2019-07-30 Grand Splash8

La Société immobilière du Canada doit se rendre à l’évidence: il faut intégrer une aire de baignade dans le Vieux-Port de Montréal

MONTRÉAL, le 20 mai 2021  – La Fondation Rivières se réjouit que la Ville de Montréal ait retenu le projet d’un bain portuaire accessible au centre-ville de Montréal dans son Plan nature et sport. Et le meilleur endroit où l’implanter est dans le bassin Jacques-Cartier dans le Vieux-Port de Montréal: l’eau y est pratiquement toujours propre et l’accès sécuritaire.

Or la Société immobilière du Canada, gestionnaire de la Société du Vieux-Port de Montréal, n’a pas l’intention d’intégrer des aires de baignade. Nous avons donc demandé une rencontre auprès de la ministre Anita Anand, ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de Marc Miller, député de Ville-Marie-Le Sud-Ouest-Île-des-Soeurs, afin de leur démontrer l’importance d’ouvrir un tel accès aux citoyens dans le Vieux-Port.

C’est l’endroit où se déroule le traditionnel Grand Splash annuel organisé par des citoyens depuis 16 ans. La Fondation Rivières organisera de nouveau un événement Grand Splash au début juillet dans le bassin Jacques-Cartier, afin de revendiquer le droit des citoyens à un accès public à l’eau, d’autant plus important que cet endroit est situé à proximité des quartiers les plus populeux, et constituerait un atout majeur au développement touristique de Montréal.

Le centre-ville de Montréal ne sera plus jamais le même. Il doit changer et offrir un milieu de vie de qualité pour les résidents. Un centre-ville tout en bureaux, c’est terminé. On parle de relance économique à Montréal, quoi de plus simple que d’aménager un espace de baignade accessible à tous et surtout à ses résidants. Pendant qu’à Montréal, on n’a que la plage de VerdunToronto dispose de pas moins d’une dizaine qui sont accessibles à quelques minutes du centre-ville.

Par ailleurs, on applaudit la décision de la VIlle d’aménager un parc récréotouristique riverain à Lachine, auquel d’ailleurs une aire de baignade devrait s’y greffer d’autant que la qualité de l’eau y est généralement excellente. On note d’autre part que la vocation des sites Plage de l’Est et Promenade Bellerive ne sont pas retenus pour un accès à l’eau. On encourage la Ville de Montréal à poursuivre l’évaluation du potentiel de baignade à ces endroits, les seuls situés dans l’Est de Montréal.

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Pour informations :

André Bélanger, directeur général
514 295-1194
direction@fondationrivieres.org

Lien vert le Plan nature et sport : https://portail-m4s.s3.montreal.ca/pdf/plan_nature_et_sports_0.pdf

Eaux-polluees

Des dépôts à neige intoxiquent nos rivières

Des images captées par des citoyens depuis deux jours à Longueuil et diffusées sur les réseaux sociaux montrent une eau polluée sortant d’un bassin de décantation de la Ville. L’émissaire s’écoule directement dans un ruisseau d’une eau limpide, dans le boisé du Tremblay, un refuge faunique d’importance de la rainette faux-grillon au Québec. Des grenouilles et des poissons morts y ont été observés et un silence complet régnait alors qu’en temps normal le cri des rainettes se fait entendre en pleine saison printanière. La Fondation Rivières demande au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de revoir les autorisations émises par son ministère et qui font en sorte que des dépôts à neige laissent s’écouler des panaches de pollution dans les cours d’eau. 

Pour M. Patrick R. Bourgeois qui s’est rendu sur le site pour vérifier l’origine de la contamination, « On ne peut tolérer qu’un dépôt à neige, montagne de pollution s’il en est une, s’écoule dans une réserve faunique, tuant les rainettes faux-grillon au passage. Il est plus que temps de revoir la gestion de ces dépôts. J’ai filmé ce que le commun des citoyens n’aurait jamais vu, en plus des cours industrielles et des déchets jusqu’en rive, sans qu’aucune limite de protection ne soit respectée. Un saccage environnemental dans ce qui devrait être un paradis faunique » déclare-t-il.

