandations du rapport:

  • Il est urgent que la municipalité de Fougèreville se dote d’un système d’épuration des eaux usées pour empêcher des déversements à l’instar d’autres régions du Québec, mais aussi que l’on s’informe sur les emplacements des fosses septiques le long des cours d’eau.
  • En ce qui concerne les élevages bovins, il est grand temps de revoir les pratiques d’épandage et l’efficacité des bandes riveraines près des champs. Il faudrait enfin vérifier si les les animaux s’abreuvent là où il ne faudrait pas.

Somme toute, ce sont des conclusions inattendues qui en disent beaucoup sur l’importance des bonnes pratiques dans la gestion des eaux usées, mais aussi dans les techniques d’épandage agricole. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences!

Intéressé.e.s par un dépistage?

Avez-vous aussi des questionnements sur la qualité de l’eau de votre région? Contactez-nous!

Suivi en Continu

Dépistage de pollution

Bouche d'égout obstruée par des lingettes

Lingettes jetables: les mensonges de Cottonelle

Il ne faut rien jeter dans les toilettes, sauf du papier de toilettes. Et surtout pas les trop populaires lingettes qui viennent boucher les égouts, causer des bris d’équipements et provoquer des déversements d’eaux usées dans nos rivières, comme le rapportait La Presse.

Or la marque Cottonelle vient de lancer au Québec des lingettes prétendument biodégradables et jetables dans les toilettes. C’est faux: les lingettes provoquent des problèmes majeurs, comme on a pu le découvrir en réalisant notre mandat de détection des sources de pollution dans la rivière du Nord pour la Ville de Saint-Jérôme.

Alors méfiez-vous des prétendus plombiers qui affirment que ces lingettes sont biodégradables et qui refilent à d’autres la facture et le défi de nettoyer les réseaux de traitement des eaux usées.

Plage Saint-Jérôme

Une plage pour la baignade dans la rivière du Nord?

La rivière du Nord sillonne le centre-ville de Saint-Jérôme sur une dizaine de kilomètres : une véritable oasis de fraîcheur en milieu urbain! Pourtant, même par grande canicule, rares sont les gens qui osent y faire saucette et il n’y a pas de plage publique actuellement. Autrefois très prisée pour la baignade, la réputation de la rivière à la hauteur de Saint-Jérôme est aujourd’hui peu enviable. On sait que le réseau d’égouts de la ville déborde par temps de pluie et contamine la rivière, ce qui rend la baignade sécuritaire impossible.

Par contre, quelques jours après la pluie et les débordements, on pourrait s’attendre à ce que la pollution s’estompe graduellement et que la baignade y soit alors envisageable, quitte à vouloir s’imaginer une plage, et ce de plus en plus avec les étés derniers. Et vous, vous baigneriez-vous dans dans la rivière du Nord? C’est pour mieux répondre à cette question que la Ville de Saint-Jérôme nous a mandaté cet été.

Sur la piste des bactéries

Nos premiers résultats récoltés au site de plage urbaine étudié par la Ville n’étaient pas très encourageants : il y avait clairement des sources de pollution plus haut dans la rivière qui rendaient la baignade impossible. Il allait falloir enquêter! Comment? En suivant la piste des bactéries d’origines fécales de type E. coli!

Pour ce faire, on prélève de l’eau à différents endroits stratégiques le long de la rivière et, quand on voit un pic de bactéries dans nos résultats, on sait qu’on se rapproche de la source. Les analyses scientifiques sont donc notre outil de prédilection dans cette enquête fécale mais je vous avoue que, plus on se rapproche de la source, plus c’est le nez qui prend le relais!

Échantillonnage à la rivière du Nord au site de plage potentielle.
La chasse aux bactéries est ouverte!

Pas de lingettes dans la toilette!

Notre enquête nous a permis de découvrir le genre de désastre que peuvent causer les lingettes nettoyantes jetées aux toilettes. On les utilise beaucoup depuis le début de la pandémie, mais quand elles se retrouvent dans nos réseaux d’égouts, plutôt que de se dégrader comme le papier de toilette, elles s’agglutinent avec les substances graisseuses et deviennent un vrai fléau. En voici un bon exemple, soit une conduite d’égout bouchée qui déborde dans un ruisseau.

