Les déversements injustifiés d’eaux usées : ça suffit!

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La Fondation Rivières s’associe avec Eau Secours! et Nature Québec pour lancer une pétition demandant au gouvernement de faire cesser les débordements d’eaux usées qui polluent les cours d’eau.

Absence de contrôle sur les déversements planifiés d’eaux usées, 62 000 débordements annuels d’eaux non-traitées, 93 municipalités ayant un réseau dont les eaux sont rejetées à l’environnement sans traitement… La situation ne s’améliore pas, au contraire. La Fondation a transmis une lettre proposant des actions concrètes à à la Ministre, on veut un résultat !

Prenez connaissance du communiqué et signez la pétition ici.

Voir la liste des municipalités sans OMAE (ouvrages municipaux d’assainissement des eaux)

Élections Québec 2018 : L’urgence environnementale au premier plan

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Lettre ouverte – Montréal le 26 septembre 2018

 La campagne électorale a permis aux partis politiques de faire connaître leurs offres et leur vision d’avenir. Le Conseil d’administration de la Fondation Rivières est fort inquiet de certaines idées exprimées par les différents partis. Il invite la population à réfléchir à l’impact qu’auraient certaines promesses sur l’environnement. L’urgence planétaire d’agir pour atténuer les changements climatiques est primordiale. Et il faut absolument prendre soin de l’eau, source de vie.

L’eau souillée et gaspillée, la biodiversité affectée

Actuellement, environ 89 municipalités québécoises déversent encore leurs eaux usées non-traitées dans l’environnement (Liste des municipalités sans OMAE). Ailleurs, des épisodes de surverses d’eaux usées provenant des égouts, en temps de pluie, augmentent au gré du développement des territoires, car les infrastructures ont une capacité insuffisante. Les rejets d’eaux usées industrielles, de leur côté, sont rarement contrôlés.

Les initiatives visant à réduire l’érosion des berges et l’usage de pesticides en milieu agricole demeurent l’exception. Les écoulements de pollution sont pourtant bien apparents du haut des airs, et donc faciles à identifier. L’eau potable, quant à elle, se raréfie en périodes de canicules. De nombreux projets de développement sont planifiés sans vérification préalable des capacités d’approvisionnement en eau potable et de traitement des eaux usées.

Feu rouge au développement hydroélectrique

Le développement de l’hydroélectricité a des impacts négatifs sur la biodiversité. Il est trompeur de présenter cette énergie comme étant « verte » juste pour ses bénéfices de réduction des gaz à effet de serre. Au lieu de promettre la construction de nouveaux barrages, Québec doit mettre l’emphase sur la production de « négawatts », cette énergie provenant des économies que nous pouvons tous produire.

D’autre part, le secteur de l’énergie est en pleine transformation. Le coût de l’éolien, à 6,3 ¢/Kwh, est maintenant inférieur à celui de l’hydroélectricité et crée des milliers d’emplois. Celui de l’énergie solaire est en chute libre. La géothermie procure des économies en chauffage et en climatisation. Hydro-Québec offrira bientôt l’autoproduction à ses clients. Le groupe Ouranos prévoit une augmentation de 12 % des précipitations d’ici 2050 dans les régions nordiques, ce qui augmenterait d’autant la production si Hydro limite les déversements de surplus d’eau.

Il ne faut donc plus harnacher de nouvelles rivières à fort prix dans le but d’exporter de l’électricité, alors qu’Hydro-Québec ne peut rentabiliser la vente de ses surplus.

Remblayer, bétonner, asphalter le territoire

Le nouveau Règlement sur la compensation pour l’atteinte aux milieux humides et hydriques est déjà contesté d’abord par François Legault qui a déclaré que les nouvelles règles « manquent de bon sens » et représentent un « problème » pour le développement des villes. Jean-François Lisée s’est ensuite prononcé en critiquant l’application parfois « kafkaïenne » de la réglementation et en précisant « qu’il faut protéger les milieux humides intelligemment, toute grande réforme nécessitant des ajustements d’implantation ». L’importance des milieux humides étant reconnue, ajoutons finalement que même le Bureau d’assurance du Canada fait état dans un rapport de septembre 2018 [1] de la rentabilité économique des infrastructures naturelles (dont les milieux humides) comme solution de mitigation aux inondations. Or, le nouveau règlement vise à établir une juste valeur à ces milieux. Les promoteurs n’auront qu’à prendre cette valeur en compte dans leur choix de terrains et minimiser la surface impactée.

