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Boom minier sans précédent autour du Mont Tremblant et dans le sud du Québec : Appel au moratoire

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Montréal, 18 août 2022 – Dans une nouvelle carte rendue publique aujourd’hui, une coalition d’organismes environnementaux révèle un boom de claims miniers variant de 49,1 % à 408 % dans quatre régions touristiques du sud du Québec. Face à ce boom sans précédent, la coalition presse Québec d’instaurer un moratoire, et ce, tant que les règles dictées par la Loi sur les mines n’auront pas été modifiées. 

Ce boom de claims miniers concorde avec une augmentation de la demande mondiale pour les minéraux dits « d’avenir » et le lancement du Plan québécois de valorisation des minéraux critiques et stratégiques, à l’automne 2020. Parmi les faits saillants relevés par les organismes, notons :

  • Une augmentation 4,9 fois plus rapide que dans le reste du Québec – C’est dans Lanaudière qu’on observe la plus forte augmentation de titres miniers depuis janvier 2021 (408 %), suivi de l’Outaouais (211%), des Laurentides (71,2 %) et de la Mauricie (49,1 %). Il s’agit d’une augmentation moyenne de 129%, soit 4,9 fois plus élevée que l’augmentation observée sur l’ensemble du territoire québécois au cours de la même période.
  • Autour de parcs et dans des réserves fauniques d’envergure – On compte aujourd’hui plus de 15 413 titres miniers dans l’Outaouais (4 359), les Laurentides (3 160), Lanaudière (3 827) et la Mauricie (4 067). Des centaines de claims sont collés sur des parcs nationaux et régionaux d’envergure (Mont Tremblant, Lac Taureau, etc.), alors que d’autres se retrouvent directement à l’intérieur de réserves fauniques d’importance (Papineau-Labelle, La Vérendrye, etc.).
  • Une augmentation 4 fois plus importante que celle des territoires protégés – À l’échelle du Québec, l’augmentation de la superficie couverte par des titres miniers depuis janvier 2021 (8,7 à 11,3 millions d’hectares ou +29,9 %) est 4 fois plus importante que l’augmentation des territoires protégés de l’activité minière (45,8 à 49,2 millions d’hectares ou +7,4 %) instaurés au cours de la même période.
  • Aussi grand que la Belgique, le Danemark et la Suisse réunis Le Québec est vaste et bien que la superficie de son territoire aujourd’hui couverte de titres miniers paraît faible (6,8% du territoire ou 11,3 millions d’hectares), cela équivaut dans les faits à 20,4 millions terrains de football ou la superficie totale de la Belgique, du Danemark et de la Suisse réunis. 
  • Populations non informées, non consultées Rien dans la Loi sur les mines n’oblige présentement les entreprises minières à informer ou à consulter les citoyens, les municipalités et les communautés autochtones avant d’acquérir de nouveaux claims miniers sur leurs territoires. D’un simple clic en ligne, n’importe qui peut acquérir un claim avec moins de 40 $. Une fois acquis, le claim confère un « droit exclusif » à son détenteur qui peut alors le renouveler indéfiniment à peu de frais, empêchant dès lors la création d’aires protégées ou l’aménagement intégré du territoire.

Face à cette vague de claims miniers qui déferle sur le sud du Québec de façon chaotique, sans planification et sans consultation des populations locales, les organismes pressent Québec d’instaurer un moratoire. Dans une lettre envoyée au gouvernement, ils demandent notamment de revoir la Loi sur les mines et les règles d’application des « territoires incompatibles avec l’activité minière » (TIAM) afin de mieux protéger les zones touristiques et les milieux naturels valorisés. 

Cet appel fait écho aux quelque 25 municipalités présentement mobilisées dans le sud du Québec, de même qu’à une autre demande faite plus tôt cette année concernant la nécessité de protéger des eskers d’eau potable en Abitibi-Témiscamingue.

Rappelons qu’un récent sondage Léger souligne que 3 personnes sur 4 au Québec (78 %) se disent favorables « d’exiger le consentement des populations locales (p.ex.: municipalités, Nations autochtones) avant d’autoriser toute activité minière sur leur territoire ». Une proportion semblable (75 %) demande « d’interdire tout projet minier dans des zones touristiques ou de villégiature ». La quasi-totalité (89 %) des répondants souhaitent « interdire le rejet de déchets miniers dans tout lac, rivière ou milieu écologique sensible ».