Ce genre de blocage est très imprévisible et représente une menace réelle pour la baignade sur une plage et pour la santé de nos rivières. Des appareils de suivi en continu de la qualité de l’eau permettent de les détecter et d’agir rapidement, mais ils sont encore trop peu répandus.

Un drone « sous-marin » près de la plage

Bien sûr, la rivière du Nord n’est pas que brune et nauséabonde. C’est aussi des chutes majestueuses, une végétation luxuriante et une bruine matinale envoûtante. C’est pour vous montrer tout ça que mon collègue Christian et moi sommes allés filmer des images avec un drone il y a quelques semaines.

La matinée avançait bien et j’étais occupé à récolter mes derniers échantillons (en faisant attention à ne pas trop regarder la caméra, question d’avoir l’air naturel). Quand soudainement, un bruissement de feuilles, suivi d’un plouf! Le drone avait été emporté par une bourrasque de vent et s’était embourbé dans une branche d’arbre avant de plonger tout au fond de la rivière, devant nos yeux. Mon collègue vous parlera de cette aventure rocambolesque sous peu…

Philippe vu du drone
Vue du drone quelques instants avant le plongeon fatidique

Pas de plage cette année, mais il y a de l’espoir

L’été 2021 n’était finalement pas du tout propice à la baignade, mais nos résultats auront tout de même permis d’identifier plusieurs sources de pollution dans la rivière du Nord. Quand elles auront toutes été éliminées, on pourra peut-être un jour y ouvrir une plage sans crainte. D’ici là, il y a du boulot! Allez, j’y retourne!

Baignade dans la rivière du Nord vers 1950
Baignade dans la rivière du Nord vers 1950 – Crédit : Société d’histoire de la Rivière-du-Nord
Philippe sur le terrain

Philippe Maisonneuve

Chargé de projet en qualité de l’eau

Signature PM
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Projets de plages pour la baignade – on se lance !

Il a fait chaud cet été. Très chaud. Et il fera encore plus chaud à l’avenir. D’où le besoin de plages sûres pour la baignade!

À la Fondation Rivières, l’accès public à nos cours d’eau est important et l’eau doit être de bonne qualité. Au Québec, la limite recommandée d’E. Coli dans les plages et la baignade est de 200 UFC/100mL. Autrement dit, si nous voulons faire trempette dans une rivière ou un lac, nous voulons être sûrs que la présence de ces bactéries est acceptable, car elles sont un bon indicateur de pathogènes plus dangereux.

Cet été, nous nous sommes associés à plusieurs municipalités et organismes pour mener à bien des projets pilotes visant à étudier la qualité récréative de leurs eaux. Mes collègues et moi avons passé un été chargé et animé à relever les inévitables défis qui accompagnent la mise en œuvre de nouvelles études. La science de terrain réserve toujours des surprises !

Le défi à la plage de Verdun: garder la plage ouverte

À Verdun, la municipalité a déjà travaillé fort pour offrir une belle plage à la population. Et chaque jour, la Ville envoie quotidiennement des échantillons d’eau à analyser afin d’assurer votre sécurité. En outre, la plage est fermée à titre préventif jusqu’à 72 heures après une forte pluie, afin d’éviter que les baigneurs n’entrent en contact avec de l’eau potentiellement contaminée suite à un débordement d’eaux usées. Le principal enjeu du protocole actuel est que ces analyses nécessitent un minimum de 24 heures pour être effectuées, ce qui signifie que les conditions de qualité de l’eau sont toujours confirmées des jours plus tard. Évidemment, ce n’est pas optimal.

Cet été, nous avons donc travaillé avec la Ville pour améliorer leur surveillance de la qualité de l’eau, qui se heurte actuellement aux limites des échantillons analysés en laboratoire. Des études antérieures réalisées par Polytechnique Montréal ont montré le potentiel d’une analyse en temps quasi réel de la qualité biologique de l’eau pour la baignade à la plage de Verdun en 2018. Grâce à Polytechnique, nous avons eu accès à l’équipement nécessaire pour effectuer ce type d’analyse, une machine appelée ColiMinder qui analyse l’activité enzymatique de l’eau et nous donne une idée de la quantité d’E. Coli présente dans l’échantillon.

