Pourquoi parler d’intensité des déversements?

Il est très difficile de mesurer la quantité d’eaux usées qui s’échappent dans les rivières en cas de déversement. Ces données n’existent pas. Par contre, on connaît la taille de chacun des ouvrages qui déborde. On sait aussi que plus un ouvrage est grand et plus le volume d’eaux usées rejetées en cas de déversement risque d’être élevé.

C’est pourquoi nous avons développé l’indice de l’intensité des débordements, un indice qui tient compte du débit de conception de la station d’épuration, de la taille de l’ouvrage qui a débordé et de la durée de chacun des déversements. On postule que plus un ouvrage est important, plus le déversement sera important. Ajoutez-y la durée du déversement et vous obtenez un ordre de grandeur de la quantité d’eau qui pourrait avoir potentiellement débordé de l’ouvrage.

Comme on retrouve de ces ouvrages de taille comparable dans toutes les municipalités du Québec, on peut donc présumer qu’un ouvrage de taille moyenne qui déborde à Trois-Rivières va rejeter la même quantité d’eaux usées dans l’environnement qu’un ouvrage de même taille à La Tuque ou à Rimouski.

Cet indice permet aux citoyens et aux élus de comparer l’impact probable des déversements de leur municipalité avec les autres municipalités au Québec et de voir là où il faut intervenir de toute urgence pour colmater les brèches.

Et nous savons que cet étalon est efficace, puisque nous l’avons validé en l’appliquant à 50 des systèmes d’assainissement que nous avons étudiés dans les dernières années. Il a permis de corroborer tous les cas prioritaires que nous avions identifiés dans nos analyses.