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Espaces verts et bleus : 10 idées de résilience pour l’avenir de l’eau à Montréal

Plage de Verdun à Montréal - L'eau à Montéal

La Ville de Montréal tient une consultation publique sur l’avenir de l’eau pour l’aider à formuler sa nouvelle stratégie de l’eau! Tous les Montréalais.es sont invités à donner leur avis sur les enjeux qui guettent la métropole : inondations à répétition, rejets d’eaux usées dans le fleuve même en temps sec, fuites importantes dans le réseau, etc. 

Le défi est grand et les enjeux complexes. Parmi eux, l’adaptation aux changements climatiques et la résilience constituent les éléments transversaux qui doivent, à notre sens, se retrouver au cœur de la réflexion en vue de la prochaine stratégie montréalaise de l’eau. C’est ce que nous défendons dans notre mémoire Espaces verts et bleus : l’adaptation au cœur de la nouvelle stratégie montréalaise de l’eau. Nous en avons extrait 10 idées qui peuvent favoriser la résilience pour l’avenir de l’eau à Montréal. 

Nos 10 idées de résilience pour l’avenir de l’eau à Montréal

Les espaces verts et bleus ont le pouvoir de représenter des piliers de l’adaptation et de la résilience aux changements climatiques. À termes, ils serviront tous deux d’oasis de fraicheur et seront des sources de fierté collective qui viendront soutenir l’ensemble des actions de la stratégie.

Espaces verts

Avec les changements climatiques, les épisodes de précipitations extrêmes deviennent plus fréquents et plus intenses. Ces énormes volumes d’eau surchargent les systèmes d’égout, génèrent des inondations et un stress immense pour la population. Pour mitiger ces problématiques, Montréal gagnerait à miser sur les espaces verts et adopter le modèle de ville éponge, tout en mettant en application ces quelques recommandations connexes. 

1. Mettre en place un plan de réduction des débordements

Avant même de penser aux moyens pour réduire les débordements, pensons aux objectifs! À Montréal, plus de 1 200 débordements surviennent chaque année suite à de fortes pluies. La fréquence et les quantités d’eau débordées annuellement depuis 2016 démontre une certaine stagnation, cohérente avec les objectifs de la Ville dans son plan de gestion des débordements. 

Ce plan est une exigence du ministère de l’Environnement imposée à toute ville qui désire connecter de nouvelles résidences à son réseau d’égout « unitaire » (un seul conduit combinant eaux sanitaires et eaux de pluies, contrairement au système d’égout « séparatif »).

Le problème, c’est que ce plan n’est pas assez exigeant : il demande simplement de ne pas augmenter le nombre de débordements suite à l’ajout des nouveaux branchements, plutôt que de viser une réduction. Dans un contexte d’augmentation des événements de précipitations extrêmes, une tentative de stabilisation ou même de réduction modérée des volumes débordés n’est pas réaliste ou soutenable à long terme puisque les efforts déployés risquent d’être éclipsés par les volumes additionnels de pluies.

Dotons-nous d’un ambitieux plan de réduction des débordements en identifiant les secteurs prioritaires pour l’accès à la baignade autour de l’Île qui permettront au moins de maintenir et, si possible, d’améliorer la qualité de l’eau des berges tout en subissant de plus en plus d’épisodes de précipitations extrêmes.

2. Accélérer et prioriser la correction des raccordements inversés

Situé principalement dans l’ouest de l’île, le système d’égout « séparatif » a l’avantage d’éviter de surcharger le réseau en période de pluie. Or, il entraîne aussi un risque d’erreur lors du raccordement des résidences. Résultat : des eaux sanitaires sont rejetées directement dans l’environnement sans traitement; un véritable fléau pour plusieurs ruisseaux montréalais.

Qualité de l'eau des ruisseaux et plans d'eau intérieurs à Montréal

Bien qu’un programme de dépistage et de correction des raccordements inversés ait été mis en place par la Ville de Montréal en 2007, 62 des 585 réseaux pluviaux comportaient toujours des raccordements inversés l’an dernier. La correction des réseaux problématiques progresse bien lentement avec seulement 7 réseaux corrigés depuis 2016, d’autant plus que le nombre de réseaux problématiques en attente de correction a augmenté de 9 sur la même période.

Progression de la correction et du dépistage des réseaux pluviaux problématiques de Montréal (RSMA)
Selon les données du Réseau de suivi du milieu aquatique (RSMA)

Parmi les raisons pouvant expliquer cette stagnation, La Presse mettait récemment en lumière le laxisme du ministère des Affaires municipales (MAMH) dans la gestion de ce dossier ainsi que les difficultés rencontrées par les municipalités pour financer les travaux correctifs ou pour contraindre les citoyen.ne.s à le faire (lorsque le raccordement se situe sur la portion privée du terrain).