En cours de projet, des baigneurs curieux m’ont approché pour me demander ce que nous étions en train de faire. J’aimerais donc prendre un moment pour vous décrire le parcours de ce projet, et notamment, de nos défis !

Chargée de projet et plombière au besoin

Comme c’est souvent le cas avec le travail sur le terrain, nous avons presque immédiatement rencontré un obstacle, car l’ordinateur de la machine a dû être remplacé de manière inattendue. Pendant que nous attendions impatiemment l’arrivée de notre nouvel ordinateur, nous étions sur place pour préparer les autres grandes installations que ce projet nécessitait. Afin de pouvoir mesurer en continu la qualité de l’eau, nous avions besoin d’une alimentation continuelle en eau de la plage à analyser, ce qui signifie que nous avions besoin d’une pompe ! Pour une raison étrange, la pompe initialement choisie pour ce projet s’est envolée des étagères cet été, ce qui nous a causé des retards supplémentaires.

Nous nous sommes coordonnés avec un spécialiste pour l’installation, qui a accepté que je l’accompagne afin que nous puissions retirer et installer la pompe de manière indépendante pour la saison prochaine.

Laissez-moi vous dire que je ne m’attendais pas à me baigner et à trimballer une pompe submersible et des tuyaux dans 3 mètres d’eau!

Mais je me suis lancé à fond, et Roger a pris les circonstances particulières à bras le corps et a réussi à installer notre pompe et à la connecter au conteneur ( à 100 m de la pompe, où notre ColiMinder est rangé en toute sécurité) ! Pour tous les amateurs de baignade qui nous ont vus ce jour-là, nous valions le déplacement.

Installation du ColiMinder
Toute une installation dans le conteneur!

Naturellement, notre dépannage ne pouvait pas s’arrêter là. Vous vous souvenez que j’ai mentionné que la pompe devait fournir de l’eau à notre machine située à 100 m? Le modèle de réserve que nous avions choisi faisait un excellent travail, mais avec un débit impressionnant de 0,3 m3 par minute – ce qui, franchement, est un débit beaucoup trop important pour notre appareil qui nécessite des débits très faibles. J’étais donc de retour à la plage, cette fois-ci en coordination avec le plombier de la ville pour trouver une solution créative à notre problème. Il nous a fallu quelques essais, mais nous avons finalement réussi à modifier les tuyaux du conteneur pour dévier une section du débit de telle sorte que nous avons pu le réduire et brancher notre machine avec succès.

Pompe pour Verdun
Et enfin, la pompe de tous les tracas.

Un projet prometteur pour la baignade!

Depuis lors, le ColiMinder prend régulièrement des mesures de l’eau de la plage, ce qui, compte tenu de tous les problèmes rencontrés cet été, est un véritable exploit. Maintenant que nous avons réglé les aspects logistiques du projet, je suis particulièrement enthousiaste quant à la possibilité d’améliorer l’accès et la sécurité à la baignade ! Dès l’année prochaine, nous serons en mesure de confirmer les variations quotidiennes mesurées par le ColiMinder. Cela signifie que nous pourrons analyser un échantillon d’eau en 15 minutes et à la demande, plutôt que de nous fier uniquement aux méthodes traditionnelles qui nous donnent nos résultats plusieurs jours après le fait. Notre objectif ultime est d’optimiser le protocole de surveillance actuel : après tout, nous voulons que vous profitiez au maximum de votre saison estivale dans l’eau !

Pour ma part, malgré un démarrage difficile de nos installations, je ne peux pas me plaindre d’avoir passé de nombreux matins d’été à prendre mon premier café de la journée devant un tel panorama !

Plage de Verdun zone baignade
Plage de Verdun
Lena Szymoniak
Lena sur le terrain

Lena Szymoniak

Chargée de projet en qualité de l’eau (et plombière, apparemment!)

