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Mine du Lac Bloom : Le BAPE rejette le projet !

Mine du Lac Bloom : Le BAPE rejette le projet proposé, Québec doit exiger des solutions pour empêcher la destruction des lacs

Des organismes environnementaux accueillent favorablement les conclusions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) selon lesquelles la minière Champion Iron doit refaire ses devoirs afin d’éviter la destruction de lacs entraînée par le stockage de résidus miniers à la mine Lac Bloom. Les organismes demandent à Québec de suivre toutes les recommandations du BAPE et d’exiger de la minière qu’elle mette en place des solutions de rechange.

« Le BAPE donne raison aux nombreux citoyens, experts et organismes qui sont intervenus lors des consultations publiques. Québec doit exiger des solutions de rechange pour empêcher la destruction des milieux humides et hydriques, sans quoi le projet ne peut pas aller de l’avant », insiste Rébecca Pétrin d’Eau Secours.

Dans un rapport sévère publié ce matin, le BAPE rejette le projet et conclut que « le projet ne soit pas autorisé tel que présenté ». Le BAPE est d’avis que le promoteur dispose de « suffisamment de temps » pour mener « des études additionnelles nécessaires à la révision des solutions de rechange ».

Le BAPE constate que le promoteur « a fait des choix discutables » et « qu’il pourrait être techniquement et économiquement faisable de remblayer l’excès de résidus miniers grossiers dans la fosse ». Ugo Lapointe de la Coalition Québec meilleure mine et coordonnateur à MiningWatch Canada précise : « Cette méthode est déjà en application dans d’autres mines. Elle permettrait de réduire l’empreinte du projet et d’éviter de détruire des lacs et des cours d’eau ».

Le promoteur propose actuellement de détruire huit lacs et de nombreux milieux humides pour stocker des millions de tonnes de résidus miniers, dont un lac de 88 hectares. Le BAPE constate « qu’aucun autre projet » au Québec n’a causé la perte d’un lac « de cette ampleur ».

Bien que « rien n’interdit formellement l’utilisation des lacs, des cours d’eau ou des milieux humides pour le stockage de résidus miniers, tant dans les lois du Québec que du Canada », le BAPE conclut que « les deux paliers de gouvernement n’encouragent pas cette pratique » et qu’ils ne peuvent l’autoriser que « lorsqu’aucune autre solution n’est envisageable ». André Bélanger de Fondation Rivières explique : « Ce n’est clairement pas le cas ici et Québec doit non seulement exiger des solutions de rechange, mais également renforcer ses propres règlements pour interdire cette pratique au Québec ».

Alice-Anne Simard de Nature Québec conclut : « Québec ne doit pas être à la remorque du fédéral. Nous sommes totalement d’accord avec la recommandation du BAPE pour que Québec se dote de son propre guide d’évaluation des solutions de rechange pour l’entreposage des résidus miniers. Québec doit également transformer sa simple directive environnementale en un règlement qui a force de loi. Il faut clairement interdire l’utilisation de lacs, de rivières et d’autres milieux hydriques pour le stockage de résidus miniers au Québec ».

Signataires:

Eau Secours

Équiterre

Fondation Rivières

Mères au front

MiningWatch Canada

Nature Québec

Québec meilleure mine

Regroupement vigilance mines de l’Abitibi-Témiscamingue

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Avis juridique sur la mine du Lac Bloom : Québec a le pouvoir d’empêcher la destruction des lacs

Alors que s’ouvrent aujourd’hui les audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) portant sur le projet d’agrandissement de la mine Lac Bloom, les organismes Eau Secours, Fondation Rivières et Québec meilleure mine dévoilent une nouvelle étude et un avis juridique qui démontrent clairement que Québec a le pouvoir légal de refuser que soient transformés en poubelles à résidus miniers les 8 lacs ciblés par Champion Iron.

Contrairement à ce que prétend l’initiateur du projet, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) ainsi que le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) disposent de tous les pouvoirs légaux, en vertu de la Loi sur qualité de l’environnement et de la Loi sur les mines, pour interdire la destruction de milieux naturels et exiger des solutions de rechange.

En effet, la Loi sur les mines du Québec dans son préambule rappelle « qu’il est nécessaire d’assurer un développement minéral respectueux de l’environnement » tandis que l’article 17 précise que le développement minier doit se faire  « dans une perspective de développement durable  ». À ce titre « le principe de l’utilisation optimale des ressources minérales n’a pas préséance sur la protection de l’environnement », comme semble le prétendre le promoteur minier.

Ces assises juridiques permettent à Me Marc Bishai de la firme Bélanger Avocats Inc., de soutenir, dans un avis officiel, que la volonté de détruire des lacs et autres milieux humides et hydriques annoncée par la compagnie minière constitue « un motif raisonnable » pour le gouvernement du Québec de refuser le projet, d’obliger sa modification ou « d’imposer des mesures importantes » visant à protéger l’environnement.