Selon la Fondation Rivières, les normes gouvernementales doivent être révisées et tenir compte de la fragilité de certains milieux. De simples bassins de décantation, trop petits de surcroît, ne  permettent que d’enlever le sable. De nombreux autres contaminants (chlorures, sels, métaux, huiles et graisses, microplastiques, etc.) provenant des neiges souillées s’échappent ainsi jusqu’aux cours d’eau. Les normes sont les mêmes peu importe le milieu récepteur, un non-sens. La Fondation a d’ailleurs porté plainte au ministère de l’Environnement en juillet 2018 dans un dossier similaire situé en bordure de la rivière Magog. Les analyses obtenues affichaient des dépassements majeurs des matières en suspension. Le Ministère aurait alors entrepris un suivi plus serré de l’exploitation du site sans toutefois resserrer les normes environnementales du site.

Pour Alain Saladzius, ingénieur et président de la Fondation Rivières, « le traitement des eaux fortement polluées qui sortent des dépôts à neige doit être amélioré. Les critères de conception sont trop faibles et ne tiennent pas compte du milieu récepteur. Des tests de toxicité devraient être applicables car des mortalités de poissons ont été constatées. Cette année la rapidité de la fonte des neiges nous rappelle que les changements climatiques occasionnent des bouleversements dont il faut maintenant tenir compte » conclut-il. 

L’ancien maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, confirme « J’ai été témoin de cette aberration pendant des années, le ministère de l’Environnement nous autorisait à déverser les eaux du dépôt à neige dans un cour d’eau verbalisé qui se jetait dans la rivière Châteauguay. C’était totalement incohérent, mais sur le prétexte de manque de fonds, tout est acceptable. C’est extrêmement gênant.»

Vidéo du cours d’eau contaminé :

https://www.facebook.com/patrick.bourgeois.37/videos/10224860618205389

Vidéo du dépôt à neige :

https://www.facebook.com/patrick.bourgeois.37/videos/10224882276626836

Plainte de la Fondation Rivières concernant le dépôt à neige de Magog 2018
https://fondationrivieres.org/wp-content/uploads/2021/04/2018-07-17-FR-Depot-neige-Magog-Plainte-au-MDDELCC-1.pdf

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Gestion de l’eau au Québec La Fondation Rivières et Eau Secours lancent le portail web Eauenpéril.net

La Fondation Rivières et l’organisme Eau Secours, en collaboration avec des étudiants à la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke, lancent un nouveau portail Web sur la gestion de l’eau au Québec. La population est d’ailleurs invitée à participer à l’amélioration et à la mise à jour du portail afin que cet outil soit le plus complet et à jour possible.

Le portail Eau en péril est un site d’archivage d’articles médiatiques et d’informations gouvernementales et universitaires en lien avec les problématiques de la gestion de l’eau au Québec. Ce répertoire – non exhaustif – inclut des données dont l’objectif n’est pas de tracer un portrait de la qualité de l’eau, mais bien de répertorier des faits récents et historiques tant au niveau de la gouvernance, des déversements, de la contamination, de la privatisation, de la commercialisation, de l’accessibilité que de la destruction des milieux humides.

Avec cette initiative, la Fondation Rivières et Eau Secours souhaitent sensibiliser la population et les décideurs quant aux chocs répétés que subissent les plans d’eau et la ressource hydrique en général depuis des décennies. Pour André Bélanger de la Fondation Rivières « C’est par devoir de mémoire que nous avons pris la décision de mettre en œuvre ce projet. Par exemple, savez-vous quand et combien de fois il y a eu des déversements dans les rivières Richelieu, des Outaouais ou Yamaska? Bien sûr que non, car ces informations n’existent pas. Réunir sous une même bannière un maximum d’informations, c’est ce que nous visons et grâce à la contribution citoyenne, nous allons y parvenir ».

La gestion de l’eau ne se limite cependant pas uniquement à la qualité de l’eau des rivières. « En plus de la qualité de l’eau, la ressource doit demeurer accessible et suffisante à nos besoins de demain. La privatisation, la commercialisation, la contamination et les prélèvements abusifs nuisent à cet accès. Combien existe-il d’usines d’eau embouteillée? Combien de cas de contamination de sources d’eau potable ont été recensés au Québec, Et les avis d’ébullition qui durent depuis plusieurs mois, voire années? Avons-nous une idée de la superficie de milieux humides détruits dans chaque région administrative dans les dernières années? C’est aussi ça, Eau en péril. » tenait également à ajouter Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours.