Accélérons et priorisons la correction des raccordements inversés par secteurs pouvant affecter la qualité de l’eau intérieure (ruisseaux) et extérieure (fleuve et rivière des Prairies) pouvant servir aux usages, comme la baignade et les sports nautiques, afin de rattraper le niveau de correction des villes-liées.

 

Mise à jour: ADOPTÉ à la mesure R-17! 

3. Créer un outil de gestion des risques d’inondations

Il est crucial d’informer la population du risque auquel elle est exposée en cas d’inondation et de lui donner les moyens de s’en prémunir. Inspirons-nous de l’outil en ligne de gestion des risques d’inondations de la Ville de Fredericton! Montréal dispose déjà d’une carte des aléas climatiques qu’il serait tout à fait possible d’améliorer.

À partir de la carte de vulnérabilité des aléas climatiques, développons un outil comme Fredericton et déployons une campagne de sensibilisation pour permettre aux citoyen.ne.s de poser des actions concrètes en faveur d’une meilleure gestion des eaux pluviales afin de limiter les impacts des inondations.

 

Mise à jour: ADOPTÉ à la mesure R-19!

4. Prioriser les aménagements de gestion des eaux pluviales selon leur impact

Place des Fleurs-de-Macadam par NIPPAYSAGE
Place des Fleurs-de-Macadam par NIPPAYSAGE

À Montréal comme ailleurs au Québec, on favorise l’évacuation rapide des précipitations au moyen de surfaces pavées et de conduites bétonnées. Il est temps de passer à un modèle urbanistique centré sur la rétention et l’absorption des précipitations dans le sol au moyen d’infrastructures vertes.

Montréal va déjà dans la bonne direction avec la construction récente de plusieurs ouvrages de bio-rétention des eaux pluviales et de parcs servant aussi de lieux de rassemblement rafraîchissants, dont le parc Pierre-Dansereau et la place des Fleurs-de-Macadam. Cela dit, il en faudrait plus pour entraîner une réduction notable des débordements d’eaux usées à l’échelle de la Ville. 

Place des Fleurs-de-Macadam par NIPPAYSAGE
Place des Fleurs-de-Macadam par NIPPAYSAGE

Implantons un processus de priorisation des aménagements de gestion des eaux pluviales en tenant compte du volume d’eaux pluviales qui sera détourné des égouts lors de la réfection de parcs et d’espaces publics.

 

Mise à jour: ADOPTÉ à la mesure R-14!

 

5. Mieux soutenir les initiatives citoyennes de déminéralisation des surfaces

Montréal devrait d’autre part mettre en place des mécanismes afin de favoriser les initiatives citoyennes d’élimination des surfaces imperméables ou de mauvais drainages. De tels gestes sont déjà promus dans le cadre du programme des ruelles vertes, mais leur réalisation nécessite que les groupes citoyen et l’éco-quartier aillent chercher du financement additionnel auprès des instances provinciales et fédérales, alourdissant la démarche.

Les citoyen.ne.s peuvent contribuer à réduire les risques d’inondations par des actions simples comme rediriger les gouttières vers les terrains gazonnés plutôt que directement sur l’asphalte.

Simplifions et bonifions le financement des initiatives citoyennes de déminéralisation en priorisant les projets qui ont le plus grand potentiel de captation des eaux pluviales.

 

Mise à jour: ADOPTÉ à la mesure R-20!

Espaces bleus

En limitant les volumes d’eaux qui risqueraient autrement d’inonder et de contaminer les rivières et ruisseaux, les espaces verts ouvrent la voie à l’usage d’espaces bleus par le plus grand nombre. Car oui, faut-il rappeler que Montréal est bordée d’eau de part et d’autre? Montréal aurait tout à gagner de miser sur cette caractéristique unique pour devenir un modèle d’accès à l’eau!

Petite fille qui joue dans l'eau
Les espaces verts sont bénéfiques pour la qualité de l’eau des espaces bleus, qui peuvent faire la fierté de tout un quartier!

6. Ajuster notre perception de l’assainissement et de l’accès à l’eau

La qualité de l’eau est l’un des principaux freins évoqués par la Ville de Montréal lorsqu’il est question d’aménager plus d’accès à l’eau autour de l’île de Montréal. Il est vrai que la qualité bactériologique de l’eau se détériore à certains endroits après de fortes pluies en raison des débordements d’eaux usées, mais gardons à l’esprit que cette dégradation est temporaire et relativement prévisible. 

Faisons de l’assainissement et de l’accès à l’eau des moteurs permettant de faire avancer l’un et l’autre, plutôt que des étapes subséquentes.