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Source :
Coalition Québec meilleure mine

Pour information :

  • Ugo Lapointe, Coalition Québec meilleure mine : 514-708-0134
  • Alice de Swarte, Société pour la nature et les parcs – SNAP Québec : 514 575 4941
  • Rébecca Pétrin, Eau Secours : 514-246-9075
  • Louis St-Hilaire, Regroupement pour la protection des lacs de la Petite-Nation : 514-591-9167
  • André Bélanger, Fondation Rivières, 514-272-2666, 301
  • Martin Vaillancourt, Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement, (418) 265-7545
  • Daniel Tokatéloff, Association pour la protection du lac Taureau (514-973-5187,  514-212-2112)

Appuyant cette demande (alphabétique) :

  • Association pour la protection du lac Taureau (APLT)
  • Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)
  • Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté (Centr’ERE)
  • Coalition Québec meilleure mine
  • Eau Secours 
  • Fondation Rivières
  • Nature Québec
  • Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ)
  • Regroupement pour la protection des lacs de la Petite-Nation
  • Société pour la nature et les parcs – SNAP Québec
  • SOS – Grenville-sur-la-Rouge

Citations :

« Ce que notre carte démontre est bien pire qu’on ne pouvait l’imaginer. On assiste actuellement à l’appropriation de vastes pans du sud du Québec par l’industrie de l’exploration minière. Ceci se passe sans que les citoyens le sachent et aient un mot à dire. A ce rythme, on sera bientôt devant un fait accompli. Le Québec va devenir l’Alberta des minéraux. » – Louis St-Hilaire, Regroupement pour la protection des lacs de la Petite-Nation 

« L’Abitibi c’est bâti sur un boom de claims miniers il y a 100 ans, boom qui n’a cessé de s’étendre depuis, sans consulter la population, dans le chaos total de la Loi des mines. Quarante pourcents du territoire abitibien est aujourd’hui « gelé » en raison des claims miniers, empêchant toute autre utilisation du territoire. Il ne faudrait pas que le sud du Québec subisse cette archaïque politique. » – Richard Desjardins, Action boréale

« Le gouvernement et l’industrie minière font beaucoup de publicité sur les minéraux d’avenir. Mais dans ce dossier, c’est aussi de notre avenir dont il est question et on aimerait avoir un mot à dire sur le sujet. Pour l’instant, on n’a aucune écoute du gouvernement et on craint de devenir une région sacrifiée. » – David Pharand, maire de Duhamel

« Le Québec ne peut pas aller de l’avant avec des minéraux dits « d’avenir » avec des lois et des pratiques du passé. Il faut remettre la santé et l’environnement au coeur des lois et des politiques minières actuelles » – Ugo Lapointe, Coalition Québec meilleure mine 

« La protection de l’environnement est à la base d’une industrie minière responsable et compétitive. Le Québec a de nombreux atouts pour se positionner en leader, mais il ne doit pas céder à l’urgence. Le gouvernement doit atteindre les objectifs environnementaux et également veiller à l’acceptabilité sociale des projets auprès des communautés d’accueil.» – Martin Vaillancourt, Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement

« En 2022, il est plus que temps de cesser de considérer les milieux naturels du Québec comme un simple réservoir de ressources industrielles à exploiter. Réserver de grands pans de nature inviolée pour notre bien-être physique et spirituel et celui de nos descendants est plus qu’une nécessité, c’est un impératif.» – Normand Ethier, SOS Grenville-sur-la-Rouge

« Il ne faut pas sous-estimer le boom minier qui est en cours et à venir associé à la demande américaine et européenne, notamment pour fournir les minéraux nécessaires à la fabrication de batteries. La population n’est pas prête à sacrifier sa santé et l’environnement en prétendant sauver le climat. Ça prend une véritable transition écologique qui est bien plus vaste que la fabrication de batteries.» – Daniel Tokatéloff – Association pour la protection du lac Taureau

« Alors que le Québec s’apprête à accueillir la COP15 sur la biodiversité, il est urgent de revoir nos pratiques d’aménagement et de prioriser la conservation et l’accès à la nature, pour des territoires vivants et protégés. Il est temps que les claims nature remplacent les claims miniers !  » – Alice de Swarte, Société pour la nature et les parcs du Québec (SNAP Québec) 

« Sachant l’importance qu’occupent les milieux humides et hydriques pour la qualité de nos vies mais également comme ressource vitale en eau, il est complètement insouciant de laisser l’industrie minière avoir le loisir d’explorer où bon lui semble. Nous devons protéger ces milieux, c’est la qualité de vie de tous et des générations futures qui en dépend. » – Rébecca Pétrin, Eau Secours

« Nos citoyens sont très attachés à notre territoire, parsemé de lacs et cours d’eau exceptionnels. On entend très clairement leur message et nous le partageons. Dans les règles actuelles du gouvernement, notre MRC est incompatible avec l’activité minière. » – Benoit Lauzon, préfet de la MRC de Papineau

Documentation :

À propos de Coalition Québec meilleure mine

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! a vu le jour au printemps 2008 et est, aujourd’hui, constituée d’une trentaine d’organismes, dont Fondation Rivières, représentant plus de 250 000 membres au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, afin d’harmoniser ses activités avec le milieu et de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental.

Photo : Tobias Kleeb

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