Les organismes rappellent que si un cas particulier n’est pas présent dans le portait, c’est normal. Eau en péril est un travail collaboratif et vivant auquel la population est invitée à contribuer. Les témoins d’un événement peuvent faire parvenir les informations en remplissant le formulaire prévu à cet effet sur le site Eauenpéril.net

Pour informations :

Geneviève Tardy, responsable des communications

514 424-3556

communications@fondationrivieres.org

Mathieu Langlois, responsable des communications

514 588-5608

communications@eausecours.org

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Qualité de l’eau de la rivière L’Assomption : La baignade est possible en été!

La Fondation Rivières et la Ville de L’Assomption rendent publics les résultats de la surveillance en continu de la qualité de l’eau de la rivière L’Assomption à la prise d’eau du Centre de traitement Jean-Perreault et à l’aire de détente du parc Léo-Jacques à L’Assomption. Ce projet pilote révèle des informations étonnantes qui permettent aujourd’hui de poser ces trois principaux constats :

  • l’eau est généralement adéquate pour la baignade dans les mois d’été ;
  • dès septembre, il y a une pollution persistante et des déversements municipaux intensifs en amont ;
  • la contamination de l’eau par les coli est majoritairement d’origine humaine et non agricole.

Le directeur général de la Fondation Rivières, M. André Bélanger, est stupéfait des résultats de l’étude : « Au départ, nous voulions savoir entre autres si le système de détection rapide ColiMinder était efficace pour assurer la sécurité des baigneurs à l’aire de détente Léo-Jacques, dans l’éventualité où la Ville rendrait accessible cet endroit pour la baignade. On apprend aujourd’hui non seulement que l’efficacité est démontrée, mais que l’eau de la rivière est de bien meilleure qualité en été que nous l’avions anticipé. À l’automne, c’est toutefois un tout autre portrait malheureusement ». En effet, dès le mois de septembre, avec des pluies plus marquées, les analyses ont démontré une pollution persistante et des déversements municipaux d’eaux usées intensifs en amont lors des périodes de pluie.

L’origine humaine de la contamination par les E. coli a également suscité de fortes réactions : « Depuis des années, on identifiait les activités agricoles comme principale responsable de la mauvaise qualité de l’eau dans la rivière L’Assomption, mais ce n’est vraisemblablement pas le cas! Ce nouveau portrait va permettre d’orienter les actions futures de manière beaucoup plus optimale en permettant aux acteurs concernés de mieux cibler les vraies priorités : les déversements d’eaux usées en amont. C’est majeur comme nouvelle! », d’ajouter M. Bélanger.

Le projet a été d’autant plus bénéfique qu’il a permis d’optimiser l’exploitation du Centre de traitement d’eau et d’ajuster rapidement les opérations lors de périodes inattendues de contamination. Le 17 septembre, le ColiMinder a en effet détecté un pic de contamination qui s’est étendu de 11h00 à 17h00. Alors qu’il devrait y avoir une forte corrélation entre la turbidité et la contamination, le turbidimètre du Centre de traitement n’en faisait pas état. Grâce au ColiMinder, il a été possible de détecter un déversement survenu à plus de 10 kilomètres en amont et d’ajuster le traitement plus rapidement.

Les résultats de cette collaboration amènent aujourd’hui la Ville de L’Assomption à réfléchir aux suites à donner à cette étude : « Nous nous réjouissons du travail de la Fondation Rivières et de leur professionnalisme. Dans ses recommandations, la Fondation nous propose des actions très pertinentes à mettre en œuvre pour un meilleur assainissement de l’eau de la rivière. Comme toujours, nous sommes prêts à poser des gestes concrets en collaboration avec les différents acteurs du milieu soucieux de la qualité de nos cours d’eau», a conclu le maire de L’Assomption, M. Sébastien Nadeau.

