Déversements d’eaux usées : L’État doit contrôler les municipalités afin de réduire les rejets

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Montréal, le 14 novembre 2018 – À la veille d’un déversement d’eaux usées non-traitées par la ville de Longueuil, un « flushgate » de huit jours, la Fondation Rivières demande la mise en place de six mesures permettant de réduire significativement la pollution occasionnée par les décisions municipales.

Dans une lettre transmise à la nouvelle ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, madame MarieChantal Chassé, disponible sur notre site internet, la Fondation Rivières identifie des gestes concrets et simples que devrait poser le Ministère. Ceux-ci se résument ainsi : 1) désignation d’un responsable ministériel 2) identification de mesures de mitigation obligatoires 3) production d’une liste d’activités à réaliser 4) exigence de produire un rapport d’événement 5) obligation d’obtenir une autorisation ministérielle avant un déversement planifié 6) instauration d’une redevance incitative sur chaque mètre cube d’eaux usées déversé.

Dans le cas de Longueuil, où une conduite de 16 mètres dans le lit du Saint-Laurent doit être remplacée, il est constaté que le contrat avec l’entrepreneur, payé à taux horaire, ne prévoit pas de clause incitative à une réalisation rapide des travaux. Des industries sont également présentes sur le territoire touché et un inventaire accompagné de mesures de mitigations, dans de telles situations, est souhaitable.

« La population veut avoir l’assurance, avec raison, que tous les efforts raisonnables ont été réalisés afin de minimiser les déversements » déclare Alain Saladzius, ingénieur et président de la Fondation Rivières, tout en ajoutant que « le gouvernement n’a pas encore mis en place, depuis le flushgate de Montréal en 2015, des conditions qui permettent d’identifier les meilleures pratiques ».

À l’instar des 93 municipalités qui rejettent encore des eaux usées non-traitées directement dans l’environnement, le gouvernement doit désigner des experts afin de les accompagner pour régler ces problèmes qui perdurent.

La Fondation Rivières est un organisme à but non lucratif dont la mission est d’œuvrer à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel des rivières – tout autant que de la qualité de l’eau.

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Pour informations : Alain Saladzius, ing., président
514 924-2013
presidence@fondationrivieres.org

 

Communiqué de presse de la FR – PDF

Lettre de la FR à la Ministre Chassé – PDF

Débordement d’eaux usées planifié à Longueuil : Il faut changer la cassette!

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La Fondation Rivières a été consternée d’apprendre cette semaine que la ville de Longueuil déversera 162 000 mètres cubes d’eaux usées dans le fleuve. En effet, une conduite principale d’eaux usées sous pression de 900 mm de diamètre, située dans le lit du Saint-Laurent près du pont de l’autoroute 20 au pont-tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine, doit être remplacée sur une longueur de 16 mètres. Ces travaux sont essentiels et la Ville n’a identifié aucune mesure qui pourrait éviter le déversement prévu pendant 8 jours et nuits à compter du 15 novembre prochain.

Bien que les explications fournies par la Ville apparaissent crédibles, la Fondation Rivières se questionne à propos du fait que l’Entrepreneur soit payé à taux horaire pour les opérations qu’il aura à accomplir dans les prochains jours. Il apparaît surprenant que 8 jours et 8 nuits soient requis pour ces travaux sur une longueur de 16 mètres. Les causes du bris demeurent inexpliquées, d’autant plus qu’il s’agit d’une conduite en acier recouverte de béton, ce qu’il y a de plus résistant. Trois conduites de ce type approvisionnent la station d’épuration située sur l’Île Charron.

Enfin, la Fondation Rivières réitère que chaque mètre cube d’eaux usées non traitées, ainsi déversé dans l’environnement, devrait faire l’objet d’une amende afin d’inciter les municipalités à limiter leurs déversements. Les différentes analyses d’eau et études de suivi de la contamination ne compenseront jamais le tort causé. Les sommes ainsi recueillies devraient contribuer à réduire la pollution, comme par exemple installer des systèmes de désinfection là où il n’y en a pas, comme à Longueuil.