Forages dans les cours d’eau

La nouvelle réglementation n’a pas fermé la porte à l’exploration et l’exploitation presque partout au Québec, y compris dans les cours d’eau, sauf exceptions. L’île d’Anticosti et certaines portions du fleuve sont de plus menacées par un éventuel gouvernement caquiste, même s’il est minoritaire. L’acceptabilité sociale régionale devient un paramètre décisionnel quand un gouvernement n’a pas de vision rassembleuse.

Le rôle de l’État

La récente Stratégie québécoise de l’eau, qui fait suite à la Politique nationale de l’eau de 2002, apporte-t-elle des solutions à ces enjeux ?  Les organismes de bassins versants, l’important pivot sur lequel repose la stratégie gouvernementale, devront assumer un rôle encore plus important.

Mais l’État ne devrait-il pas jouer un rôle accru dans la surveillance et l’accompagnement des municipalités, dans le secteur agricole ainsi que dans le secteur industriel ? La population doit donner, par son vote, un signal fort qu’elle s’attend à des gestes beaucoup plus importants que la simple élimination des pailles de plastique. Ce travail peut être financé par une juste redevance sur l’eau, actuellement infime, et par une meilleure application des lois et règlements.

 

Alain Saladzius, ing.

Président du Conseil d’administration

presidence@fondationrivieres.org

COMMUNIQUÉ – Milieux humides : la Fondation prend position

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Montréal, le 25 septembre 2018 – La Fondation Rivières a appris avec consternation, dans un article de La Presse du 24 septembre 2018, que François Legault, chef de la CAQ, propose d’assouplir les règles de protection des milieux humides qui, selon lui « manquent de bon sens » et représentent un « problème » pour le développement des villes.

La Fondation Rivières dénonce cette vision du passé qui consiste à détruire des milieux humides et hydriques afin de laisser place au développement économique. Surtout que le nouveau règlement provincial récemment promulgué vise essentiellement à établir un juste prix à la valeur importante de ces milieux. Les promoteurs pourront ainsi prendre en compte la juste valeur des terrains convoités en comparaison avec les autres disponibles dans la région, et/ou à minimiser la surface touchée.

La Fondation rappelle à M. Legault que les milieux humides et hydriques sont de véritables usines d’épuration des eaux de surfaces. Ils sont des réservoirs d’eau en période de sécheresse et rechargent les nappes phréatiques. En ces temps de changements climatiques de plus en plus manifestes, voilà un avantage indéniable. De plus, ces milieux contribuent grandement à la régularisation des régimes hydrologiques, surtout en périodes d’inondations. Ajoutons enfin que ces milieux servent de refuge et de pouponnière à une foule d’organismes essentiels à la vie : insectes, animaux et plantes.

Un grand nombre de spécialistes en environnement et en économie voient maintenant les milieux humides et hydriques comme des infrastructures vertes municipales.  Ces infrastructures ont l’avantage d’être déjà en place, elles ne nous coûtent rien à construire et ne coûtent rien en frais de gestion. Ainsi, les services écologiques que procurent les milieux humides et hydriques permettent de réaliser de très grandes économies aux citoyens.

Conserver et protéger les milieux humides : Voilà un comportement responsable, une vision d’avenir réfléchie et une économie durable.

Un texte résumant les bienfaits écologiques des milieux humides est disponible en cliquant sur ce lien:

GARAND G..Milieux humides – Fiche descriptive.pdf

Pour informations :   Guy Garand, vice-président 514 924-2013 presidence@fondationrivieres.org guy.garand@crelaval.qc.ca

La poésie des rivières

La Fondation Rivières est heureuse de se joindre à la démarche de madame Nancy R. Lange, du groupe d’auteurs RAPPEL: Parole-Création, qui a organisé la tenue de dix concours littéraires en relation avec autant de rivières.

Nous rendons aujourd’hui accessibles les œuvres qui ont été inspirées par la rivière Saint-Charles à Québec.

Rivière Richelieu : Un rapport dresse un premier portrait régional de la performance des ouvrages d’assainissement municipaux

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Montréal, le 5 avril 2018 – La qualité inquiétante de l’eau de la rivière constatée en juillet 2017 par les canotiers qui ont parcouru la rivière Richelieu lors de l’événement Le Richelieu en 24h a incité la Fondation Rivières à identifier les sources de pollution d’origine municipales. Cette étude, une première à l’échelle d’un bassin versant, a permis de constater que les déversements d’eaux usées demeurent nombreux et que l’absence de planification dans les travaux à réaliser démontre une gestion aléatoire des infrastructures. Le rapport recommande une nouvelle approche pour que les municipalités soient accompagnées dans l’identification et de la résolution des problèmes environnementaux les plus importants au niveau du bassin versant.