Le projet

Le projet consistait à effectuer des analyses de manière automatisée toutes les deux heures. Celles-ci ont été réalisées avec un appareil ColiMinder déployé dans l’usine qui permet de détecter en 15 minutes la présence et la quantité de E. coli dans l’eau. Les résultats étaient transmis en temps réel aux opérateurs. Le projet s’est échelonné d’août à décembre 2020 et poursuivait trois objectifs :

  1. Valider si les mesures fournies par l’appareil ColiMinder peuvent assurer la sécurité des citoyens à l’aire de détente du parc Léo-Jacques en cas de contamination ponctuelle, dans le contexte où la Ville évalue la possibilité de rendre l’endroit accessible pour la baignade ;
  2. Valider la pertinence pour le Centre de traitement d’eau d’utiliser un outil d’analyse rapide pour surveiller la contamination en temps réel ;
  3. Identifier les sources de contamination qui peuvent présenter des risques à la prise d’eau potable de la Ville.

Documents à consulter

Sommaire de l’étude
Rapport complet

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Source :

Fondation Rivières

Geneviève Tardy, responsable des communications

514 424-3556

communications@fondationrivieres.org[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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Pollution des eaux : Un nouveau service de détection des sources de contamination pour les cours d’eau est maintenant disponible

Communiqué de presse en format PDF

Montréal, le 22 novembre 2019 – La Fondation Rivières et le Centre des technologies de l’eau (CTE) s’associent afin d’offrir un service de recherche de sources de pollution de l’eau dans les lacs et rivières, ainsi qu’un accompagnement scientifique et administratif pour l’identification des actions correctives nécessaires. Ce service s’adressera aux organismes de bassin versant, aux Municipalités régionales de comté, aux municipalités et aux groupes de citoyens.

Un des services exclusifs offerts dans le cadre de ce partenariat est le dépistage de contaminations fécales par l’étude de la variation spatiale de la qualité de l’eau de l’aval vers l’amont des cours d’eau. Que ce soit pour dépister des rejets d’eaux usées sanitaires non-traités, des installations septiques non conformes, des raccordements inversés dans les réseaux d’égouts ou des rejets d’origine agricole, cette approche permet de localiser et d’évaluer l’ampleur des sources de pollution dans des milieux hydriques. Une surveillance en continu sera également offerte.

L’évaluation des risques de contamination, la préparation et la réalisation de campagnes d’échantillonnage sur le terrain s’avèrent autant d’étapes importantes pour établir un diagnostic et assurer un bon contrôle de la qualité des eaux affectant les différents usages : prises d’eau, baignade, activités nautiques, vie aquatique, etc. Le manque de temps, de ressources humaines et matérielles ou de connaissances techniques constituent actuellement des freins à l’acquisition des connaissances nécessaires à la prise de décisions.

« Il nous apparaît important d’offrir, avec le CTE, une expertise supplémentaire d’accompagnement aux organisations désireuses d’améliorer la qualité de nos eaux. Cette nouvelle alliance offre une expertise indépendante qui viendra combler un besoin maintes fois énoncé par les groupes de citoyens soucieux d’avoir l’heure juste quant à la qualité de leur plan d’eau, mais surtout d’identifier les pistes d’action qui s’imposent » d’expliquer Alain Saladzius, président de la Fondation Rivières. « Cette entente permettra maintenant à la Fondation Rivières d’accompagner les acteurs de l’eau sur le terrain. Le partenariat avec le CTE établit une base solide à cette fin » souligne-t-il.

« Le CTE est heureux de s’associer avec la Fondation Rivières afin d’offrir à ses chercheurs et professionnels de nouvelles opportunités pour mettre en pratique la multitude de connaissances dans le secteur de l’eau, dont l’expertise pointue en détection de contamination dans les cours d’eau. Il est naturel que les deux organismes s’associent. La mission de la Fondation Rivières rejoint celle du CTE, et nos connaissances mises en commun dans le domaine des eaux usées municipales permettront de contribuer aux recherches » affirme Édith Laflamme, directrice générale du Centre des technologies de l’eau.

Le service d’expertise est offert autant pour les eaux de surface que les eaux de puits. Que ce soit pour un échantillonnage ponctuel ou continu, tant pour des paramètres physico-chimiques que microbiologiques, l’équipe de travail sera en mesure d’établir un plan d’action pour obtenir des données pertinentes et fournir des rapports présentant clairement les résultats obtenus, les constats réalisés et les pistes d’actions correctives aux problèmes identifiés.

