Rivière Richelieu : un rapport dresse un premier portrait régional de la performance des ouvrages d’assainissement municipaux

Communiqué de presse – La qualité inquiétante de l’eau de la rivière constatée en juillet 2017 par les canotiers qui ont parcouru la rivière Richelieu lors de l’événement Le Richelieu en 24h a incité la Fondation Rivières à identifier les sources de pollution d’origine municipales. Cette étude, une première à l’échelle d’un bassin versant, a permis de constater que les déversements d’eaux usées demeurent nombreux et que l’absence de planification dans les travaux à réaliser démontre une gestion aléatoire des infrastructures. Le rapport recommande une nouvelle approche pour que les municipalités soient accompagnées dans l’identification et de la résolution des problèmes environnementaux les plus importants au niveau du bassin versant.

Étude de performance des ouvrages de traitement des eaux usées - Rivière Richelieu - Fort de Chambly

Rivière Richelieu – Évaluation de performance des ouvrages de traitement des eaux usées 2014 – 2016

Rivière Richelieu – Évaluation des ouvrages de traitement des eaux usées 2014 - 2016

Bassin de Chambly, avec vue sur le Fort Chambly. Crédit : Axel R-D

Un premier portrait régional de la performance des ouvrages de traitement des eaux usées pour Fondation Rivières

 Pollution fécale visible et qualité de l’eau inquiétante : voilà ce à quoi ont été confrontés des canotiers en 2017 lors d’un événement sur la rivière Richelieu. C’est également ce qui a motivé Fondation Rivières à entreprendre une évaluation à l’échelle du bassin versant de la rivière Richelieu afin d’identifier les sources de pollution d’origine municipale. 

Une telle évaluation n’avait jamais été réalisée de manière aussi détaillée au Québec auparavant. À l’époque, l’accès aux données brutes de suivi de traitement des eaux usées était difficile et les informations généralement présentées étaient formatées de manière à ne pas inquiéter les citoyens. 

 
 

Services

Partenaires

 

Méthodologie

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Stations d'épuration
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Ouvrages de surverses
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données saisies manuellement

L’évaluation des performances de traitement des eaux usées implique d’interpréter des données de suivi des ouvrages et ce, sur plusieurs années et à l’échelle du bassin versant. Or, ces données n’étaient disponibles que sous forme de rapports annuels, segmentés par ouvrages. Un fastidieux travail de structuration et de saisie manuelle de données a donc été entrepris par Fondation Rivières afin de dresser un portrait juste de la situation entre 2008 et 2016. Ce travail a permis d’avoir une bonne idée des tendances et de l’ampleur des problématiques en termes de traitement des eaux usées sur la rivière Richelieu. 

 

En plus de réaliser des évaluations quantitatives à partir des données publiques, Fondation Rivières a contacté les municipalités opérant des ouvrages d’assainissement. L’objectif : valider les constats tirés des données de suivi et connaître les actions entreprises par les municipalités pour résoudre leurs enjeux de traitement des eaux usées.

Durée de l'étude

L’étude s’est échelonnée de septembre 2017 à avril 2018.

Constats

1

17 systèmes ont connu des fréquences de débordements substantielles, dont 9 cas jugés comme étant graves.

2

Au moins 10 stations devraient être mises à niveau, dont 2 de manière prioritaire.

3

Les responsabilités partagées entre le MAMOT et le MDDELCC (respectivement, financement et autorisations de travaux) est problématique.

Moins du quart des systèmes d’assainissement des eaux usées étudiés offraient de bonnes performances quant à leur traitement et débordement.

Répercussions du projet

De nombreux enjeux ont été mis en lumière dans cette évaluation de performance des ouvrages de traitement des eaux usées, tant au niveau de la gouvernance de l’eau que de la mauvaise distribution des financements par le gouvernement. Le rapport a agi tel un électrochoc sur les administrations municipales, qui ont été sensibilisées sur leur rôle à jouer dans la réduction des débordements et la protection des cours d’eau.