La Fondation Rivières a ainsi colligé les données d’exploitation des années 2014 à 2016 pour 31 systèmes d’assainissement, soit 26 sur le Richelieu et cinq sur le Saint-Laurent. Seulement six des 31 systèmes répondent à toutes les exigences, autant à la station d’épuration que dans le réseau de conduites qui transportent les eaux. Des 31 entités municipales invitées par la Fondation Rivières à discuter des résultats, 22 d’entre-elles, soit 71 %, ont participé à une discussion sur les observations et les actions requises au cours des prochaines années afin de diminuer les rejets dans les différents cours d’eau.  Ces données et discussions ont ensuite été interprétées et évaluées afin de dresser un portrait régional synthétique et représentatif des principaux défis en assainissement. Le travail a également permis de constater une certaine anarchie dans le choix des projets et la gestion des subventions qui ne sont pas nécessairement allouées selon des objectifs environnementaux prioritaires. La Fondation Rivières recommande que les organismes de bassins versants soient appelés à jouer un rôle prépondérant dans l’identification des priorités.

Le rapport Évaluation de performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux – Bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent, années 2014 à 2016, est disponible sur le site web de la Fondation.

Pour lire un article du Journal de Montréal, dans lequel certains constats s’appuient sur ce rapport, cliquez ici.

La Fondation Rivières est un organisme à but non lucratif dont la mission est d’œuvrer à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel des rivières – tout autant que de la qualité de l’eau.

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Pour informations :

Alain Saladzius, FIC, ing.
Président
514 924-2013
presidence@fondationrivieres.org

Gabriel Cliche, B. Sc. A.
Chargé de projets
514 272-2666 poste 23
campagnes@fondationrivieres.org

Port de Montréal à Contrecœur : Un pour tous et tous pour le chevalier cuivré

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Ottawa et Québec appelés à respecter les lois en vigueur et à faire preuve de transparence

Montréal, le 14 février 2018 – Nous annonçons aujourd’hui la création d’une communauté d’intérêt formée de représentants de plusieurs groupes environnementaux et de scientifiques : La Table ronde pour la défense du chevalier cuivré. L’aire de distribution mondiale de ce poisson emblématique de notre biodiversité se situe exclusivement dans la grande région de Montréal. Nous avons la responsabilité en tant que société de tout mettre en œuvre pour assurer la survie à long terme et le rétablissement de la seule population restante de cette espèce dont la situation démographique peut être qualifiée de dramatique puisque l’espèce est en voie de disparition sur la planète.

L’analyse du projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur soulève d’importantes préoccupations quant aux impacts qu’aurait la réalisation de ce projet. En unissant leurs voix sous une même bannière, les chevaliers de la Table ronde espèrent faire contrepoids aux chants des sirènes économiques largement joués lors de l’annonce du projet. Ils veulent aussi faire connaître au grand public l’ensemble des enjeux environnementaux qui touchent le projet. Nous sommes particulièrement inquiets de la destruction annoncée d’éléments de l’habitat essentiel du chevalier cuivré dans le fleuve Saint-Laurent près de Contrecœur.

La Table ronde pour la défense du chevalier cuivré demande aux autorités gouvernementales, nommément Pêches et Océans Canada et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec de faire preuve de transparence en rendant publics dès maintenant tous les avis scientifiques internes traitant de l’impact du projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur sur le chevalier cuivré. Des séances d’information publiques se tiendront à la fin du mois de février et il est crucial que les citoyens ainsi que le promoteur du projet puissent prendre connaissance au préalable de ces informations.

Nous invitons Pêches et Océans Canada à honorer rapidement l’engagement de prendre un arrêté ministériel pour activer la protection de l’habitat essentiel du chevalier cuivré, tel que prescrit pour la sauvegarde des espèces en voie de disparition par la Loi fédérale sur les espèces en péril.