La Fondation Rivières est un organisme à but non lucratif qui a pour mission de voir à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel et écologique des rivières, tout autant que de la qualité de l’eau.

Le Centre des technologies de l’eau (CTE) a pour mandat de réaliser des activités de recherche appliquée, d’aide technique et de diffusion de l’information aux entreprises et aux institutions publiques afin de contribuer à l’élaboration et à la réalisation de projets d’innovation et de développement de nouvelles applications technologiques en complémentarité et en partenariat avec d’autres intervenants œuvrant dans son domaine. Il est reconnu par le gouvernement du Québec comme un centre collégial de transfert de technologie (CCTT), rattaché au Cégep de Saint-Laurent.

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Source :

Alain Saladzius, ing., président
514 924-2013, presidence@fondationrivieres.org

Édith Laflamme, ing., directrice générale
514 216-4475, edlaflamme@cteau.com

 

Déversement d’eaux contaminées

La Fondation vient de loger une plainte au ministère de l’Environnement concernant un surprenant déversement d’eaux contaminées à Sainte-Anne-de-Bellevue. Des enfants ont été très surpris par la couleur et le nuage de contamination dans l’eau. Et vous ? Et si un tel déversement se faisait en amont d’une prise d’eau potable ? Les explications du Ministère sont attendues avec impatience. La ville de Montréal a aussi été saisie du dossier.

 

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Le programme Environnement-Plage procure un faux sentiment de sécurité aux baigneurs

Montréal, le 28 juin 2019 – La Fondation Rivières considère le programme Environnement-Plage  de surveillance volontaire de la qualité des eaux de baignade comme étant très déficient, voire dangereux, pour la sécurité des baigneurs. Ce programme ne tient pas compte des risques associés à la présence de sources de contamination, il permet des délais trop importants dans l’obtention des résultats et son adhésion, facultative, permet à certains d’éviter l’échantillonnage des eaux. De plus, il ne respecte pas les standards internationaux, le site web porte à confusion et il engendre des coûts injustifiés.

Ce sont là les principaux éléments qui ont motivé la Fondation Rivières à écrire au ministre de l’Environnement , M. Benoit Charette, pour lui demander de réviser en profondeur ce programme.

Participation volontaire

Le programme actuel encadre l’échantillonnage des plages et la diffusion publique des résultats d’analyses de la qualité bactériologique avec un avis aux médias. Mais il ne concerne que les plages inscrites sur une base volontaire de participation. C’est ainsi le nombre de plages participantes est passé de 425 au milieu des années 1990 à seulement 242 en 2018.

Précisons aussi que l’article 83 de la Loi sur la qualité de l’environnement (RLRQ c Q-2) et l’article 53 du Règlement sur la sécurité dans les bains publics (RLRQ c B-1.1, r 11) mentionnent tout deux l’obligation de fermer un lieu de baignade si une menace pour la santé publique est constatée. Il n’existe cependant pas, dans ces deux documents, de prescription règlementaire pour le suivi des eaux de baignades. Une plage peut ainsi être ouverte au public sans qu’un suivi de la qualité bactériologique ne soit jamais réalisé pour ce site. Des exploitants de plages peuvent ainsi choisir, à tout moment, de cesser le suivi des eaux de baignade si une dégradation de la qualité bactériologique est constatée et qu’ils souhaitent continuer leurs activités. Le public devrait pouvoir choisir de fréquenter une plage ou non, sur une base bien informée, et ce peu importe l’endroit.

Ce programme actuel a tout de même mené à 23 épisodes de fermeture pour 17 plages différentes en 2018 et à 29 épisodes de fermeture pour 23 plages en 2017. Afin de bien assurer la sécurité du public, la participation au programme Environnement-Plage devrait être obligatoire pour l’ensemble des plages publiques, municipales et privées, du Québec.