La Fondation Rivières interviendra rapidement auprès de la nouvelle ministre de l’Environnement, madame MarieChantal Chassé, pour faire en sorte que les conditions encadrant les débordements de ce genre soient resserrées et leur pollution justement compensée.

Vidéo : Alain Saladzius se prononce sur le déversement prévu à Longueuil

Communiqué de presse de l’agglomération de Longueuil concernant les travaux prévus

Fiche technique des travaux prévus

Le Saint-Laurent – un joyau à découvrir pour mieux le protéger

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Le documentaire Québec Profond sera diffusé en première à Canal D ce soir, le 25 avril à 22h, et en reprise le vendredi 27 avril à 13h. Découvrez les secrets de cette richesse en compagnie de Patrick R. Bourgeois, cinéaste, et de Geneviève Bilodeau, comédienne et marraine du Saint-Laurent avec la Fondation Rivières et Nature Québec. Vous pourrez regarder ce documentaire sur internet en cliquant ici.

Le documentaire sera également présenté à la Maison du développement durable de Montréal, le mercredi 16 mai à 18h30, par la WWF-Québec.

De plus, une conférence avec Patrick R. Bourgeois, intitulée Merveilleux Saint-Laurent, est organisée par la SNAP Québec le lundi 14 mai à 19h30 à la Maison du développement durable.

Rivière Richelieu : Un rapport dresse un premier portrait régional de la performance des ouvrages d’assainissement municipaux

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Montréal, le 5 avril 2018 – La qualité inquiétante de l’eau de la rivière constatée en juillet 2017 par les canotiers qui ont parcouru la rivière Richelieu lors de l’événement Le Richelieu en 24h a incité la Fondation Rivières à identifier les sources de pollution d’origine municipales. Cette étude, une première à l’échelle d’un bassin versant, a permis de constater que les déversements d’eaux usées demeurent nombreux et que l’absence de planification dans les travaux à réaliser démontre une gestion aléatoire des infrastructures. Le rapport recommande une nouvelle approche pour que les municipalités soient accompagnées dans l’identification et de la résolution des problèmes environnementaux les plus importants au niveau du bassin versant.

La Fondation Rivières a ainsi colligé les données d’exploitation des années 2014 à 2016 pour 31 systèmes d’assainissement, soit 26 sur le Richelieu et cinq sur le Saint-Laurent. Seulement six des 31 systèmes répondent à toutes les exigences, autant à la station d’épuration que dans le réseau de conduites qui transportent les eaux. Des 31 entités municipales invitées par la Fondation Rivières à discuter des résultats, 22 d’entre-elles, soit 71 %, ont participé à une discussion sur les observations et les actions requises au cours des prochaines années afin de diminuer les rejets dans les différents cours d’eau.  Ces données et discussions ont ensuite été interprétées et évaluées afin de dresser un portrait régional synthétique et représentatif des principaux défis en assainissement. Le travail a également permis de constater une certaine anarchie dans le choix des projets et la gestion des subventions qui ne sont pas nécessairement allouées selon des objectifs environnementaux prioritaires. La Fondation Rivières recommande que les organismes de bassins versants soient appelés à jouer un rôle prépondérant dans l’identification des priorités.

Le rapport Évaluation de performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux – Bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent, années 2014 à 2016, est disponible sur le site web de la Fondation.

Pour lire un article du Journal de Montréal, dans lequel certains constats s’appuient sur ce rapport, cliquez ici.

La Fondation Rivières est un organisme à but non lucratif dont la mission est d’œuvrer à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel des rivières – tout autant que de la qualité de l’eau.

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Pour informations :

Alain Saladzius, FIC, ing.
Président
514 924-2013
presidence@fondationrivieres.org

Gabriel Cliche, B. Sc. A.
Chargé de projets
514 272-2666 poste 23
campagnes@fondationrivieres.org

Port de Montréal à Contrecœur : Un pour tous et tous pour le chevalier cuivré

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Ottawa et Québec appelés à respecter les lois en vigueur et à faire preuve de transparence

Montréal, le 14 février 2018 – Nous annonçons aujourd’hui la création d’une communauté d’intérêt formée de représentants de plusieurs groupes environnementaux et de scientifiques : La Table ronde pour la défense du chevalier cuivré. L’aire de distribution mondiale de ce poisson emblématique de notre biodiversité se situe exclusivement dans la grande région de Montréal. Nous avons la responsabilité en tant que société de tout mettre en œuvre pour assurer la survie à long terme et le rétablissement de la seule population restante de cette espèce dont la situation démographique peut être qualifiée de dramatique puisque l’espèce est en voie de disparition sur la planète.

