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Relance de minicentrales : Le gouvernement Legault renie ses déclarations

Le gouvernement Legault fait preuve d’incohérence en matière économique avec le feu vert donné à Hydro-Québec au projet Manouane Sipi par la signature d’un contrat d’achat d’électricité le 15 février 2019.

Ce projet occasionnera des pertes estimées à 6 M$ par année. L’achat d’électricité sera à 8,5 cents/kWh au début, avec un coût moyen de 11 cents/kWh sur les 20 années du contrat, à cause d’une indexation automatique prévue de 2,5 % par année. Or, Hydro vend ses surplus d’électricité à moins de 5 cents/kWh sur le marché américain. De plus, ses énormes surplus perdureront pour une durée indéterminée. Des déversements d’eaux aux barrages, d’une valeur de 500 M$, ont été nécessaires en 2018 (10 TWh déversés à 5 cents/KWh). Aux coûts de production d’électricité s’ajoutent ceux de son transport et de sa distribution, lesquels représentent aussi des millions de dollars annuellement.

Le gouvernement Legault balaie ainsi sous le tapis une multitude de déclarations indiquant son opposition aux projets déficitaires. Le premier ministre François Legault a pourtant participé, avec Québec solidaire représenté par Amir Khadir, à une conférence de presse le 14 février 2013 pour dénoncer de tels projets : «Appelons un chat un chat. C’est une façon déguisée avec un projet non rentable d’aller donner une subvention à des autorités municipales ou des MRC qui en ont peut-être besoin, mais pourquoi aller faire un projet qui va faire perdre à l’ensemble des Québécois des dizaines de millions de dollars?» déclarait-il. Un an plus tard, le 27 mai 2014, il interpellait le premier ministre Philippe Couillard par communiqué de presse : « J’imagine que le premier ministre a fait réaliser une analyse des coûts et des revenus anticipés avec les projets de mini-centrales. Est-ce que le premier ministre peut nous dire à combien s’élèvera la facture pour les contribuables afin de subventionner ses mini-centrales ?». À l’Assemblée nationale, il a qualifié ces projets de « coûteux et illogiques d’un point de vue économique » pour les contribuables.

De surcroît, le gouvernement et Hydro-Québec ont la légitimité d’annuler de tels projets, comme l’avait fait le gouvernement Marois en 2013, ou d’en réviser les conditions compte tenu des retards cumulés à ce jour. Les conditions du marché, maintenant 15 ans plus tard avec une mise en service en 2024, sont très différentes de celles qui prévalaient lors de l’élaboration du programme en 2009. En ce qui concerne plus spécifiquement le projet Manouane Sipi, la Fondation Rivières souligne que le projet causera un assèchement quasi complet d’environ 4 kilomètres de la rivière Manouane. Cet assèchement a pour but d’augmenter les profits en turbinant davantage les eaux. D’autre part, la Fondation Rivières demande la divulgation du contrat avec la société Kruger Énergie et des calculs de rentabilité. Ceux-ci sont faussement établis sur 40 ans alors que le contrat mentionne que le prix pour la deuxième période de 20 ans sera établi « aux conditions qui auront alors été fixées par le Distributeur », Hydro-Québec.

La Fondation Rivières demande conséquemment à ce que la Société en commandite Manouane Sipi et sa compagnie constituante privée 9228-4348 QUÉBEC INC soient assujetties aux règles d’accès à l’information des organismes publics, que des règles d’appel d’offres publics s’appliquent, et que les estimations de coûts et calculs de rentabilité soient rigoureusement analysés de façon indépendante.

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Source : Alain Saladzius, ing., Président
514 924-2013, presidence@fondationrivieres.org

 

 

Activité de rafting sur la rivière Rouge. Crédit photo : Propulsion Rafting

Vente d’un terrain patrimonial en bordure de la rivière Rouge

La Fondation Rivières a appris qu’Hydro-Québec veut vendre ses terrains en bordure de la rivière Rouge, des terrains permettant un accès à la rivière et qui ont conservé leur caractère naturel jusqu’à ce jour. La vente de ces terrains mettrait fin à la protection du milieu et aux activités de raftings dans cette rivière, qui est un lieu exceptionnel de contact récréatif.