 Interprétation confuse

Les cotes attribuées aux plages (A, B, C ou D) ne devraient jamais être considérées par le public comme une assurance de sécurité lors d’une visite à la plage. Il ne s’agit que d’un indicateur général basé sur moins de cinq échantillons par été, et, qui plus est, présente le résultat d’échantillons prélevés plus de 24 heures auparavant. Or, le libellé du site internet d’Environnement-Plage indique que le Programme vise à « permettre à la population de profiter de ces lieux, pleinement et en toute quiétude ». Cependant, vu le très long délai de deux à cinq semaines entre les échantillonnages et la variété des sources de pollutions, ce libellé induit un faux sentiment de sécurité. Ce libellé doit être révisé afin de refléter les risques réels et les précautions d’usage lors d’activités de baignades.

Les procédures internationales

Contrairement aux guides produits par Santé Canada, la U.S. E.P.A. et l’OMS, le plus récent Guide d’application du Programme recommande, qu’en deux lignes (voir p.3), de mener une Enquête relative à la sécurité et à l’hygiène du milieu (ESHM) avant chaque saison de baignade, sans fournir de référence ou d’indications spécifiques sur comment effectuer une Enquête sanitaire. Il serait pourtant important de fournir d’avantage d’informations sur le sujet qu’un simple vœu pieu, puisqu’une telle enquête permettrait, selon Santé Canada :

  • de recenser les caractéristiques fondamentales des eaux récréatives;
  • de détecter toute source possible de contamination fécale;
  • de mettre en évidence tout autre danger potentiel pour la qualité de l’eau, qu’il soit de nature physique, chimique ou biologique, ou les sources d’un tel danger, susceptible de représenter un risque pour les usagers des eaux récréatives;
  • d’évaluer l’efficacité des programmes de surveillance et des mesures de gestion des risques en vigueur.

Une ESHM permettrait donc d’identifier, pour toute plage donnée, ses risques potentiels pour le public, des pistes d’amélioration pour son utilisation sécuritaire et à terme, de suivre l’amélioration du contrôle effectué. Actuellement, le programme Environnement-Plage considère uniquement la qualité bactériologique des eaux de baignade, sans considérer les facteurs qui ont une influence sur cette qualité. L’identification et la prise en compte des facteurs pouvant provoquer une détérioration de la qualité des eaux de baignade durant leur utilisation, tel que la densité d’oiseaux ou de chiens sur le site, le ruissellement d’eaux pluviales ou la présence de surverses, permettrait un meilleur contrôle préventif. La notion d’Enquête relative à la sécurité et à l’hygiène du milieu devrait être introduite au Programme Environnement-Plage afin d’améliorer la portée du suivi réalisé et, possiblement, de mettre en place des indicateurs supplémentaires pour le suivi de la qualité des eaux de baignade.

 Surverses d’eaux usées

 Finalement, parmi les principales sources ponctuelles de pollution pouvant affecter la qualité bactériologique des eaux de baignade, les débordements d’eaux usées comptent parmi les plus importantes en termes de risque pour la santé humaine. Comme le fait actuellement la ville de Kingston en Ontario, des alertes de débordements, fournies de manière publique par les administrations municipales à l’aide d’appareils de télémétrie, permettraient de mieux protéger les usagers. Avec un suivi en direct des occurrences de débordements d’eaux usées des ouvrages identifiés dans le cadre d’une ESHM, les fermetures préventives de plages se feraient sur une échelle de temps beaucoup plus courte et représentatives des risques que ne le permet le Programme sous sa forme actuelle. Un système d’alerte en direct des débordements devrait être mis en place pour, entre autre, permettre un meilleur contrôle des plages.

 

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Source :           Alain Saladzius, ing., Président

                        514 924-2013,  presidence@fondationrivieres.org

 

Version téléchargeable de ce communiqué

Lien vers la lettre au Ministre Charette

Lien vers la compilation 2017-2018 des fermetures de plages

Journal de Montréal – Quatre jours pour des analyses d’eau

Photo : Radio-Canada - https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1078280/saint-adolphe-howard-defaite-ligne-hydro-quebec-deboisement