L’analyse du projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur soulève d’importantes préoccupations quant aux impacts qu’aurait la réalisation de ce projet. En unissant leurs voix sous une même bannière, les chevaliers de la Table ronde espèrent faire contrepoids aux chants des sirènes économiques largement joués lors de l’annonce du projet. Ils veulent aussi faire connaître au grand public l’ensemble des enjeux environnementaux qui touchent le projet. Nous sommes particulièrement inquiets de la destruction annoncée d’éléments de l’habitat essentiel du chevalier cuivré dans le fleuve Saint-Laurent près de Contrecœur.

La Table ronde pour la défense du chevalier cuivré demande aux autorités gouvernementales, nommément Pêches et Océans Canada et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec de faire preuve de transparence en rendant publics dès maintenant tous les avis scientifiques internes traitant de l’impact du projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur sur le chevalier cuivré. Des séances d’information publiques se tiendront à la fin du mois de février et il est crucial que les citoyens ainsi que le promoteur du projet puissent prendre connaissance au préalable de ces informations.

Nous invitons Pêches et Océans Canada à honorer rapidement l’engagement de prendre un arrêté ministériel pour activer la protection de l’habitat essentiel du chevalier cuivré, tel que prescrit pour la sauvegarde des espèces en voie de disparition par la Loi fédérale sur les espèces en péril.

Quant à la population de rainette faux-grillon que l’on retrouve sur le territoire qui serait impactée par le projet, nous demandons à Environnement et Changement climatique Canada d’adopter sans délai un arrêté ministériel pour protéger la partie de son habitat essentiel située sur les terres fédérales. Le ministère est actuellement en retard de 20 mois sur le délai prescrit par la Loi sur les espèces en péril. Rappelons que le déclin de la rainette faux-grillon se poursuit de plus belle dans le sud du Québec et que la population de Contrecœur est l’une des dernières de la Montérégie.

Enfin, nous demandons aux ministères fédéraux responsables de clarifier, au bénéfice du promoteur, le cadre légal de la Loi sur les espèces en péril applicable au projet. À notre grande surprise, l’étude d’impact présente des scénarios incompatibles avec le respect de cette loi et il nous apparaît improductif d’entretenir de faux espoirs sur la possibilité de mener à terme le projet tel qu’il est actuellement présenté.

Au delà de son impact sur la biodiversité, le projet augmenterait la pression sur les milieux naturels terrestres et aquatiques environnants et serait une source importante de pollution de toutes sortes (chimique, atmosphérique, sonore, lumineuse) ainsi que de conflits d’usage. Parce qu’ils ont demain à cœur, les membres de cette Table suivront de près l’évolution du dossier afin d’assurer que les enjeux environnementaux seront réellement tenus en compte.

Les chevaliers de la Table ronde sont, de gauche à droite sur la photo :
Daniel Green, co-président, Société pour vaincre la pollution
Tommy Montpetit, chargé de projet rainette faux-grillon, Ciel et Terre
Martine Chatelain, porte-parole, Coalition Eau Secours
Alain Branchaud, directeur général, Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec)
David Fletcher, porte-parole, Coalition verte-Green Coalition
Louis Bernatchez, professeur, Département de biologie, Université Laval
Sophie Paradis, directrice du Québec, Fond mondial pour la nature (WWF-Canada)
Sylvain Perron, analyste, Fondation David Suzuki pour le Québec
Olivier Kolmel, chargé de la campagne forêt, Greenpeace Canada
Alain Saladzius, président, Fondation Rivières
Christian Simard, directeur général, Nature Québec

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Contacts médias :

SNAP Québec
Charlène Daubenfeld
Responsable des communications
514-378-3880
cdaubenfeld@snapqc.org

