Eaux-polluees

Des dépôts à neige intoxiquent nos rivières

Des images captées par des citoyens depuis deux jours à Longueuil et diffusées sur les réseaux sociaux montrent une eau polluée sortant d’un bassin de décantation de la Ville. L’émissaire s’écoule directement dans un ruisseau d’une eau limpide, dans le boisé du Tremblay, un refuge faunique d’importance de la rainette faux-grillon au Québec. Des grenouilles et des poissons morts y ont été observés et un silence complet régnait alors qu’en temps normal le cri des rainettes se fait entendre en pleine saison printanière. La Fondation Rivières demande au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de revoir les autorisations émises par son ministère et qui font en sorte que des dépôts à neige laissent s’écouler des panaches de pollution dans les cours d’eau. 

Pour M. Patrick R. Bourgeois qui s’est rendu sur le site pour vérifier l’origine de la contamination, « On ne peut tolérer qu’un dépôt à neige, montagne de pollution s’il en est une, s’écoule dans une réserve faunique, tuant les rainettes faux-grillon au passage. Il est plus que temps de revoir la gestion de ces dépôts. J’ai filmé ce que le commun des citoyens n’aurait jamais vu, en plus des cours industrielles et des déchets jusqu’en rive, sans qu’aucune limite de protection ne soit respectée. Un saccage environnemental dans ce qui devrait être un paradis faunique » déclare-t-il.

Selon la Fondation Rivières, les normes gouvernementales doivent être révisées et tenir compte de la fragilité de certains milieux. De simples bassins de décantation, trop petits de surcroît, ne  permettent que d’enlever le sable. De nombreux autres contaminants (chlorures, sels, métaux, huiles et graisses, microplastiques, etc.) provenant des neiges souillées s’échappent ainsi jusqu’aux cours d’eau. Les normes sont les mêmes peu importe le milieu récepteur, un non-sens. La Fondation a d’ailleurs porté plainte au ministère de l’Environnement en juillet 2018 dans un dossier similaire situé en bordure de la rivière Magog. Les analyses obtenues affichaient des dépassements majeurs des matières en suspension. Le Ministère aurait alors entrepris un suivi plus serré de l’exploitation du site sans toutefois resserrer les normes environnementales du site.

Pour Alain Saladzius, ingénieur et président de la Fondation Rivières, « le traitement des eaux fortement polluées qui sortent des dépôts à neige doit être amélioré. Les critères de conception sont trop faibles et ne tiennent pas compte du milieu récepteur. Des tests de toxicité devraient être applicables car des mortalités de poissons ont été constatées. Cette année la rapidité de la fonte des neiges nous rappelle que les changements climatiques occasionnent des bouleversements dont il faut maintenant tenir compte » conclut-il. 

L’ancien maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, confirme « J’ai été témoin de cette aberration pendant des années, le ministère de l’Environnement nous autorisait à déverser les eaux du dépôt à neige dans un cour d’eau verbalisé qui se jetait dans la rivière Châteauguay. C’était totalement incohérent, mais sur le prétexte de manque de fonds, tout est acceptable. C’est extrêmement gênant.»

Vidéo du cours d’eau contaminé :

https://www.facebook.com/patrick.bourgeois.37/videos/10224860618205389

Vidéo du dépôt à neige :

https://www.facebook.com/patrick.bourgeois.37/videos/10224882276626836

Plainte de la Fondation Rivières concernant le dépôt à neige de Magog 2018
https://fondationrivieres.org/wp-content/uploads/2021/04/2018-07-17-FR-Depot-neige-Magog-Plainte-au-MDDELCC-1.pdf

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Projet-pilote de surveillance en continu de la qualité de l’eau de la rivière L’Assomption

Montréal, le 2 septembre 2020 – La Fondation Rivières et la Ville de L’Assomption réalisent actuellement une étude inédite pour mesurer les impacts des surverses d’eaux usées et d’autres sources de pollution sur la qualité bactériologique de l’eau à la prise d’eau potable municipale et sur l’aire de détente du parc Léo-Jacques ; toutes deux situées sur les rives de la rivière L’Assomption, à L’Assomption.