Ligne de transport d’électricité à Saint-Adolphe-d’Howard

Québec prend bien tardivement de « grands » moyens pour forcer Hydro-Québec à cesser de polluer les cours d’eau sur le tracé de la ligne de transport d’électricité en construction à Saint-Adolphe-d’Howard. L’avis préalable envoyé en décembre dernier détaille en 37 pages les multiples infractions à la Loi sur la qualité de l’environnement qu’a encouru l’entrepreneur lors de ses travaux, sous le nez d’Hydro-Québec, qui surveillait le tout. Et il a fallu que des pressions soient exercées pendant des mois sur le MELCC pour que les premiers gestes soient posés. Tel que souligné par Monsieur Alain Saladzius lors d’une entrevue à CIME FM, comment expliquer de telles bévues par une société d’État qui construit des centaines de kilomètres de lignes électriques chaque année? De tels travaux à proximité de cours d’eau sont pourtant monnaie courante au Québec, pays de rivières. Y a-t-il eu des passes-droit? La simple incompétence ne peut justifier la situation chez une société d’État.

L’ordonnance du MELCC remise à Hydro-Québec aujourd’hui demeure bien timide et fort tardive à la veille de la fonte des neiges qui débutera sous peu, entraînant de fortes pressions sur les sols. Le MELCC devrait assurément imposer des méthodes de travail efficaces pour endiguer la pollution appréhendée de façon imminente. Rappelons les pouvoir du ministre dans ce cas :

Article 114 de la Loi sur la qualité de l’environnement :

Lorsqu’une personne ou une municipalité ne respecte pas une disposition de la présente loi, de l’un de ses règlements, d’une autorisation, d’une ordonnance, d’une approbation, d’une attestation, d’une accréditation ou d’une certification délivrée en vertu de ceux-ci, notamment en réalisant des travaux, constructions, ouvrages ou toute autre activité en contravention de l’un d’eux, le ministre peut, aux conditions qu’il fixe, ordonner à cette personne ou municipalité l’une ou plusieurs des mesures suivantes pour remédier à la situation:

1°  cesser, modifier ou limiter l’exercice de l’activité concernée, dans la mesure qu’il détermine;

2°  diminuer ou cesser le rejet de contaminants dans l’environnement, de même qu’installer ou utiliser tout équipement ou appareil nécessaire à cette fin, le cas échéant;

3°  démolir, en tout ou en partie, les travaux, constructions ou ouvrages concernés;

4°  remettre les lieux, en tout ou en partie, dans l’état où ils étaient avant que ne débutent ces travaux, constructions, ouvrages ou autres activités ou dans un état s’en rapprochant;

5°  mettre en œuvre des mesures compensatoires;

6°  prendre toute autre mesure que le ministre estime nécessaire pour corriger la situation.

Le ministre peut également, lorsqu’il l’estime nécessaire pour assurer la surveillance de la qualité de l’environnement, ordonner au propriétaire, au locataire ou à tout autre responsable d’un lieu où se trouve une source de contamination d’installer, dans les délais et à l’endroit qu’il désigne, toute catégorie ou type d’équipements ou d’appareils aux fins de mesurer la concentration, la qualité ou la quantité de tout contaminant et obliger le responsable à transmettre les données recueillies selon les modalités qu’il détermine.

Le ministre peut en outre ordonner au propriétaire, au locataire ou à tout autre responsable d’un lieu où se trouve une source de contamination d’installer les ouvrages qu’il juge nécessaires, dans les délais et à l’endroit qu’il désigne, pour lui permettre le prélèvement d’échantillons, l’analyse de toute source de contamination ou l’installation de tout équipement ou appareil décrit au deuxième alinéa et l’obliger à transmettre les données recueillies selon les modalités qu’il détermine.

Bref historique :

Dépôt de l’avis d’ordonnance (décembre 2018)
Article du Devoir
Article de CIME FM

Dépôt de l’ordonnance (février 2019)
Article du Devoir
Article de CIME FM
Annonce en direct du Ministre Charette (Facebook)
Communiqué de presse officiel du MELCC

Image obtenue sur le site : https://coursproblematique.blogspot.com/2014/10/une-bouteille-de-vin-quel-prix.html

POUR UN VRAI RECYCLAGE DU VERRE AU QUÉBEC

Avec la récente sortie de la Communauté métropolitaine de Montréal pour la
consignation des bouteilles de la Société des alcools du Québec (SAQ) et le
lancement du mouvement citoyen SAQ Consigne, le gouvernement Legault entre
de plain-pied dans un débat qui anime le Québec depuis une vingtaine d’années.
Il faut y voir pour lui l’occasion de se démarquer, là où les précédents
gouvernements ont échoué, et de mettre un terme à une aberration
environnementale qui perdure depuis déjà bien trop longtemps.

