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Lettre au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques : Un BAPE pour le projet de 3 porcheries à Saint-Adelphe

Montréal, le 28 janvier 2022
TRANSMISSION PAR COURRIEL

Monsieur Benoit Charette
Ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC)
Ministre responsable de la Lutte contre le racisme
Ministre responsable de la région de Laval
675, boulevard René-Lévesque Est, 30e étage
Québec (Québec) G1R 5V7

Madame Sonia Lebel
Ministre responsable de l’Administration gouvernementale
Ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne
Ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Réforme électorale
Édifice Marie-Guyart
Secrétariat du Conseil du trésor
875, Grande-Allée Est, 4e étage, secteur 100
Québec (Québec) G1R 5R8


Objet : Demande d’un BAPE pour le Projet de 3 porcheries dans la municipalité de Saint-Adelphe

Madame la ministre, Monsieur le ministre,

Par la présente, Eau Secours et Fondation Rivières demandent que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) soit mandaté pour réaliser une étude complète ainsi qu’une consultation publique du projet de construction de trois porcheries de 3999 porcs chacune dans la municipalité de
Saint-Adelphe.

Il est clair qu’en divisant en trois son projet de 11 997 porcs, le promoteur tente de contourner l’esprit de la loi qui stipule qu’un projet de 4000 porcs et plus doit obligatoirement déclencher un BAPE. Les citoyens et citoyennes de la région ont déjà manifesté très clairement leurs inquiétudes face au projet et leur déception devant les trop courts délais de la consultation. Pour ces raisons, et pour celles que nous nommons plus bas, nous demandons au ministre de l’Environnement d’user de son pouvoir discrétionnaire et d’exiger un processus d’évaluation complet.

Les trois projets sont localisés sur le même lot, à 150 mètres de distance les uns des autres. Il est difficile de croire que les impacts environnementaux, de même que les impacts sociaux de ces trois projets soient différents d’un seul projet avec 11 997 porcs dans un même établissement. Cette segmentation artificielle du projet va également à l’encontre des principes de gestion intégrée de l’eau par bassin versant préconisés par la Stratégie québécoise de l’eau.

Rappelons certains des enjeux environnementaux liés à l’élevage de porcs en mode méga-porcherie ainsi
qu’à l’agriculture intensive de façon plus large :

  • Contamination des sources d’eau potable de surface et souterraines à proximité par les nitrates
  • contenus dans le lisier (selon une étude sur la qualité de l’eau potable dans sept bassins versants en surplus de fumier et impacts potentiels sur la santé)
  • Écoulements menant la contamination en aval dans le bassin versant
  • Usage excessif d’engrais dans les champs avoisinant afin d’écouler le lisier
  • Déplétion des réserves d’eau souterraines
  • Production importante de puissants gaz à effet de serre provenant du bétail et de l’entreposage
  • du lisier (Vergé, X. P. C., Dyer, J. A., Desjardins, R. L., & Worth, D. (2009). Greenhouse gas emissions from the Canadian pork industry. Livestock Science, 121(1), 92-101)
  • Augmentation du risque d’éclosion de maladies transmissibles à l’humain (Rapport du BAPE : l’inscription de la production porcine dans le développement durable. (2003). Avis 54)

Bien que le promoteur soit tenu d’assurer une mise en place et une gestion responsable de son industrie face à l’environnement, cela ne se compare pas à un processus de consultation publique du BAPE qui permet de mettre en lumières les enjeux possibles et de proposer des correctifs adéquats. De plus, la participation permet de recueillir des informations pertinentes et d’entendre les inquiétudes des organismes experts, des scientifiques, des citoyens, des élus et des organismes tels qu’Eau Secours et Fondation Rivières.

Rappelons également qu’il y a un manque d’acceptabilité sociale devant ce projet sème l’inquiétude de par son ampleur et de par la volonté du promoteur de contourner le processus d’évaluation du BAPE. Cette municipalité d’à peine 900 personnes verra son quotidien altéré par ce projet et elle devrait pouvoir se prononcer, en bonne et due forme ainsi que dans des délais raisonnables.

Il est donc de notre avis, dans l’intérêt général des citoyens et citoyennes du Québec et pour assurer la qualité de la ressource en eau et la conservation de l’environnement, que le ministre de l’Environnement et de la lutte aux changements climatiques déclenche le processus du BAPE.

Photo : Pascal Debrunner/Unsplash

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