NON À UN NOUVEL “ÉNERGIE EST” GAZIER! SIGNEZ LA PÉTITION!

La compagnie GNL Québec propose la construction d’un pipeline gazier de 750 km nommé Gazoduq, d’une usine de liquéfaction du gaz nommée Énergie Saguenay et d’un terminal maritime d’exportation par super-méthaniers qui navigueraient sur le Saguenay. Ce vaste projet vise à exporter du gaz fossile de l’Ouest canadien vers les marchés internationaux, en passant par l’Abitibi et le Témiscamingue, la Haute-Mauricie, le Lac-Saint-Jean, le Saguenay, le Fjord du Saguenay et le Saint-Laurent.

Ce projet accentuerait la crise climatique, car il ouvrirait de nouveaux marchés au gaz fossile nord-américain, notamment des gaz de schiste. À lui seul, il génèrerait 7,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année, assez pour annuler les efforts de réduction de GES du Québec.

Ce projet aurait des impacts majeurs sur les milieux naturels et la biodiversité du Québec. Que l’on songe seulement à la vaste cicatrice qui serait créée sur le territoire, aux cours d’eau traversés, au paysage du fjord défiguré ou aux menaces affectant le béluga et autres mammifères du fleuve. Et tout cela au profit de qui ?

La population subventionne déjà le financement de l’industrie fossile, de tels projets peuvent être non-rentables en soi. Le Québec ne doit pas être complice de ce nouveau projet de gaz fossile qui perdurera 50 ans, loin d’une transition énergétique, contrairement à ce que plaide le promoteur.

Ce projet requière de plus une puissance de 550 MW d’électricité à rabais d’Hydro-Québec pour la liquéfaction du gaz. Hydro-Québec a assurément des usages plus nobles à faire de son hydroélectricité et n’a pas à se faire complice d’un tel projet qui ferait reculer le Québec dans ses objectifs de diminution de GES.

SIGNEZ LA PÉTITION ICI ET DÉMONTREZ VOTRE OPPOSITION

 

Groupes environnementaux impliqués :

Coalition Fjord

Nature Québec

Greenpeace

Rivière Mitis : travaux d’Hydro-Québec en eaux troubles

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Une grande quantité de matières en suspension se dégageait d’un chantier d’Hydro-Québec lundi sur la rivière Mitis. La Fondation Rivières a aussitôt porté plainte au ministère de l’Environnement qui a fait arrêter le chantier. La rivière Mitis est une rivière à saumons et donc très sensible à toute pollution en cas d’envasement des aires de fraie, de ses fosses, notamment à son embouchure où les vitesses sont plus lentes. Le ministère de l’Environnement a arrêté les travaux et demandé à l’Entrepreneur de réviser sa méthode de travail.

La semaine dernière, la Fondation avait déjà demandé dans une lettre au premier ministre Legault de sursoir à la construction du système de capture du saumon au barrage Mitis-2, une petite centrale hydroélectrique d’Hydro-Québec maintenant abandonnée. La Fondation Rivières préconise plutôt la restauration des lieux et la libre circulation du saumon plutôt que la construction d’une coûteuse installation bétonnée sur les berges de la rivière et le transport du saumon par camion. La Fondation veut ainsi contribuer à l’amélioration du projet de Parc régional de la rivière Mitis et de la Réserve naturelle Jules A. Brillant.

27 septembre : La Fondation Rivières sera en grève pour la planète

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Ce matin, le dernier rapport du GIEC mentionnait les conséquences catastrophiques qu’auraient sur les humains et sur l’environnement les changements climatiques anticipés si un redressement majeur n’est pas réalisé. Lire l’article du Devoir ici.

Des choix individuels responsables peuvent certes aider à réduire certains des impacts, mais ce sont surtout des politiques publiques RADICALES qui doivent être mises en action, et ce le plus rapidement possible, pour éviter une crise climatique qui met en danger la civilisation actuelle.

La Fondation Rivières sera en grève à Montréal ce vendredi 27 septembre pour exiger de nos gouvernements des actions immédiates. Il y a urgence d’agir. Si vous souhaitez marcher avec la Fondation Rivières et Eau Secours lors de cette grève, venez nous rejoindre au Parc Jeanne-Mance (coin de l’Esplanade et Mont-Royal) le 27 septembre à midi.

Si vous souhaitez participer à la grève ailleurs au Québec, vous pouvez consulter la liste des manifestations qui auront lieu ce vendredi ICI.