Le COVABAR a appuyé les conclusions et recommandations du rapport et collaboré avec Fondation Rivières sur certains enjeux soulevés, dont celui des fréquences de débordement très élevées.

La méthode de travail élaborée durant ce projet a servi d’assise pour les projets subséquents d’évaluation de performance, notamment ceux réalisés pour la CARA, l’OBVBM, l’APLTI et GROBEC.

Pour aller plus loin

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Port de Montréal à Contrecœur : Un pour tous et tous pour le chevalier cuivré

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Communiqué de presse – Le 1er février dernier, l’Administration portuaire de Montréal (APM) dévoilait les détails de son projet visant la construction d’un terminal maritime à Contrecœur. Le projet occuperait 4 km de berge naturelle sur le fleuve Saint-Laurent, à proximité d’un secteur résidentiel de Verchères en pleine campagne, face à l’île Bouchard, digne d’un parc. La première phase prévoit un quai de 675 mètres et une capacité de transit de 1,15 million de conteneurs par année. Ce projet inquiète la Fondation Rivières, vu l’ampleur des impacts appréhendés et son incompatibilité avec les usages ruraux, agricoles et touristiques aux alentours du secteur retenu par l’APM.

La culture industrielle du maïs se poursuit au parc des Îles-de-Boucherville

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À l’heure actuelle au Parc des Îles-de-Boucherville, il y a encore de la culture industrielle de maïs qui nécessite l’usage de fertilisants, de pesticides et d’herbicides dommageables pour l’environnement. Environnement Canada a d’ailleurs avisé en 2002 et 2004 la direction du Parc que la concentration de pesticides excédait de trois fois les normes permises dans les eaux de surface. Il est de plus question d’installer des systèmes de drainage des sols vers le Saint-Laurent.

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Un an après le grand déversement de Montréal : les efforts pour réduire les débordements d’eaux usées restent insuffisants

Un an après le flushgate, ce grand déversement des eaux usées de Montréal dans le fleuve Saint-Laurent, les efforts pour minimiser les débordements des réseaux d’égouts créant la pollution de nos cours d’eau demeurent nettement insuffisants.

Le flushgate, un déversement « planifié » de 8 milliards de litres d’eaux usées qui apparaissait normal aux yeux des administrations gouvernementales et municipales, a attiré l’attention des médias sur l’insouciance et le laxisme dans la protection des eaux. Le bilan qu’a dressé la Fondation de ce dossier montre un cafouillage à tous les étages ! Les Québécois ont alors appris que dans le dernier rapport gouvernemental de 2013, il y eut 45 512 débordements d’eaux usées au Québec, dont quelques 400 déversements qui ont duré de plus de 48 heures. Il y a également, encore aujourd’hui, une centaine de municipalités qui déversent leurs eaux d’égout sans traitement.

Il faut aussi savoir qu’aucune des municipalités qui ne respectaient pas la réglementation depuis janvier 2014 n’a encore été pénalisée. Et que le gouvernement a abandonné l’inspection des stations d’épuration qu’il a pourtant payées à coups de milliards de dollars. Il ne surveille plus leur performance. Il n’y aura plus de rapport annuel, le dernier datant de 2013. D’autre part, il n’a émis aucune attestation d’assainissement, ce qui est contraire à ce qui est prévu à sa réglementation. Évidemment, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) n’a pas les ressources pour s’acquitter adéquatement de ses obligations.

Pensons aux milliers de poissons morts découverts le 28 juin dernier dans la rivière Yamaska suite aux mauvaises opérations dans la station d’épuration des eaux usées de la ville de Saint-Hyacinthe. Un rapport d’enquête du MDDELCC doit être produit et les sanctions imposées.

La Fondation Rivières demande donc au gouvernement de remettre sur pieds les équipes de travail nécessaires pour l’accomplissement de ses responsabilités. Il devrait imposer le paiement de compensations financières fortement incitatives pour réduire les débordements d’eaux usées non traitées. Les municipalités doivent payer pour leur pollution, et non uniquement la laisser s’écouler chez leurs voisins en aval.