La Fondation Rivières souhaite préserver ces accès à la rivière Rouge. Pour se faire, une lettre a été envoyée à Éric Martel, le pdg d’Hydro-Québec, pour lui demander de reconsidérer cette vente et de s’engager à conserver les dernières rivières naturelles que possède l’entreprise d’État. Un communiqué de presse a aussi été transmis aux médias et les acteurs locaux ont été contactés afin de collaborer sur ce dossier.

 


[1] : (Vidéo) Hydro-Québec veut vendre des terrains utilisés pour le rafting – Radio-Canada

[2] : Hydro-Québec mettrait en péril le rafting sur la rivière Rouge – Radio-Canada

[3] : La vente d’un terrain d’Hydro met en péril l’industrie du rafting – La Presse

[4] : Top 10 des rivières au Québec – Québec Aventure Plein Air

[5] : Activités en plein air de rafting et tubing au Québec – Trip Advisor Canada

Barrage Manic-5, 2007

L’efficacité énergétique: LE CHOIX QUI S’IMPOSE

Lettre ouverte
Pour diffusion immédiate

L’efficacité énergétique:
LE CHOIX QUI S’IMPOSE
Montréal, 21 mars 2019

Monsieur Legault,

À titre de citoyens et chefs de file en énergie et en environnement de la société civile, nous souhaitons vous interpeler afin que soit priorisée l’efficacité énergétique.

Vous rêvez de barrages, ces ouvrages qui ont construit le Québec moderne, nous aimerions vous convaincre de rêver plutôt efficacité énergétique et de travailler à construire la prochaine grande fierté du Québec. Nous vous assurons de notre collaboration pour fournir une réponse verte et pratique. Par ailleurs, nous soulignons que nous sommes préoccupés, comme vous, par le devoir de s’assurer que les dépenses en efficacité énergétique produisent les résultats escomptés.

L’efficacité énergétique est moins chère, plus durable, plus porteuse et plus agile que le développement de petits ou de grands barrages et la multiplication d’énormes lignes de transport dans les régions et paysages agricoles, récréotouristiques et naturels. Elle permet en plus la création durable de la richesse, d’emplois stables, payants et à long terme, elle est le choix qui s’impose.

En ce premier mandat, la pression environnementale est forte, et celle de marquer votre époque du sceau du changement l’est tout autant. Faites d’une pierre deux coups : travaillez à la réduction de la consommation énergétique des Québécois tout en augmentant la performance de notre économie et notre niveau de vie et bénéficiez d’un surplus trois fois plus rentable que la production du barrage La Romaine. À l’heure actuelle, l’électricité que nous évitons de consommer est moins chère que tout autre nouveau projet, il s’agit donc du choix qui maximisera le bénéfice réalisé sur nos exportations.

Nous représentons des groupes environnementaux qui, depuis 1997, s’unissent sous la bannière du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ) afin de défendre l’environnement dans les enjeux énergétiques. Ensemble, nous réunissons plus de 62 000 membres et sympathisants. Nous souhaitons un Québec faible en carbone et fort d’une planification intégrée de ses ressources, et priorisons la réduction de la consommation énergétique à toute production, même de source renouvelable. De plus, nous militons pour une régulation transparente, rigoureuse et publique par la Régie de l’énergie.

Monsieur Legault, nous vous invitons à marquer votre époque avec audace et vision, en priorisant l’efficacité énergétique à toute forme de nouvelle production d’énergie, et en faisant du Québec un chef de file d’une économie résolument tournée vers l’avenir. Nous profitons aussi de l’occasion pour vous rappeler la valeur de nos milieux naturels, bien au-delà des calculs économiques de court terme.

