Barrage hydroélectrique Daniel-Johnson

Construire des barrages pour exporter? Le mirage hydroélectrique

Le Québec devra augmenter sa capacité de production électrique de 65% d’ici 2050, soit l’équivalent de 17 complexes hydroélectriques similaires à celui de la Romaine, afin d’atteindre la carboneutralité, nous apprenait Le Devoir. Même si Hydro-Québec mise sur l’éolien et le solaire, elle exclut pas de réaliser de nouveaux barrages.

Inquiétante, cette ouverture à de nouveaux projets de barrages… Bien qu’aucun projet majeur ne soit en vue pour l’instant, les répercussions sont tout de même à redouter, surtout en ce qui concerne les projets de protection de nos cours d’eau. Il est impératif de tempérer l’engouement pour l’augmentation de la production d’hydroélectricité sans la prise en compte des impacts sur les milieux naturels.

« La solution pour respecter les engagements face aux changements climatiques ne passe assurément pas par l’aménagement de toutes les rivières et de tous les ruisseaux du Québec »

Alain Saladzius, président de Fondation Rivières

Un contrat d’exportation électrique risqué

Le contrat d’exportation des surplus d’électricité à la ville de New York apparaît également intéressant sur le plan environnemental s’il permet d’éliminer de la production à partir de charbon.

Mais cette production au charbon ne sera-t-elle déplacée ou simplement revendue ailleurs aux États-Unis? Quel sera le bénéfice économique final une fois le prix de vente connu, moins les ventes actuelles sur le marché court terme? En effet, il est peu probable que ce contrat apporte les 20 milliards de dollars escomptés au Québec, puisqu’on exporte déjà cette électricité sur le marché libre. De plus, le bas prix de l’hydroélectricité québécoise est grandement influencé par celle du barrage aux chutes Churchill, que l’on achète à 0,5 cent/kilowattheure de Terre-Neuve-et-Labrador.

Sera-t-il donc nécessaire de construire de nouveaux barrages coûteux au Québec bientôt? Méfions-nous du mirage de la construction de barrages hydroélectriques comme étant la solution aux changements climatiques, puisqu’elle n’est qu’une goutte d’eau parmi tant d’autres telles que l’énergie éolienne ou solaire. Toute nouvelle production a ses conséquences environnementales.

Pour en savoir plus sur l’expédition de Laura et Yasmine sur la rivière Moisie

Hydro-Québec n’aurait pas besoin de la puissance de la centrale de Bécancour

Communiqué de presse – L’analyse du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ) – dont fait partie la Fondation Rivières – de la preuve d’Hydro-Québec dans le dossier tarifaire annuel en cours à la Régie de l’énergie révèle un revirement drastique de l’évaluation par la société d’État des besoins en puissance. Hydro-Québec aurait besoin, aujourd’hui, de 945 MW de moins que ce qu’elle avait prévu alors qu’elle tentait de faire approuver ses ententes avec TransCanada Energy et Gaz Métro. En effet, pour l’année 2016-2017, Hydro-Québec prévoyait en 2015 nécessiter 38 575 MW, alors qu’en 2016, elle prévoit finalement n’avoir besoin que de 37 630 MW. La centrale thermique de TransCanada à Bécancour devait être mise à contribution et produire 325 MW durant l’hiver 2016-2017 et 570 MW les années suivantes. Le ROEÉ constate que cette dépense aurait été inutile, à tout le moins cet hiver et peut-être aussi les années suivantes, puisque le bilan en puissance de l’entreprise est suffisant pour répondre à la demande.

Centrale hydroélectrique sur la 11e chute de la rivière Mistassini : l’autorisation ne repose que sur des déclarations d’intentions

Communiqué de presse – La Fondation Rivières dénonce l’autorisation gouvernementale de construire une centrale hydroélectrique sur la 11e chute de la rivière Mistassini au Lac-Saint-Jean, dans le comté du premier ministre Couillard. Le gouvernement ferme ainsi délibérément les yeux sur une multitude de conséquences de même que sur la gestion occulte de la Société de l’énergie communautaire du Lac-Saint-Jean (SECLSJ) qui pilote le dossier. D’importantes conclusions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) n’ont pas été prises en compte et l’analyse gouvernementale est erronée quant aux retombées économiques réelles du projet.