Nature Québec
Gabriel Marquis
Responsable des communications
581-307-8613
gabriel.marquis@naturequebec.org

Fondation Rivières
Alain Saladzius
Président
514 924-2013
presidence@fondationrivieres.org

SVP – Société pour Vaincre la Pollution
Daniel Green
Co-président
514-245-4676
svp.pollution@gmail.com

Coalition Eau Secours
Martine Chatelain
Porte-parole
514-769-5529
chatelain.m@hotmail.com

Développement du port de Montréal à Contrecoeur : Plusieurs impacts ignorés ou sous-évalués

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Montréal, le 5 février 2018 – Le 1er février dernier, l’Administration portuaire de Montréal (APM) dévoilait les détails de son projet visant la construction d’un terminal maritime à Contrecœur. Le projet occuperait 4 km de berge naturelle sur le fleuve Saint-Laurent, à proximité d’un secteur résidentiel de Verchères en pleine campagne, face à l’île Bouchard, digne d’un parc. La première phase prévoit un quai de 675 mètres et une capacité de transit de 1,15 million de conteneurs par année. Ce projet inquiète la Fondation Rivières, vu l’ampleur des impacts appréhendés et son incompatibilité avec les usages ruraux, agricoles et touristiques aux alentours du secteur retenu par l’APM.

Le chevalier cuivré et la rainette faux-grillon de l’Ouest, deux espèces protégées par la Loi sur les espèces en péril, sont signalées dans la zone d’étude du projet. Le dragage d’une surface de plus de 160 000 m2 de sédiments est requis pour la construction du quai en phase 1. L’habitat aquatique de ces espèces protégées sera donc influencé négativement, tant par les travaux de construction du quai que par son utilisation quotidienne. Aussi, rappelons que les Îles de Contrecœur, une réserve nationale de la faune, se trouvent à environ 2 km en aval du terminal projeté. Vu cette courte distance, nous craignons que le terminal maritime devienne une nuisance pour cette réserve, la faune qu’elle abrite et la qualité récréotouristique du milieu.

L’habitat humain sera lui aussi touché de manière importante par ce projet. La pollution lumineuse qu’occasionnerait ce terminal, visible jusqu’en Rive Nord, risque de déplaire aux municipalités avoisinantes. La pollution de l’air, le bruit et la poussière dus aux camions et trains transitant par le terminal seront majeurs. L’affluence des camions pourrait atteindre jusqu’à 2 000 véhicules par jour en phase 1 du projet. Cela représente un apport supplémentaire important, non seulement en termes de GES pour l’atmosphère, mais aussi en véhicules sur les routes et autoroutes avoisinantes. L’autoroute 30 connaît déjà des congestions chroniques par endroits et le terminal à Contrecœur viendrait alourdir considérablement ce bilan. La route 132 sera elle aussi perturbée par l’augmentation de l’achalandage causé par le terminal maritime.


Route 132, à proximité du site proposé pour le terminal © Google

L’APM a acquis le terrain à Contrecœur il y a plus de 30 ans. Même si ce site constituait une option intéressante de développement au moment de l’acquisition, l’évolution de nos lois et l’importance d’un aménagement du territoire prenant en compte les divers enjeux environnementaux d’actualités nous poussent à remettre en question la nécessité du projet à cet endroit. Il faut savoir que ce secteur de Contrecœur, considéré comme paradisiaque par certains, possède un énorme potentiel récréotouristique à développer. La construction du terminal à Contrecœur viendrait détruire ce joyau naturel. Le Québec souhaite-t-il devenir une plaque tournante de conteneurs, ou bien un lieu recherché de tous pour ses atouts exceptionnels?

La Fondation Rivières souhaite former une équipe de travail avec d’autres groupes environnementaux et citoyens pour étudier plus en détail ce projet assujetti au processus d’évaluation de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE). La page d’information officielle pour ce projet peut être trouvée ici.