Une étude réalisée par le Dr. Steve H. Emerman de Malach Consulting conclut par ailleurs qu’il serait techniquement et économiquement possible pour le promoteur de retourner une partie des résidus miniers dans les fosses excavées pour éviter la destruction permanente et irréversible des lacs et des écosystèmes aquatiques, tout en réduisant les risques de déversements miniers occasionnés par des bris de digues. Toujours selon l’auteur, la double affirmation du promoteur selon laquelle il y aurait des ressources additionnelles possiblement exploitables et que l’on doit laisser 100% de la fosse ouverte à cet effet est contredite par les études actuelles et contrevient aux normes réglementaires des autorités mobilières.

En conséquence, Québec meilleure mine, Eau Secours et Fondation Rivières demandent au gouvernement du Québec d’exiger que Champion Iron dépose des nouvelles études techniques, financières et environnementales qui rencontrent les normes réglementaires des autorités mobilières, en incluant des analyses coûts-bénéfices de divers scénarios de remblaiement partiel des fosses pour éviter la destruction des lacs. Les organismes souhaitent également que Québec clarifie ses pouvoirs en interdisant, dans un règlement, la destruction de lacs et de rivières pour l’entreposage de résidus miniers au Québec . Ils présenteront leurs mémoires devant le BAPE cette semaine.

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Pour informations :

André Bélanger, Fondation Rivières, c. 514 295-1194

Ugo Lapointe, Québec meilleure mine et MiningWatch Canada, c. 514 708-0134

Rébecca Pétrin, Eau Secours, c. 514 246-9075

 

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Lacs menacés par une mine : Une coalition appelle Québec à agir

Montréal, le 13 août 2020 Une coalition d’organismes citoyens et environnementaux appelle Québec à agir pour prévenir la destruction de 8 lacs et d’une dizaine de cours d’eau pour l’entreposage de déchets miniers à la mine Lac Bloom, dans le nord du Québec.

Dans une lettre acheminée en début de semaine au ministre de l’Environnement, Monsieur Benoît Charette, les organismes affirment que le projet de la minière australienne Champion Iron est inacceptable dans sa forme actuelle. Ils craignent un dangereux précédent, alors que d’autres solutions existent.

Ils appellent Québec à exiger des modifications au projet et à maintenir sa position historique d’interdire le remplissage de lacs pour l’entreposage de déchets miniers sur son territoire. Les organismes appréhendent également des déversements de résidus miniers, la contamination de l’eau et les impacts sur la biodiversité. Le projet vise à disposer, à perpétuité, de 872 millions de tonnes de déchets miniers additionnels, soit près du triple du volume autorisé en vertu du permis actuel.

Retourner les résidus dans les fosses excavées

«Québec doit exiger de bonnes pratiques environnementales, notamment le remblaiement complet des fosses à ciel ouvert pour réduire l’empreinte en surface. Cela permettrait d’éviter la destruction de lacs et réduirait d’autant les risques de déversements accidentels», affirme Ugo Lapointe, cofondateur de la Coalition Québec meilleure mine et coordonnateur à MiningWatch Canada.

Le remplissage des fosses minières est une pratique de plus en plus répandue au Québec et à l’international. Les organismes dénoncent le refus actuel du promoteur de considérer cette avenue sur la base de considérations techniques et économiques. Ils lui demandent de reconsidérer cette position. Ils appellent Québec à exiger de nouvelles études détaillées pour des scénarios d’entreposage des résidus dans les fosses. Ils demandent que ces études, fondamentales, soient déposées avant la tenue d’un BAPE.

Rébecca Pétrin d’Eau Secours: « Aucune marge de profit ne justifie de sacrifier les lacs pour y déposer des déchets miniers. Québec doit intervenir pour interdire clairement ce type de pratique sur son territoire ».

«Québec doit aussi exiger le traitement complet des eaux usées en visant les objectifs de protection environnementale adaptés au milieu et aux technologies disponibles, et évidemment interdire la dilution de polluants dans les eaux naturelles», insiste Marc Fafard de SISUR, à Sept-Îles, et actuel président de l’Organisme de bassins versants Duplessis.

Les citoyens et les organismes ont jusqu’au lundi 24 août 2020, pour acheminer leur demande d’examen de ce projet par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement du Québec. Les organismes signataires de la lettre en ont déjà fait la demande.

Les organismes signataires incluent notamment: la Coalition Québec meilleure mine, Eau Secours, Fondation Rivières, Fondation David Suzuki, Greenpeace Canada, MiningWatch Canada, Nature Québec, Regroupement vigilance mines de l’Abitibi-Témiscamingue, SISUR à Sept-Îles et la Société pour la nature et les parcs (SNAP-Québec).

Pour information :

Rébecca Pétrin, Eau Secours, 514-246-9075

Alain Saladzius, Fondation Rivières, 514 924-2013

Marc Fafard, SISUR à Sept-Îles, 418-961-3517

Diego Creimer, Fondation David Suzuki, 514-999-6743

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Source :

Charlotte Leblanc-Marquis
Stagiaire en communication
c. 428 874-1205