Déversement d’eaux contaminées

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La Fondation vient de loger une plainte au ministère de l’Environnement concernant un surprenant déversement d’eaux contaminées à Sainte-Anne-de-Bellevue. Des enfants ont été très surpris par la couleur et le nuage de contamination dans l’eau. Et vous ? Et si un tel déversement se faisait en amont d’une prise d’eau potable ? Les explications du Ministère sont attendues avec impatience. La ville de Montréal a aussi été saisie du dossier.

 

Rivières Bécancour et Châteauguay : Identification des priorités d’actions municipales

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Deux plus récentes études de la Fondation Rivières sur l’assainissement des eaux usées sont maintenant rendues publiques. Ces études identifient les priorités d’action qui sont suggérées aux 65 municipalités dont la performance des installations de traitement et la fréquence de déversements d’eaux usées ont été évaluées entre 2014 et 2016. Ce sont les organismes de bassin versant GROBEC et SCABRIC, qui ont commandé ces études, lesquelles ont été présentées lors de leurs assemblées générales annuelles. Le travail se poursuit maintenant en assistant les municipalités dans leurs démarches, de même qu’avec le COVABAR et l’OBVBM.

Les rapports Évaluation de performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux – Bassin versant de la rivière Bécancour, années 2014 à 2017 et Évaluation de performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux – Bassin versant de la Zone Châteauguay, années 2014 à 2016 sont disponibles sur le site web de la Fondation.

 

Pour information :

Alain Saladzius, FIC, ing.
Président
514 924-2013
presidence@fondationrivieres.org

Sophie Baril, B. Sc.
Chargée de projets
514 272-2666 poste 26
campagnes2@fondationrivieres.org

GRAND SPLASH 2019 : Les Montréalais sautent dans le fleuve!

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour diffusion immédiate

GRAND SPLASH 2019

Sauter dans le fleuve pour réclamer l’accès aux berges de l’Île de Montréal

Montréal, le 30 juillet 2019 – Plus d’une centaine de baigneurs se sont joints aujourd’hui au Comité citoyen Montréal Baignade pour le traditionnel saut dans le fleuve Saint-Laurent, à partir du quai Jacques-Cartier dans le Vieux-Port de Montréal. Cette 15e édition du Grand Splash a mobilisé les baigneurs afin de revendiquer davantage d’accès public aux berges de l’île de Montréal et à un meilleur contrôle de la qualité de l’eau.

Une participation assidue

L’événement suscite un engouement indéfectible de la part de ses premiers organisateurs encore présents, notamment madame Chantal Rouleau, Ministre déléguée aux Transports et Ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, monsieur Léonce Naud de la Société des gens de baignade et de monsieur Pierre Lussier, Directeur du Jour de la Terre.

Plusieurs élus de la Ville de Montréal ont également fait le saut dans les eaux du fleuve, notamment mesdames Émilie Thuillier, mairesse d’arrondissement de Ahuntsic-Cartierville et Marie-Josée Parent, conseiller de la Ville – district Champlain-l’Ile-des-Sœurs, et de messieurs Sylvain Ouellet, conseiller de la Ville – district François-Perrault et vice-président du comité exécutif, Robert Beaudry, conseiller de la Ville – district Saint-Jacques et membre du comité exécutif, ainsi que plusieurs autres élu(e)s.

Qualité de l’eau

Les derniers résultats d’analyses bactériologiques du 24 juillet à l’endroit du Grand Splash, effectués par la Ville de Montréal, révélaient une excellente qualité d’eau, soit 5 UFC/ 100 ml, largement sous le seuil de 20 UFC/100 ml pour avoir une eau d’excellente qualité. La température y était de 23 degrés Celsius.

Des analyses bactériologiques supplémentaires effectuées à 6h30 tout juste avant le Grand Splash ont confirmé l’excellente qualité de l’eau du bassin Jacques-Cartier avec un résultat de 0,64 mMFU/100 ml. Ce résultat rapide fut obtenu à l’aide d’une nouvelle technologie d’analyse rapide basée sur des réactions enzymatiques.

Se baigner en ville : une priorité

« L’idée que l’eau du fleuve bordant l’île de Montréal ne soit pas de bonne qualité, est fausse. Il faut cependant être bien informé des conditions de qualité de l’eau qui changent souvent selon l’endroit et la météo. Nous sommes heureux que notre implication puisse contribuer à l’identification de solutions optimales en termes d’aménagement et d’analyse rapide de la qualité bactériologique de l’eau, ce qui aidera à la réalisation de projets intéressants tels celui du bain fluvial au Vieux-Port de Montréal, la promenade Bellerive ou la plage de l’Est » déclare Alain Saladzius, Président de la Fondation Rivières et membre du Comité citoyen Montréal Baignade.