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Lettre au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs : Demande de moratoire sur l’utilisation du larvicide Bti

 

Montréal, le 19 mai 2021
TRANSMISSION PAR COURRIEL

 

Monsieur Pierre Dufour, Ministre
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs
5700, 4e Avenue Ouest
Québec (Québec) G1H 6R1

 

Objet : Demande de moratoire sur l’utilisation du larvicide Bti

 

Monsieur le Ministre,

Il y maintenant plus de 35 ans que nos cours d’eau et nos milieux humides sont aspergés chaque été de Bti, un insecticide encore méconnu causant principalement la mort des larves aquatiques d’insectes piqueurs. Le Bti doit son nom à une bactérie présente naturellement dans les sols. Cette bactérie, une fois ingérée, produit des cristaux microscopiques dans l’intestin des larves et enclenche une réaction toxique menant ultimement à leur mort. Or, cette bactérie ne représente qu’en moyenne 7 % de la formulation commerciale couramment appliquée. Un cocktail de produits dont la recette est protégée par le secret industriel y est combinée pour augmenter son efficacité, comme, par exemple, des agents de protection contre les rayons ultraviolets. On peut alors difficilement qualifier cet insecticide de “biologique”. De plus, contrairement à la plupart des insecticides épandus sur les sols en culture, le Bti est appliqué directement dans nos cours d’eau: l’une de nos plus une richesse que l’on se doit de traiter avec précaution.

Le Bti a ainsi longtemps été considéré comme sans danger pour l’environnement, croyant que son mécanisme d’action était suffisamment complexe et spécifique pour ne cibler que les insectes piqueurs. Or, de récentes études indépendantes ont démontré que le Bti peut affecter directement et de façon importante la taille des populations de chironomides (Allgeier et al. 2019, Kästel et al. 2017). Comme ce groupe d’insectes constitue une source de nourriture de premier choix pour plusieurs oiseaux et amphibiens, la taille et le développement de ces organismes peuvent être affectés (Empey et al. 2021). Une telle perturbation de l’équilibre de la chaîne alimentaire est préoccupante pour l’intégrité de nos écosystèmes aquatiques. Les effets cumulatifs de tous les projets d’épandage n’apparaissent pas suivis ou documentés. Ces préoccupations sont d’ailleurs détaillées dans un document d’orientation produit par votre ministère il y a quelques temps. On y souligne de plus un manque d’études canadiennes au sujet des impacts pour la faune et pour le réseau trophique. Pourtant, plus de 40 municipalités détiennent actuellement des autorisations d’épandage délivrées sur la base d’avis fauniques produits par votre ministère. D’autre part, plusieurs regroupements citoyens ont soulevé d’importantes préoccupations quant à la pertinence de tels épandages et de leurs impacts, accompagnées de différentes études.

Au niveau commercial, l’industrie québécoise de l’épandage de Bti est un duopole constitué de seulement deux entreprises (GDG Environnement et Conseillers forestiers Roy). Ce manque de compétition est potentiellement problématique pour une saine gestion des finances municipales.

Plusieurs alternatives à l’épandage existent pour le contrôle des insectes piqueurs. Celles-ci apparaissent moins dommageables pour nos milieux naturels et nettement moins coûteuses (ex: piège, ail, nichoirs, etc.). De plus, leur portée peut être modulée en ciblant uniquement les espaces habitables, évitant ainsi l’épandage d’une substance biocide dans nos cours d’eau.

Recommandations

  • Un moratoire sur l’émission d’autorisations d’épandage le temps qu’une révision de la position ministérielle soit produite ;
  • une révision de la position du MFFP sur le Bti à la lumière des nouvelles connaissances indépendantes acquises à travers le monde au cours des deux dernières décennies et présentées en partie dans le document d’orientation du MFFP produit en 2019 ;
  • la reconnaissance de la prépondérance du principe de précaution devant le constat du déclin des populations d’oiseaux, d’amphibiens et d’insectes sur le territoire québécois en attente de la prochaine politique gouvernementale ;
  • la reconnaissance de l’efficacité et de l’aspect sécuritaire de méthodes de contrôle alternatives afin que les municipalités les plus fortement touchées par la nuisance occasionnée par les insectes piqueurs puissent y recourir.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente, nous demeurons disponibles pour tout renseignement supplémentaire.

Veuillez agréer, monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

 

Alain Saladzius, ing., FIC
Président