Quant à la population de rainette faux-grillon que l’on retrouve sur le territoire qui serait impactée par le projet, nous demandons à Environnement et Changement climatique Canada d’adopter sans délai un arrêté ministériel pour protéger la partie de son habitat essentiel située sur les terres fédérales. Le ministère est actuellement en retard de 20 mois sur le délai prescrit par la Loi sur les espèces en péril. Rappelons que le déclin de la rainette faux-grillon se poursuit de plus belle dans le sud du Québec et que la population de Contrecœur est l’une des dernières de la Montérégie.

Enfin, nous demandons aux ministères fédéraux responsables de clarifier, au bénéfice du promoteur, le cadre légal de la Loi sur les espèces en péril applicable au projet. À notre grande surprise, l’étude d’impact présente des scénarios incompatibles avec le respect de cette loi et il nous apparaît improductif d’entretenir de faux espoirs sur la possibilité de mener à terme le projet tel qu’il est actuellement présenté.

Au delà de son impact sur la biodiversité, le projet augmenterait la pression sur les milieux naturels terrestres et aquatiques environnants et serait une source importante de pollution de toutes sortes (chimique, atmosphérique, sonore, lumineuse) ainsi que de conflits d’usage. Parce qu’ils ont demain à cœur, les membres de cette Table suivront de près l’évolution du dossier afin d’assurer que les enjeux environnementaux seront réellement tenus en compte.

Les chevaliers de la Table ronde sont, de gauche à droite sur la photo :
Daniel Green, co-président, Société pour vaincre la pollution
Tommy Montpetit, chargé de projet rainette faux-grillon, Ciel et Terre
Martine Chatelain, porte-parole, Coalition Eau Secours
Alain Branchaud, directeur général, Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec)
David Fletcher, porte-parole, Coalition verte-Green Coalition
Louis Bernatchez, professeur, Département de biologie, Université Laval
Sophie Paradis, directrice du Québec, Fond mondial pour la nature (WWF-Canada)
Sylvain Perron, analyste, Fondation David Suzuki pour le Québec
Olivier Kolmel, chargé de la campagne forêt, Greenpeace Canada
Alain Saladzius, président, Fondation Rivières
Christian Simard, directeur général, Nature Québec

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Contacts médias :

SNAP Québec
Charlène Daubenfeld
Responsable des communications
514-378-3880
cdaubenfeld@snapqc.org

Nature Québec
Gabriel Marquis
Responsable des communications
581-307-8613
gabriel.marquis@naturequebec.org

Fondation Rivières
Alain Saladzius
Président
514 924-2013
presidence@fondationrivieres.org

SVP – Société pour Vaincre la Pollution
Daniel Green
Co-président
514-245-4676
svp.pollution@gmail.com

Coalition Eau Secours
Martine Chatelain
Porte-parole
514-769-5529
chatelain.m@hotmail.com

Développement du port de Montréal à Contrecoeur : Plusieurs impacts ignorés ou sous-évalués

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Montréal, le 5 février 2018 – Le 1er février dernier, l’Administration portuaire de Montréal (APM) dévoilait les détails de son projet visant la construction d’un terminal maritime à Contrecœur. Le projet occuperait 4 km de berge naturelle sur le fleuve Saint-Laurent, à proximité d’un secteur résidentiel de Verchères en pleine campagne, face à l’île Bouchard, digne d’un parc. La première phase prévoit un quai de 675 mètres et une capacité de transit de 1,15 million de conteneurs par année. Ce projet inquiète la Fondation Rivières, vu l’ampleur des impacts appréhendés et son incompatibilité avec les usages ruraux, agricoles et touristiques aux alentours du secteur retenu par l’APM.

Le chevalier cuivré et la rainette faux-grillon de l’Ouest, deux espèces protégées par la Loi sur les espèces en péril, sont signalées dans la zone d’étude du projet. Le dragage d’une surface de plus de 160 000 m2 de sédiments est requis pour la construction du quai en phase 1. L’habitat aquatique de ces espèces protégées sera donc influencé négativement, tant par les travaux de construction du quai que par son utilisation quotidienne. Aussi, rappelons que les Îles de Contrecœur, une réserve nationale de la faune, se trouvent à environ 2 km en aval du terminal projeté. Vu cette courte distance, nous craignons que le terminal maritime devienne une nuisance pour cette réserve, la faune qu’elle abrite et la qualité récréotouristique du milieu.