Si effectivement 87 % des bouteilles de la SAQ sont récupérées, il faut savoir que
récupérer ne veut pas dire recycler. Il faut surtout savoir qu’aucune bouteille parmi
les quelque 220 millions vendues annuellement par notre société d’État, n’est en
fait recyclée, refondue, sous forme de nouveaux contenants de verre.

La plus grande partie du verre récupéré par la collecte sélective municipale, notre
bac de récupération, finit sa vie dans nos dépotoirs, sous une forme ou sous une
autre (recouvrement journalier ou carrément éliminé). C’est un fait. L’autre partie,
dont les quantités restent à être validées de façon indépendante, sert à des fins
d’abrasifs ou d’ajout cimentaire, principalement dans du mobilier urbain. Et ce,
dans des initiatives qui sont majoritairement appuyées ou financées par la SAQ
elle-même. Ceci lui permet d’affirmer que des débouchés existent pour le verre
qui sort de nos bacs de récupération, pour nous dire que finalement, rien ne doit
être changé.

Même si le verre est un contaminant pour les autres matières recyclables et que
la dernière crise du recyclage a démontré les limites de son efficacité, la collecte
sélective municipale demeure avantageuse pour certains producteurs, dont la
SAQ. Il n’existe effectivement aucun moyen d’en mesurer sa réelle performance
environnementale, encore moins son bilan carbone. Il n’existe de surcroît aucun
mécanisme de suivi, aucune traçabilité, une fois que les matières recyclables sont
récupérées en bordure de rue. De plus, la gestion et la reddition de comptes
découlant à ce système de récupération sont la responsabilité des municipalités.

En s’opposant à l’instauration de la consigne sur ses produits, la SAQ agit à
l’encontre de l’intérêt public, de l’environnement et de l’économie. Implanté de la
bonne façon, un système de consigne sur les bouteilles de vin et de spiritueux ne
coûterait rien à l’État. Il permettrait surtout à une des plus grosses fonderies de
verre, ici-même au Québec, de cesser d’importer sa matière première de
provinces ou d’états américains où il existe une consigne sur ces contenants ; la
qualité du verre récupéré par la consigne permettant sa refonte. Les marchés pour
le recyclage du verre en verre existent donc au Québec, mais notre système de
récupération actuel est incapable de les approvisionner en matière première de
qualité, ce qui est en soit contre toute logique, et un immense gaspillage d’argent
et de ressources.

L’objectif d’une consigne sur les bouteilles de la SAQ est bien sûr la refonte de
cette matière pour fabriquer d’autres contenants de verre. Toutefois, pour les
dizaines de millions de litres de vin importés en vrac et embouteillés ici, des
bouteilles réutilisables pourraient être envisagées, ce que seul permet, encore une
fois, un système de consigne.

Il est impératif de revoir et de bonifier nos modes de récupération, notamment en
instaurant une consigne sur les bouteilles de vins et de spiritueux vendues par
notre société des alcools du Québec. Il faut cesser de les mettre en opposition,
mais plutôt miser sur leurs complémentarités. Il faut surtout mettre fin aux débats
stériles et improductifs que ce dossier suscite. Le statu quo n’est plus une option.

Signataires :

Eau Secours
ENvironnement JEUnesse
Équiterre
Fondation David Suzuki
Fondation Rivières
Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets
Greenpeace
Nature Québec
Regroupement des éco-quartiers
Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec
Réseau québécois des groupes écologistes
Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec)

23 janvier 2019

Lettre ouverte en format PDF

La Fondation Rivières appuie cette lettre ouverte puisque le sable, matière première dans la fabrication du verre, est extraite massivement des plages pour alimenter cette industrie. De plus, la réduction à la source du volume de verre envoyé à l’enfouissement peut réduire les impacts des sites d’enfouissements techniques sur les cours d’eau et plans d’eau du territoire.