Signataires :
Christian Simard, directeur général, Nature Québec
Alain Saladzius, président, Fondation Rivières
Marianne Papillon, présidente, Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale (AMSÉE)
Emmanuel Cosgrove, directeur général, Écohabitation
Gordon Edwards, président, Regroupement pour la surveillance du nucléaire
Jean Plamondon, président, Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK)
Bruno Detuncq, coordonnateur région Montréal, Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec (RVHQ)

c. c. :
Monsieur Jonatan Julien, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles
Monsieur Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Pour renseignements:
Laurence Leduc-Primeau, coordonnatrice du regroupement 514 699-9664
coordo.roee@gmail.com
Photo : Radio-Canada - https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1078280/saint-adolphe-howard-defaite-ligne-hydro-quebec-deboisement

Ligne de transport d’électricité à Saint-Adolphe-d’Howard

Québec prend bien tardivement de « grands » moyens pour forcer Hydro-Québec à cesser de polluer les cours d’eau sur le tracé de la ligne de transport d’électricité en construction à Saint-Adolphe-d’Howard. L’avis préalable envoyé en décembre dernier détaille en 37 pages les multiples infractions à la Loi sur la qualité de l’environnement qu’a encouru l’entrepreneur lors de ses travaux, sous le nez d’Hydro-Québec, qui surveillait le tout. Et il a fallu que des pressions soient exercées pendant des mois sur le MELCC pour que les premiers gestes soient posés. Tel que souligné par Monsieur Alain Saladzius lors d’une entrevue à CIME FM, comment expliquer de telles bévues par une société d’État qui construit des centaines de kilomètres de lignes électriques chaque année? De tels travaux à proximité de cours d’eau sont pourtant monnaie courante au Québec, pays de rivières. Y a-t-il eu des passes-droit? La simple incompétence ne peut justifier la situation chez une société d’État.

L’ordonnance du MELCC remise à Hydro-Québec aujourd’hui demeure bien timide et fort tardive à la veille de la fonte des neiges qui débutera sous peu, entraînant de fortes pressions sur les sols. Le MELCC devrait assurément imposer des méthodes de travail efficaces pour endiguer la pollution appréhendée de façon imminente. Rappelons les pouvoir du ministre dans ce cas :

Article 114 de la Loi sur la qualité de l’environnement :

Lorsqu’une personne ou une municipalité ne respecte pas une disposition de la présente loi, de l’un de ses règlements, d’une autorisation, d’une ordonnance, d’une approbation, d’une attestation, d’une accréditation ou d’une certification délivrée en vertu de ceux-ci, notamment en réalisant des travaux, constructions, ouvrages ou toute autre activité en contravention de l’un d’eux, le ministre peut, aux conditions qu’il fixe, ordonner à cette personne ou municipalité l’une ou plusieurs des mesures suivantes pour remédier à la situation:

1°  cesser, modifier ou limiter l’exercice de l’activité concernée, dans la mesure qu’il détermine;

2°  diminuer ou cesser le rejet de contaminants dans l’environnement, de même qu’installer ou utiliser tout équipement ou appareil nécessaire à cette fin, le cas échéant;

3°  démolir, en tout ou en partie, les travaux, constructions ou ouvrages concernés;

4°  remettre les lieux, en tout ou en partie, dans l’état où ils étaient avant que ne débutent ces travaux, constructions, ouvrages ou autres activités ou dans un état s’en rapprochant;

5°  mettre en œuvre des mesures compensatoires;

6°  prendre toute autre mesure que le ministre estime nécessaire pour corriger la situation.

Le ministre peut également, lorsqu’il l’estime nécessaire pour assurer la surveillance de la qualité de l’environnement, ordonner au propriétaire, au locataire ou à tout autre responsable d’un lieu où se trouve une source de contamination d’installer, dans les délais et à l’endroit qu’il désigne, toute catégorie ou type d’équipements ou d’appareils aux fins de mesurer la concentration, la qualité ou la quantité de tout contaminant et obliger le responsable à transmettre les données recueillies selon les modalités qu’il détermine.

Le ministre peut en outre ordonner au propriétaire, au locataire ou à tout autre responsable d’un lieu où se trouve une source de contamination d’installer les ouvrages qu’il juge nécessaires, dans les délais et à l’endroit qu’il désigne, pour lui permettre le prélèvement d’échantillons, l’analyse de toute source de contamination ou l’installation de tout équipement ou appareil décrit au deuxième alinéa et l’obliger à transmettre les données recueillies selon les modalités qu’il détermine.

Bref historique :

Dépôt de l’avis d’ordonnance (décembre 2018)
Article du Devoir
Article de CIME FM

Dépôt de l’ordonnance (février 2019)
Article du Devoir
Article de CIME FM
Annonce en direct du Ministre Charette (Facebook)
Communiqué de presse officiel du MELCC