L’habitat humain sera lui aussi touché de manière importante par ce projet. La pollution lumineuse qu’occasionnerait ce terminal, visible jusqu’en Rive Nord, risque de déplaire aux municipalités avoisinantes. La pollution de l’air, le bruit et la poussière dus aux camions et trains transitant par le terminal seront majeurs. L’affluence des camions pourrait atteindre jusqu’à 2 000 véhicules par jour en phase 1 du projet. Cela représente un apport supplémentaire important, non seulement en termes de GES pour l’atmosphère, mais aussi en véhicules sur les routes et autoroutes avoisinantes. L’autoroute 30 connaît déjà des congestions chroniques par endroits et le terminal à Contrecœur viendrait alourdir considérablement ce bilan. La route 132 sera elle aussi perturbée par l’augmentation de l’achalandage causé par le terminal maritime.


Route 132, à proximité du site proposé pour le terminal © Google

L’APM a acquis le terrain à Contrecœur il y a plus de 30 ans. Même si ce site constituait une option intéressante de développement au moment de l’acquisition, l’évolution de nos lois et l’importance d’un aménagement du territoire prenant en compte les divers enjeux environnementaux d’actualités nous poussent à remettre en question la nécessité du projet à cet endroit. Il faut savoir que ce secteur de Contrecœur, considéré comme paradisiaque par certains, possède un énorme potentiel récréotouristique à développer. La construction du terminal à Contrecœur viendrait détruire ce joyau naturel. Le Québec souhaite-t-il devenir une plaque tournante de conteneurs, ou bien un lieu recherché de tous pour ses atouts exceptionnels?

La Fondation Rivières souhaite former une équipe de travail avec d’autres groupes environnementaux et citoyens pour étudier plus en détail ce projet assujetti au processus d’évaluation de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE). La page d’information officielle pour ce projet peut être trouvée ici.

Pour en savoir plus sur ce projet, nous vous recommandons ces articles :

Le Devoir, 1er février 2018, A. Shields : Espèces protégées: l’expansion du Port de Montréal pourrait être bloquée

La Presse, 1er février 2018, B. Bisson : Contrecoeur: un terminal maritime de 650 millions et de 1000 emplois

Le Soleil, 1er février 2018, I. Bussières : Labeaume à la défense du Port de Québec

Le Devoir, 2 février 2018, A. Shields : Terminal de Contrecoeur: Québec contrevient à sa propre loi

Le Devoir, 3 février 2018, A. Shields : Ottawa s’engage à protéger le chevalier cuivré

Zones inondables : il est temps de passer à l’action

Le 1er février se tiendra à Drummondville un congrès provincial sur la gestion des inondations organisé par le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ) et le Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique (GRIL). Les organisateurs mentionnent que « le temps est venu d’outiller les décideurs pour prévenir de nouvelles crises et d’instaurer un dialogue entre acteurs autour des solutions existantes, concrètes et applicables. » À cet effet, les signataires de cette lettre considèrent que le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) devrait reconduire un programme gouvernemental de détermination et de révision des zones inondables du Québec. Ils invitent aussi les administrateurs municipaux à reconsidérer tout projet de développement près des cours d’eau, y compris à l’intérieur des zones de récurrence de 100 ans.

Depuis 2004, il n’existe plus de programme gouvernemental relatif à la détermination des zones inondables. Or, la cartographie offerte est loin d’être complète et la grande majorité des cartes produites l’ont été pour les Basses Terres du Saint-Laurent. Aujourd’hui, le MDDELCC participe à la cartographie par des ententes et des partenariats avec les autorités locales. La responsabilité de cartographier les zones inondables du Québec a ainsi été relayée aux instances municipales, ce qui présente certains problèmes. D’abord, il s’agit d’un fardeau financier supplémentaire pour les petites municipalités, qui peinent parfois à justifier une pareille dépense, malgré des besoins de plus en plus évidents. L’autre problème concerne les méthodes de détermination des zones inondables qui sont diverses et ne sont présentement pas encadrées d’un point de vue réglementaire. Sans remettre en doute l’intégrité de qui que ce soit, cette situation ouvre la porte à des études pouvant davantage répondre aux besoins de particuliers plutôt qu’à la réalité du milieu étudié. De plus, il arrive que les instances municipales n’aient pas assez de connaissances pour juger de la validité des études qui leur seraient soumises, par exemple, par un promoteur immobilier. La reconduction d’un programme gouvernemental de détermination des zones inondables ou, à tout le moins un cadre réglementaire uniformisant les méthodes de délimitation éliminerait cette ambiguïté.