« 2019 est une année exceptionnelle pour le Grand Splash, car d’une part, nous sommes heureux d’avoir transmis le flambeau de l’organisation de l’événement à la Fondation Rivières et qu’il s’agit de l’année de l’inauguration de la plage de Verdun, premier jalon devant la construction d’un bain portuaire au Vieux-Port », déclare Pierre Lussier, Directeur du Jour de la Terre et membre du comité Montréal Baignade depuis 2003.

Comité citoyen Montréal Baignade

Le Comité citoyen Montréal Baignade est un groupe de citoyens montréalais préoccupés par le manque d’accès publics aux berges et à l’eau du fleuve Saint-Laurent, ceinturant l’île de Montréal. Chaque année, ils se réunissent durant la période estivale pour le Grand Splash afin de faire valoir leurs revendications auprès des élus et des citoyens. Depuis 2003, de nombreux citoyens et citoyennes se sont investis à la cause.

Fondation Rivières      

La Fondation Rivières a pour mission d’œuvrer à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel des rivières et lacs, tout autant que de la qualité de l’eau. La Fondation Rivières appuie les activités faisant la promotion d’un usage récréatif responsable de l’eau, afin que les gens reprennent contact avec cette précieuse ressource commune.

Collaborations

L’organisation de l’événement a bénéficié du soutien de Rafting Nouveau Monde sur la rivière Rouge, du Petit Navire dans le Vieux-Port de Montréal, de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et pour l’analyse de la qualité de l’eau, du Bota Bota spa-sur-l’eau, de l’École Polytechnique de Montréal et du Groupe Aquacion inc.

 

Pour information :

Julie Sabourin
Chargée de communication
Fondation Rivières, pour le Comité citoyen Montréal Baignade
514 576-2974 | montrealbaignade@gmail.com

Alain Saladzius, ing.
Président
Fondation Rivières, pour le Comité citoyen Montréal Baignade
514 924-2013 | presidence@fondationrivieres.org

 

 

Ligne de transport d’électricité à Saint-Adolphe-d’Howard

Québec prend bien tardivement de “grands” moyens pour forcer Hydro-Québec à cesser de polluer les cours d’eau sur le tracé de la ligne de transport d’électricité en construction à Saint-Adolphe-d’Howard. L’avis préalable envoyé en décembre dernier détaille en 37 pages les multiples infractions à la Loi sur la qualité de l’environnement qu’a encouru l’entrepreneur lors de ses travaux, sous le nez d’Hydro-Québec, qui surveillait le tout. Et il a fallu que des pressions soient exercées pendant des mois sur le MELCC pour que les premiers gestes soient posés. Tel que souligné par Monsieur Alain Saladzius lors d’une entrevue à CIME FM, comment expliquer de telles bévues par une société d’État qui construit des centaines de kilomètres de lignes électriques chaque année? De tels travaux à proximité de cours d’eau sont pourtant monnaie courante au Québec, pays de rivières. Y a-t-il eu des passes-droit? La simple incompétence ne peut justifier la situation chez une société d’État.

L’ordonnance du MELCC remise à Hydro-Québec aujourd’hui demeure bien timide et fort tardive à la veille de la fonte des neiges qui débutera sous peu, entraînant de fortes pressions sur les sols. Le MELCC devrait assurément imposer des méthodes de travail efficaces pour endiguer la pollution appréhendée de façon imminente. Rappelons les pouvoir du ministre dans ce cas :

Article 114 de la Loi sur la qualité de l’environnement :

Lorsqu’une personne ou une municipalité ne respecte pas une disposition de la présente loi, de l’un de ses règlements, d’une autorisation, d’une ordonnance, d’une approbation, d’une attestation, d’une accréditation ou d’une certification délivrée en vertu de ceux-ci, notamment en réalisant des travaux, constructions, ouvrages ou toute autre activité en contravention de l’un d’eux, le ministre peut, aux conditions qu’il fixe, ordonner à cette personne ou municipalité l’une ou plusieurs des mesures suivantes pour remédier à la situation:

1°  cesser, modifier ou limiter l’exercice de l’activité concernée, dans la mesure qu’il détermine;

2°  diminuer ou cesser le rejet de contaminants dans l’environnement, de même qu’installer ou utiliser tout équipement ou appareil nécessaire à cette fin, le cas échéant;

3°  démolir, en tout ou en partie, les travaux, constructions ou ouvrages concernés;

4°  remettre les lieux, en tout ou en partie, dans l’état où ils étaient avant que ne débutent ces travaux, constructions, ouvrages ou autres activités ou dans un état s’en rapprochant;

5°  mettre en œuvre des mesures compensatoires;

6°  prendre toute autre mesure que le ministre estime nécessaire pour corriger la situation.