Contexte

Comme des centaines de municipalités au Québec, la Ville de L’Assomption s’approvisionne en eau dans une rivière. Or, on y constate la présence de contaminants, notamment d’origine fécale, qui proviennent de l’amont de la rivière. Ces contaminants sont bien sûr éliminés par l’usine d’eau potable de la Ville, mais plusieurs citoyens profitent d’une aire de détente en bordure de la rivière pour se baigner durant l’été et la Ville veut s’assurer de la sécurité des baigneurs. « Nous souhaitons connaître avec plus de précision et de rapidité la variation des concentrations des contaminants dans le temps, mais également les sources de pollution qui affectent la qualité de l’eau à notre prise d’eau potable. » – Sébastien Nadeau, maire de la Ville de L’Assomption

En réponse à ces préoccupations, la Fondation Rivières a développé un projet de surveillance en continu de la présence de coliformes fécaux afin de permettre une gestion efficace des risques. La détection rapide des pointes de contamination bactériologique permettra ainsi aux opérateurs de l’usine de filtration de réagir plus rapidement en cas de situation anormale.

Le projet

Le projet consiste à effectuer des analyses de manière automatisée à des intervalles variant de 30 minutes à quatre heures selon les conditions observées. Celles-ci sont réalisées avec un appareil ColiMinder déployé dans l’usine qui permet de détecter en 15 minutes la présence et la quantité de E.Coli dans l’eau. Les résultats sont ensuite transmis en temps réel sur le Web et aux opérateurs de l’usine de traitement d’eau potable qui peuvent déclencher d’autres prélèvements pour des analyses supplémentaires plus poussées. Quatre partenaires participent au projet: la Ville de L’Assomption, Nordikeau, la Fondation Rivières et l’École Polytechnique de Montréal, qui fournit gracieusement un appareil ColiMinder et des conseils scientifiques. La Fondation Rivières peut ainsi effectuer un suivi en temps réel de la qualité bactériologique de l’eau au point de captage.

« Dès que l’appareil ColiMinder a détecté un cas de contamination élevée, notre équipe est dépêchée pour prélever des échantillons d’eau à des endroits stratégiques en remontant la rivière vers l’amont. Ces prélèvements sont ensuite soumis à l’analyse ColiMinder qui détectera en 15 minutes la qualité bactériologique ce qui permet dès lors de dépister l’origine des sources de pollution. Des analyses sont aussi faites à l’aire de détente Léo-Jacques par l’équipe de la Ville avec des analyses ColiMinder. D’autres analyses permettent de déterminer si les coliformes sont de source humaine ou animale. Ces informations sont ensuite agrégées dans une base de données qui collige les informations sur les débordements d’eaux usées en amont, le niveau des précipitations observées et le débit dans la rivière, ce qui devrait nous permettre de bien comprendre l’impact des surverses sur la qualité de l’eau de la rivière L’Assomption. » – Alain Saladzius,président de la Fondation Rivières.

Ce projet-pilote de surveillance en continu de la qualité de l’eau est d’une durée de 16 semaines du mois d’août à novembre 2020.

Télécharger le communiqué.

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Sources

Geneviève Tardy, Responsable des communications, Fondation Rivières, 514 424-3556

Émilie Forget, Conseillère en communication, Ville de l’Assomption, 450 589-5671 #202

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Jour de la Terre – Des municipalités se démarquent pour la protection de l’eau

Montréal, le 22 avril 2020 – En ce Jour de la Terre 2020, la Fondation Rivières tient à souligner les démarches très constructives adoptées par la Régie d’assainissement des eaux du bassin de Laprairie et la ville de Plessisville qui ont pris action afin de protéger la qualité de l’eau.

Ces organisations se sont démarquées par la mise en place d’initiatives qui vont au-delà des pratiques habituelles parmi les quelque 130 systèmes étudiés par la Fondation Rivières répartis dans cinq bassins versants.

La Régie d’assainissement des eaux du bassin de Laprairie

Fait méconnu de tous, la Régie est la première organisation québécoise à avoir mis en place un système de désinfection de ses eaux usées en utilisant un procédé d’ozonation. Elle devance ainsi Montréal dont les études et travaux ont pris plusieurs années de retard.  Un traitement à l’ozone des eaux usées à la sortie des stations d’épuration permet d’éliminer, en plus des coliformes, toute une gamme de produits pharmaceutiques, d’hormones et de virus, autant de produits émergents dont les effets peuvent être importants et conduire, notamment, à des changements génétiques chez les espèces. Ces contaminants inquiètent les scientifiques concernant leurs effets sur la flore et la faune aquatique, été comme hiver.