La rivière Sutton en Montérégie, en est un bon exemple. Situé au pied d’un imposant massif montagneux, ce petit cours d’eau à méandres s’écoule au cœur de la ville de Sutton et est parfois soumis à des crues spectaculaires. Au cours des 50 dernières années, des résidents de longue date ont vu la rivière sortir au moins à trois reprises de son lit (1969, 1997 et 2011), et ce, bien au-delà de la limite de la zone de récurrence de 100 ans présentement reconnue. Une levée de boucliers a eu lieu lorsqu’un projet de développement immobilier dans une section inondable de la rivière Sutton fut déposé à la mairie. Il a fallu près d’une année de dialogue entre les citoyens, la ville et la MRC Brome-Missisquoi pour que soit adopté un Règlement de contrôle intérimaire servant à réviser les zones à risque d’inondation dans le secteur du périmètre d’urbanisation du centre-ville de Sutton. N’eût été la vigilance des citoyens de Sutton, ce projet immobilier aurait fort probablement été autorisé sans aucune évaluation indépendante de la situation, exposant les futures propriétés à des risques d’inondation. Cet exemple illustre comment les instances municipales se doivent d’être soucieuses et transparentes face à tout projet à proximité des cours d’eau, ainsi que la nécessité d’une révision des zones inondables à l’échelle nationale. Il va de soi que les municipalités du Québec doivent être tenues d’intégrer une telle cartographie à leurs schémas d’aménagement et que cette cartographie se doit d’être exacte si nous souhaitons nous adapter à la réalité des inondations dans la province.

Avec la publication récente de la Loi sur la conservation des milieux humides et hydriques, indiquant l’importance que le gouvernement du Québec accorde à ces milieux, nous osons croire qu’un soutien proactif du MDDELCC dans la détermination des zones inondables sera préconisé dans un futur rapproché. Avec les risques associés à une mauvaise délimitation et les torts souvent irréparables que causent les inondations, ce serait au bénéfice de tous, tant sur les plans sociaux, économiques et écologiques.

Rien que depuis le début de l’année 2018, des inondations sur la rivière des Mille-Îles à Terrebonne, la rivière Saint-Charles à Québec et un embâcle sur la Yamaska ont fait la manchette. Le temps n’est plus au dialogue; devant les impacts des changements climatiques et la vitesse avec laquelle ils se produisent, assurer une définition adéquate des zones inondables pour les rivières du Québec et y limiter toute nouvelle intervention humaine serait une solution préventive durable, une avancée vers la saine adaptation de nos villes aux changements climatiques et une meilleure protection des écosystèmes.

Signataires :

Gabriel Cliche, B. Sc A., chargé de projets, Fondation Rivières.
campagnes@fondationrivieres.org
bureau : 514-272-2666 poste 23

Louise Gratton, M. Sc. Biologie, consultante en écologie et conservation, résidente de Sutton.
louisegratton@jeangaudet.ca
cellulaire : 450-776-8496

Diana Dyer, enseignante à la retraite, résidente de Sutton.
sadiedyer@gmail.com
cellulaire : 450-777-6789

Rivière Magpie: il faut créer une aire protégée

 

Il y a quelques semaines, la SNAP Québec (Société pour la nature et les parcs du Canada) a organisé une manifestation éclair qui a eu un dénouement inespéré : un représentant d’Hydro-Québec est venu déclarer aux participants qu’il n’y avait plus de projet de barrage sur la rivière Magpie.

Maintenant que le dernier obstacle est levé, le gouvernement a toutes les cartes en main pour créer une aire protégée légalement reconnue. Il est donc important de signer et partager cette pétition pour protéger cette rivière exceptionnelle, reconnue mondialement, et que l’on a eu le plaisir de descendre avec Robert Kennedy jr en 2004 pour la faire connaître.

Sauvons la Magpie!

Après la victoire contre Énergie Est…

Il faut dire NON aux forages pétroliers dans nos lacs, rivières et milieux naturels!

C’est avec soulagement et grande fierté que la Fondation Rivières et Nature Québec ont appris cette semaine l’abandon du plus grand projet d’oléoduc en Amérique du Nord, le projet Énergie Est. Après 4 ans de lutte et avec votre soutien actif, nous avons prouvé qu’il est possible de défaire Goliath lorsque nous sommes unis et déterminés. BRAVO ET MERCI !

Lire la suite, dont un commentaire de Roy Dupuis