Le ministre peut également, lorsqu’il l’estime nécessaire pour assurer la surveillance de la qualité de l’environnement, ordonner au propriétaire, au locataire ou à tout autre responsable d’un lieu où se trouve une source de contamination d’installer, dans les délais et à l’endroit qu’il désigne, toute catégorie ou type d’équipements ou d’appareils aux fins de mesurer la concentration, la qualité ou la quantité de tout contaminant et obliger le responsable à transmettre les données recueillies selon les modalités qu’il détermine.

Le ministre peut en outre ordonner au propriétaire, au locataire ou à tout autre responsable d’un lieu où se trouve une source de contamination d’installer les ouvrages qu’il juge nécessaires, dans les délais et à l’endroit qu’il désigne, pour lui permettre le prélèvement d’échantillons, l’analyse de toute source de contamination ou l’installation de tout équipement ou appareil décrit au deuxième alinéa et l’obliger à transmettre les données recueillies selon les modalités qu’il détermine.

Bref historique :

Dépôt de l’avis d’ordonnance (décembre 2018)
Article du Devoir
Article de CIME FM

Dépôt de l’ordonnance (février 2019)
Article du Devoir
Article de CIME FM
Annonce en direct du Ministre Charette (Facebook)
Communiqué de presse officiel du MELCC

Ensemble, continuons de protéger l’eau

Saviez-vous qu’il est possible d’avoir des cours d’eau de qualité au Québec, une eau que l’on pourrait boire et dans laquelle on pourrait se baigner sans crainte ? Que des solutions existent pour réduire la pollution, pour peu que chacun prenne ses responsabilités ? Que la qualité de l’eau est un important élément contribuant non seulement à notre santé, mais aussi à celle de toute la biodiversité?

Toute l’année, l’équipe de la Fondation Rivières a travaillé à identifier des sources de pollution, à informer la population et à influencer les décideurs en faveur d’une meilleure protection de l’eau. L’eau doit être au cœur de nos préoccupations, c’est indispensable à la vie.

Voici ce que nous avons notamment accompli grâce à votre soutien :

Ce n’est qu’avec votre soutien que nous pourrons poursuivre ce travail acharné en 2019, afin d’inciter les décideurs municipaux et gouvernementaux à mettre en place les meilleures pratiques possibles pour nos cours d’eau.

Soutenez nos actions en devenant membre ou en faisant un don, soit directement à la Fondation Rivières, soit par l’adoption d’une rivière. Une adoption vous permettra d’obtenir un reçu fiscal déductible d’impôt. Une déduction de 35% est accordée sur les premiers 200$, puis une déduction de 53% supplémentaires est accordée sur l’excédent de ce montant. Cela fait qu’en réalité, il peut vous en coûter moins que la moitié du don pour soutenir notre mission!

Au nom du Conseil d’administration et de l’équipe de la Fondation, merci pour votre soutien,
JOYEUSES FÊTES ET UNE BONNE ANNÉE 2019 À VOUS!

Les déversements injustifiés d’eaux usées : ça suffit!

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La Fondation Rivières s’associe avec Eau Secours! et Nature Québec pour lancer une pétition demandant au gouvernement de faire cesser les débordements d’eaux usées qui polluent les cours d’eau.

Absence de contrôle sur les déversements planifiés d’eaux usées, 62 000 débordements annuels d’eaux non-traitées, 93 municipalités ayant un réseau dont les eaux sont rejetées à l’environnement sans traitement… La situation ne s’améliore pas, au contraire. La Fondation a transmis une lettre proposant des actions concrètes à à la Ministre, on veut un résultat !

Prenez connaissance du communiqué et signez la pétition ici.

Voir la liste des municipalités sans OMAE (ouvrages municipaux d’assainissement des eaux)

Élections Québec 2018 : L’urgence environnementale au premier plan

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Lettre ouverte – Montréal le 26 septembre 2018

 La campagne électorale a permis aux partis politiques de faire connaître leurs offres et leur vision d’avenir. Le Conseil d’administration de la Fondation Rivières est fort inquiet de certaines idées exprimées par les différents partis. Il invite la population à réfléchir à l’impact qu’auraient certaines promesses sur l’environnement. L’urgence planétaire d’agir pour atténuer les changements climatiques est primordiale. Et il faut absolument prendre soin de l’eau, source de vie.