Les prises d’eau potable situées en aval qui puisent l’eau dans le Saint-Laurent s’en trouvent ainsi plus sécurisées. Le système d’ozonation a été en rodage depuis 2019 et sera remis en opération le 1er mai, jusqu’au 30 octobre. Un tel traitement s’avère supérieur au rayonnement par ultraviolets parfois utilisé.

La station d’épuration de la Régie dessert les municipalités de Candiac, Delson, La Prairie, Sainte-Catherine et Saint-Constant dont la population totale avoisine 100 000 personnes, en plus de nombreux commerces, institutions et quatre industries majeures ayant un impact sur le système d’assainissement. La station se démarque également par la mise en place d’un système de biométhanisation de ses boues.

La Fondation Rivières salue la volonté exemplaire de la Régie d’avoir investi et innové dans cette filière de traitement.

Informations : M. Gilbert Samson, secrétaire-trésorier, 450 638-2163 gilbert.samson@raebl.org

Ville de Plessisville

La Ville de Plessisville se démarque par son engagement à éliminer les débordements d’eaux usées en temps de pluie d’ici 2025. Elle doit pour cela éliminer les surplus d’eaux qui proviennent notamment des systèmes de drainage par des gouttières et des drains de fondation des bâtiments.

Un règlement interdisant de tels raccordements a ainsi été mis en vigueur en 2015 et une inspection du territoire a été effectuée. Les citoyens qui doivent réaliser des travaux coûteux pour des correctifs de plomberie à leur système de drainage pourront bénéficier d’une aide financière de la Ville.  Celle-ci a en effet créé en janvier 2020 un fonds dédié à l’adaptation aux changements climatiques.

La Ville de Plessisville mise ainsi sur la participation de ses citoyens pour éliminer à la source les eaux parasites excessives qui occasionnent actuellement plus de 100 débordements annuels. L’objectif de la Ville d’éliminer ces débordements va au-delà des exigences environnementales qui les permettent jusqu’à un certain nombre, encore à définir, ce qui apparaît trop permissif selon la Fondation Rivières.

La Ville innove également en développant un concept inédit visant à favoriser l’infiltration dans le sol d’eaux pluviales. Les eaux s’écoulant dans un réseau pluvial seraient infiltrées autant que possible plutôt que déversées au cours d’eau. Sachant que les réseaux pluviaux transportent aussi des eaux chargées de divers polluants, cette approche pourrait s’avérer fort prometteuse. Compte tenu de la pandémie de COVID-19 le projet-pilote pourrait être réalisé à l’été 2021.

La Ville de Plessisville est située sur le territoire du bassin versant de la rivière Bécancour, dont tous les ouvrages d’assainissement municipaux ont fait l’objet d’une évaluation de la performance dans le cadre d’un mandat attribué par le Groupe de concertation des bassins versants de la zone Bécancour (GROBEC).

Informations : Mme Justine Fecteau, directrice générale, 819 621-8310, jfecteau@plessisville.quebec

 

La Fondation Rivières tient à saluer vos efforts, bravo!

Communiqué en PDF

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Rivières Bécancour et Châteauguay : Identification des priorités d’actions municipales

Deux plus récentes études de la Fondation Rivières sur l’assainissement des eaux usées sont maintenant rendues publiques. Ces études identifient les priorités d’action qui sont suggérées aux 65 municipalités dont la performance des installations de traitement et la fréquence de déversements d’eaux usées ont été évaluées entre 2014 et 2016. Ce sont les organismes de bassin versant GROBEC et SCABRIC, qui ont commandé ces études, lesquelles ont été présentées lors de leurs assemblées générales annuelles. Le travail se poursuit maintenant en assistant les municipalités dans leurs démarches, de même qu’avec le COVABAR et l’OBVBM.

Les rapports Évaluation de performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux – Bassin versant de la rivière Bécancour, années 2014 à 2017 et Évaluation de performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux – Bassin versant de la Zone Châteauguay, années 2014 à 2016 sont disponibles sur le site web de la Fondation.

 

Pour information :

Alain Saladzius, FIC, ing.
Président
514 924-2013
presidence@fondationrivieres.org

Sophie Baril, B. Sc.
Chargée de projets
514 272-2666 poste 26
campagnes2@fondationrivieres.org