Pour en savoir plus sur ce projet, nous vous recommandons ces articles :

Le Devoir, 1er février 2018, A. Shields : Espèces protégées: l’expansion du Port de Montréal pourrait être bloquée

La Presse, 1er février 2018, B. Bisson : Contrecoeur: un terminal maritime de 650 millions et de 1000 emplois

Le Soleil, 1er février 2018, I. Bussières : Labeaume à la défense du Port de Québec

Le Devoir, 2 février 2018, A. Shields : Terminal de Contrecoeur: Québec contrevient à sa propre loi

Le Devoir, 3 février 2018, A. Shields : Ottawa s’engage à protéger le chevalier cuivré

Projets en cours pour stopper la pollution du St-Laurent

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Contamination toxique du Saint-Laurent: Deux projets sont enfin en cours pour stopper la contamination près de l’autoroute Bonaventure à Montréal. Il faudra un suivi adéquat de la performance du partenariat public-privé (projet fédéral) et de la disposition des eaux contaminées (projet de la Ville de Montréal).

Voir ces deux articles du Journal de Montréal.

Protéger le Saint-Laurent 

Nettoyage d’un des sites les plus toxiques du Québec

 

 

Traitement des eaux usées : une centaine de municipalités continuent de déverser dans nos cours d’eau

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Une centaine de municipalités peuvent continuer de déverser leurs eaux usées sans traitement et sans aucune conséquence. Pour en savoir plus long sur cette situation troublante, consultez cet article du Devoir :

Le Devoir a mis en ligne la liste des municipalités situées dans l’Est du Québec, au Saguenay / Lac-Saint-Jean et en Abitibi.

Et tel qu’expliqué dans cet autre article, à Sainte-Pétronille, sur l’Ile d’Orléans, c’est même le ministère des Transports qui empêcherait un projet d’assainissement d’aller de l’avant. Entre-temps les eaux usées s’en vont au fleuve…

 

Anniversaire de la Fondation Rivières : 14 ans plus tard, où en sommes nous ? Bilan de notre président

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Alain Saladzius, président et cofondateur de la Fondation Rivières

 

La nouvelle de Radio-Canada d’aujourd’hui concernant l’assainissement des eaux usées tombe exactement sur une journée de double anniversaire : celui de la création de la Fondation Rivières et celui de la Politique nationale de l’eau, annoncée le 28 novembre 2002.

La pollution de nos rivières demeure un enjeu central visé par les activités de la Fondation. Avec des gouvernements qui prennent de moins en moins leurs responsabilités, l’importance de cet enjeu prend de l’ampleur quotidiennement dans nos activités. La Politique nationale de l’eau, adoptée il y a 14 ans, devait mettre fin à la pollution provenant d’une cinquantaine de municipalités. Toutefois il y en a désormais une centaine qui déversent en continu. Et les équipes d’inspection chargées de l’inspection et de la surveillance des systèmes d’assainissement ont été démantelées !

L’État continue de se retirer de la surveillance environnementale. Ainsi, après avoir coupé dans ses services, la Loi sur la qualité de l’environnement pourrait se voir modifiée pour alléger les procédures d’autorisation, notamment les audiences publiques. Plus que jamais il faut supporter l’implication citoyenne à tous les niveaux et la Fondation Rivières y contribue de manière importante.

Depuis 14 ans, notre travail acharné a permis d’éviter la construction de plusieurs petites centrales hydroélectriques et incité la ville de Montréal à désinfecter ses eaux usées selon des critères qui vont bien au-delà des exigences gouvernementales, une première. Mais il nous faut continuer et persévérer car ralentir le travail est synonyme de détérioration de la qualité de l’eau des rivières.

Il nous faut donc poursuivre intensivement nos activités d’analyse, d’information et de recommandations. Déversements, pipelines, aide aux citoyens dans leurs démarches visant l’assainissement de leur cours d’eau, les dossiers que nous traitons sont multiples et variés. Et pour que tout ça continue, votre soutien nous est nécessaire.

Fort d’un conseil d’administration solide, de l’implication de plusieurs artistes et personnalités publiques, dont notre porte-parole Roy Dupuis, tout comme celle de bénévoles et d’employés dévoués, nous menons à termes plusieurs dossiers. Vous pouvez contribuer en donnant un peu de votre temps en devenant bénévole pour certaines de nos campagnes.

Vous aussi pouvez contribuer à la préservation de nos cours d’eau en devenant membre, en donnant mensuellement et/ou avec un don unique.