7. Évaluer la sécurité des accès là où l'eau est de qualité par temps sec

En dehors des périodes de fortes pluies, les données historiques du RSMA indiquent qu’il y a environ un site sur deux, c’est-à-dire 57 des 115 sites, où au moins 90 % des prélèvements montrent une qualité de l’eau permettant la baignade. Plus d’une centaine de sites démontrent une eau propice aux activités nautiques de contact indirect, comme la planche à pagaie qui gagne en popularité, peu importe le temps qu’il fait! 

Pour obtenir un portrait clair des accès potentiels à la baignade et aux activités nautiques, entamons des démarches pour évaluer la vitesse du courant et la sécurité des accès là où la qualité de l’eau est au rendez-vous par temps sec.

8. Alerter la population en cas de débordements

Montréal détient des équipements télémétriques permettant d’identifier la provenance et la durée des rejets en temps réel aux points de surverses, en plus d’alertes automatiques envoyées par courriel lors de débordements ou de fortes pluies dans le cadre d’événements spéciaux. Pourtant, cette capacité d’alerte demeure relativement peu connue du public et la Ville gagnerait à rendre cette information plus facilement accessible. 

Mettons en place un système d’alerte des débordements et de visualisation des résultats de qualité de l’eau accessible à toutes et à tous, sous forme de plateforme en ligne, afin de permettre à la population de prendre une décision éclairée avant la baignade et la pratique d’activités nautiques.

9. Planifier les prochains accès à l’eau de sorte à rétablir la justice sociale

Des accès à l’eau en ville sont nécessaires, surtout pour les populations vivant près des îlots de chaleur. À Montréal, les températures de surface indiquent un besoin criant pour des sources de rafraîchissement spécialement dans le centre et le centre-est. 

Pourtant, les trois accès publics à la baignade sans frais à Montréal se situent tous dans l’ouest. À l’exception de la plage de Verdun, ils sont difficiles d’accès en transport en commun. Il n’en demeure pas moins qu’à certains endroits, la qualité de l’eau n’est pas au rendez-vous et des efforts doivent encore être faits pour y remédier. 

Face à la fréquence et à l’intensité croissante des canicules, planifions les prochains accès à l’eau de sorte à permettre aux populations vulnérables vivant près des îlots de chaleur, c’est-à-dire dans le centre et le centre-est, de se rafraîchir.

10. Faire du bassin Jacques-Cartier le prochain endroit pour se baigner à Montréal

Grand Splash 2023 - Centre-ville de Montréal - Baignade à Montréal - Fondation Rivières
Près d'une centaine de personnes ont sauté à l'eau du bassin Jacques-Cartier dans le cadre du Grand Splash le 30 juin 2023.

Voilà 20 ans qu’une foule de citoyens et citoyennes font un saut symbolique à l’eau du Vieux-Port de Montréal, lors du Grand Splash, pour y réclamer un accès à l’eau. La mairesse Valérie Plante s’est d’ailleurs engagée en ce sens en campagne électorale.

Ce n’est pas pour rien que c’est précisément au bassin Jacques-Cartier que la mobilisation prend place : ce bassin est un lieu stratégique d’accès à l’eau à de multiples niveaux. Il permet de rétablir la justice sociale, l’eau y est de qualité par temps sec, le courant n’est pas un danger (contrairement au projet du quai de l’Horloge abandonné en 2020) en plus de représenter des retombées économiques pour la Ville, considérant que le Vieux-Port est un lieu convoité des visiteurs et visiteuses de tous azimuts.

Partagez ces 10 recommandations à la Ville de Montréal!

Si vous êtes citoyen ou citoyenne de la métropole, on vous encourage à sélectionner les idées qui vous inspirent le plus et les partager à la Ville. Voici comment :

  1. Sous forme de mémoire jusqu’au 27 septembre 2023. Créez un document dans lequel vous aurez copier-coller les idées en prenant soin d’inscrire votre nom et coordonnées. Une fois terminé, on vous suggère de l’exporter en PDF. Ce document constitue votre mémoire. Le mot peut sembler intimidant, mais ce n’est qu’un synonyme pour « recommandations ». C’est la meilleure des trois façons proposées par la Ville pour participer à la consultation (le sondage en ligne est axé sur la fiscalité et d’autres enjeux qu’on juge non prioritaires et le court avis est vraiment court). Envoyez votre mémoire au commissions@montreal.ca.
  2. Sous forme de court avis sur les enjeux de l’eau jusqu’au 4 octobre 2023. Ce n’est pas la meilleure option pour pleinement vous exprimer puisque vous serez limité à 140 caractères, mais ça vous laisse plus de temps.

Consultez notre mémoire soumis dans le cadre de la consultation sur l’avenir de l’eau de Montréal

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