L’eau souillée et gaspillée, la biodiversité affectée

Actuellement, environ 89 municipalités québécoises déversent encore leurs eaux usées non-traitées dans l’environnement (Liste des municipalités sans OMAE). Ailleurs, des épisodes de surverses d’eaux usées provenant des égouts, en temps de pluie, augmentent au gré du développement des territoires, car les infrastructures ont une capacité insuffisante. Les rejets d’eaux usées industrielles, de leur côté, sont rarement contrôlés.

Les initiatives visant à réduire l’érosion des berges et l’usage de pesticides en milieu agricole demeurent l’exception. Les écoulements de pollution sont pourtant bien apparents du haut des airs, et donc faciles à identifier. L’eau potable, quant à elle, se raréfie en périodes de canicules. De nombreux projets de développement sont planifiés sans vérification préalable des capacités d’approvisionnement en eau potable et de traitement des eaux usées.

Feu rouge au développement hydroélectrique

Le développement de l’hydroélectricité a des impacts négatifs sur la biodiversité. Il est trompeur de présenter cette énergie comme étant « verte » juste pour ses bénéfices de réduction des gaz à effet de serre. Au lieu de promettre la construction de nouveaux barrages, Québec doit mettre l’emphase sur la production de « négawatts », cette énergie provenant des économies que nous pouvons tous produire.

D’autre part, le secteur de l’énergie est en pleine transformation. Le coût de l’éolien, à 6,3 ¢/Kwh, est maintenant inférieur à celui de l’hydroélectricité et crée des milliers d’emplois. Celui de l’énergie solaire est en chute libre. La géothermie procure des économies en chauffage et en climatisation. Hydro-Québec offrira bientôt l’autoproduction à ses clients. Le groupe Ouranos prévoit une augmentation de 12 % des précipitations d’ici 2050 dans les régions nordiques, ce qui augmenterait d’autant la production si Hydro limite les déversements de surplus d’eau.

Il ne faut donc plus harnacher de nouvelles rivières à fort prix dans le but d’exporter de l’électricité, alors qu’Hydro-Québec ne peut rentabiliser la vente de ses surplus.

Remblayer, bétonner, asphalter le territoire

Le nouveau Règlement sur la compensation pour l’atteinte aux milieux humides et hydriques est déjà contesté d’abord par François Legault qui a déclaré que les nouvelles règles « manquent de bon sens » et représentent un « problème » pour le développement des villes. Jean-François Lisée s’est ensuite prononcé en critiquant l’application parfois « kafkaïenne » de la réglementation et en précisant « qu’il faut protéger les milieux humides intelligemment, toute grande réforme nécessitant des ajustements d’implantation ». L’importance des milieux humides étant reconnue, ajoutons finalement que même le Bureau d’assurance du Canada fait état dans un rapport de septembre 2018 [1] de la rentabilité économique des infrastructures naturelles (dont les milieux humides) comme solution de mitigation aux inondations. Or, le nouveau règlement vise à établir une juste valeur à ces milieux. Les promoteurs n’auront qu’à prendre cette valeur en compte dans leur choix de terrains et minimiser la surface impactée.

Forages dans les cours d’eau

La nouvelle réglementation n’a pas fermé la porte à l’exploration et l’exploitation presque partout au Québec, y compris dans les cours d’eau, sauf exceptions. L’île d’Anticosti et certaines portions du fleuve sont de plus menacées par un éventuel gouvernement caquiste, même s’il est minoritaire. L’acceptabilité sociale régionale devient un paramètre décisionnel quand un gouvernement n’a pas de vision rassembleuse.

Le rôle de l’État

La récente Stratégie québécoise de l’eau, qui fait suite à la Politique nationale de l’eau de 2002, apporte-t-elle des solutions à ces enjeux ?  Les organismes de bassins versants, l’important pivot sur lequel repose la stratégie gouvernementale, devront assumer un rôle encore plus important.

Mais l’État ne devrait-il pas jouer un rôle accru dans la surveillance et l’accompagnement des municipalités, dans le secteur agricole ainsi que dans le secteur industriel ? La population doit donner, par son vote, un signal fort qu’elle s’attend à des gestes beaucoup plus importants que la simple élimination des pailles de plastique. Ce travail peut être financé par une juste redevance sur l’eau, actuellement infime, et par une meilleure application des lois et règlements.

 

Alain Saladzius, ing.

Président du Conseil d’administration

presidence@fondationrivieres.org