Vous pouvez de plus participer à la campagne Adoptez une rivière !, menée conjointement avec Nature Québec, et ainsi bénéficier d’un reçu pour fins d’impôts.

Au nom de tous les membres de la Fondation Rivières, je vous remercie pour votre appui,

Alain Saladzius, ingénieur et président de la Fondation Rivières

Déversement de 135 millions de litres d’eaux usées à Québec : la Ville doit faire davantage en matière de transparence et d’efficacité

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crédit photo : écolequebecmonde.ca

crédit photo : écolequebecmonde.ca

Un an après les déversements de Montréal, désormais connus sous le nom de flushgate, la ville de Québec a annoncé quatre déversements « planifiés » entre le 22 novembre 2016 et février 2017. La Ville a repris plusieurs éléments de l’argumentaire de la ville de Montréal, mentionnant une absence de conséquences compte tenu de divers facteurs nébuleux, pour conclure que l’opération se compare à un « changement d’huile ».

Or, la Fondation Rivières avance que ce raisonnement ne tient pas compte des effets cumulatifs sur le fleuve et qu’il est possible de faire mieux. On note, à l’examen des deux documents rendus publics sur le site de la Ville, qu’un effort devrait être fait dans la planification des activités et la divulgation des informations sur certains aspects techniques du dossier. Ces améliorations sont souhaitables autant pour la ville de Québec que pour toute autre municipalité :

  1. Informer la population des heures exactes de la tenue des travaux afin d’optimiser les efforts visant à minimiser les impacts. La Ville devrait aussi prévoir des travaux de nuit, moment où les débits sont minimaux, quitte à réaliser les travaux sur plus d’une nuit.
  1. Demander à la population d’éviter de jeter des solides non dégradables dans les toilettes. Aussi, les institutions, commerces et industries (ICI) pertinentes devraient être mises à contribution, en plus de la population, afin que les organisations qui le peuvent, retiennent leurs effluents pendant les déversements.
  1. Modifier l’échéancier des travaux afin que ceux prévus aux postes de pompage Limoilou et Saint-Charles soient réalisés au même moment que ceux à la station d’épuration de l’Est. Ces déversements totalisent 25 millions de litres et seraient alors annulés par une telle approche puisque les eaux ne seraient déversées qu’à un seul moment;
  1. Offrir des incitatifs aux entrepreneurs afin qu’ils réalisent les travaux plus rapidement ou proposent une méthode de travail améliorée;
  1. Divulguer publiquement les informations techniques liées aux travaux, sous le sceau de l’ingénieur responsable. La description devrait suivre une présentation s’inscrivant dans les meilleures pratiques du secteur d’ingénierie. L’information rendue publique actuellement[1],[2] relate essentiellement des comparatifs anecdotaux vis-à-vis les déversements de Montréal. Cette information n’offre pas le niveau de précision désormais exigé par la population;
  1. Identifier l’ensemble des méthodes de travail évaluées lors de l’étape de faisabilité (pompage temporaire, conduite temporaire, équipements en parallèle, etc.) et les raisons pour lesquelles celles-ci n’ont pas été retenues (sécurité, coût, irréalisables, etc.);
  1. Rendre publique une copie des demandes d’autorisation, incluant les études, réponses et autorisations des ministères impliqués. Considérant que certains travaux ne requièrent pas d’autorisation, une information complète permet d’éviter tout malentendu.

 

La Fondation Rivières offre son entière collaboration à toute municipalité, notamment la ville de Québec, pour développer les meilleures pratiques dans la gestion de ses eaux.

Pour toute demande d’informations, contactez Alexandre Joly, chargé de projets et responsable de la recherche scientifique, au 514 267-0034.

Pour le communiqué officiel, c’est ici.

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[1] Ville de Québec, communiqué, 15 novembre 2016 : http://www.ville.quebec.qc.ca/espace_presse/actualites/fiche_autres_actualites.aspx?id=15331

[2] Ville de Québec, Travaux d’entretien des ouvrages d’assainissement, 15 novembre 2016 : http://www.ville.quebec.qc.ca/docs/actualites/15331-480-COM-annexe.pdf