Eaux usées de Montréal : une désinfection des rejets d’eaux s’impose toute l’année

La Fondation Rivières demande au ministre Heurtel de justifier sa décision à l’effet que la ville de Montréal n’a pas à désinfecter ses eaux usées tout au long de l’année. Cette démonstration relève de la responsabilité de l’État et doit être rendue publique.

Nous estimons que le système de désinfection à l’ozone qui sera construit et mis en marche en 2018 à la station d’épuration devrait fonctionner à l’année longue, et non seulement en été. Les contaminants ont des effets sur la flore et la faune aquatique, même en hiver. Les prises d’eau potable situées en aval s’en trouveraient sécurisées et améliorées. Les découvertes récentes indiquent que les eaux usées à la sortie des stations d’épuration contiennent, en plus des coliformes, toute une gamme de produits pharmaceutiques, d’hormones et de virus, autant de produits émergents dont les effets peuvent être importants et conduire notamment à des changements génétiques chez les espèces.

Après avoir investi environ 250 M$ dans la construction d’un système de traitement à l’ozone, quelle logique peut justifier de ne pas faire fonctionner cet équipement à l’année longue ?

Une telle politique environnementale devrait être considérée au minimum pour les dix plus grandes stations d’épuration.

Pour Catherine Huard, directrice générale, « Les fonctionnaires et dirigeants doivent se justifier scientifiquement. L’époque de la grande noirceur et des déclarations insignifiantes est révolue, on est en 2015. Nous avons constaté lors du Flushgate l’importance accordée par la population à la qualité de l’eau. Nous croyons que les Montréalais souhaitent que leurs eaux usées soient désinfectées à l’année pour qu’elles ne contaminent pas le Fleuve. La conscientisation et les attentes de la population ont grandement évolué. Or, nos dirigeants ne sont pas encore arrivés à ce niveau de conscientisation comme le soulignait récemment Roy Dupuis dans sa lettre ouverte « L’insoutenable désinvolture de nos gouvernements ». Elle ajoute que des compensations devraient être payées lorsqu’il y a pollution indue, notamment lorsque les exigences du MDDELCC ne sont pas respectées. « Les municipalités doivent payer pour leur pollution, et non simplement l’envoyer chez leurs voisins en aval ! » conclut-elle.

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Eaux usées de Montréal : le rapport des experts ne répond pas aux attentes de la Fondation Rivières

Le rapport des experts mandatés par Environnement Canada concernant le déversement d’eaux usées projeté par la Ville de Montréal, indique que les conséquences seraient suffisamment importantes pour recommander l’usage d’un bateau-citerne et l’installation d’unités mobiles de traitement, en plus de faire la cueillette des déchets sur le parcours du panache pendant le déversement.

L’idée d’utiliser des bateaux-citernes est accueillie positivement par la Fondation Rivières, d’autant plus que le Groupe Desgagnés, qui possède une flotte de huit navires pour le transport de vracs liquides, a confirmé que cette option est plausible sous certaines conditions de faisabilité.  Des navires sont disponibles à un prix raisonnable.  Cette information n’était pas documentée au rapport, notamment à cause du court délai imposé.

Il faut souligner que les experts ont eu un mandat limité, notamment de comparer les impacts entre un déversement planifié ou un déversement non-planifié.

Le questionnement est ailleurs, insiste la Fondation Rivières :

  • Quels sont précisément les travaux qui nécessitent de vider l’intercepteur Sud-Est ?
  • Quels travaux peuvent être réalisés sans vider l’intercepteur ?
  • Quels dommages, exactement, peuvent survenir à la station d’épuration ou ailleurs sur le réseau d’interception ?
  • Quels sont les équipements vulnérables ?
  • Combien d’équipes de travail sont prévues par l’Entrepreneur et la Ville ?
  • Quel est la séquence de travail et son échéancier ?
  • Quels moyens techniques ont été prescrits pour accélérer les travaux ?
  • Quelles autres méthodes sont utilisées dans le monde dans des situations similaires ?

Les experts, faute d’information, ont inévitablement dû conclure qu’il « semble » urgent d’effectuer des travaux dans l’intercepteur Sud-Est, mais ne les décrivent pas, se fiant à la Ville.

En somme, le rapport aurait dû être en mesure d’assurer à la population que l’urgence et la quantité d’eaux usées déversées soient pleinement justifiées. Rien n’a été qualifié ni quantifié autrement qu’avec des généralités.

Catherine Huard, directrice générale, se dit déçue de l’absence de conclusion du rapport : « Le rapport est essentiellement une comparaison de risques théoriques, alors qu’il aurait été primordial d’obtenir l’avis d’experts qui ont déjà eu à régler de tels problèmes, y compris  d’entrepreneurs spécialisés ».  Elle réitère également que les gouvernements doivent forcer le paiement de compensations sur les débordements d’eaux usées non traitées. Une mesure incitative permettrait de réduire le temps et les volumes de déversement. « Les municipalités doivent payer pour leur pollution, et non uniquement l’envoyer chez leurs voisins en aval ! » conclut-elle.

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Pour consulter le rapport des experts.

Déversement d’égouts de Montréal : la méthode de travail doit être révisée pour réduire la pollution

La Fondation Rivières a réussi, avec la collaboration de Projet Montréal, à prendre connaissance du document d’appel d’offres publié pour la construction de la chute à neige Riverside et l’enlèvement du cintrage existant dans l’intercepteur sud. Le document, publié sur le site du Service électronique d’appel d’offres (SEAO) le 10 mai 2015, donne des informations permettant de questionner plusieurs aspects du projet et de corriger plusieurs informations qui circulent. Ce document devrait être analysé par Environnement Canada qui veut maintenant, tardivement, revoir le dossier.

En ce qui concerne la période de moindre impact environnemental, celle-ci n’est pas du 15 octobre au 15 novembre comme l’indique le ministre Heurtel. On peut lire au Rapport d’analyse de son ministère qu’elle s’étend plutôt du 1er décembre à la fin février. Cependant, pour d’autres considérations, telles la disponibilité d’un nombre maximal de chutes à neige et pour minimiser les coûts de construction, elle a été établie par la Ville du 15 octobre au 18 décembre.

La Fondation considère que pour de tels travaux spécialisés, il aurait fallu permettre aux entrepreneurs, qui disposent de l’expertise pratique pour de tels travaux complexes, de ressources et d’une expérience souvent sur le plan international, de proposer des méthodes de travail qui minimisent le déversement des eaux usées. Ce qui n’aurait pas empêché la Ville de proposer la sienne. L’important est d’obtenir un résultat minimisant la pollution et une réalisation sécuritaire.

La Fondation Rivières, qui examine la performance de plusieurs systèmes d’assainissement sur certaines rivières, souligne que les débordements d’eaux usées dans les cours d’eau constituent une problématique sous-estimée et méconnue au Québec. Les exemples de situations qui se produisent en Ontario ou lors de catastrophes naturelles n’excusent pas le laxisme face à ce problème, même s’il s’avère incontournable à certains endroits.

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Déversement d’égouts de Montréal : Montréal doit rendre publics tous les documents

Le rapport du ministère de l’Environnement rendu public après la conférence de presse de la Ville de Montréal de vendredi dernier soulève de nouveaux questionnements sur le cheminement chaotique du dossier. Ce rapport, dont le nom des auteurs est caviardé et leur formation permettant de juger de leur expertise est inconnue, réfère surtout à l’application de la « note d’instructions no 11-07 » et ne permet pas de constater une expertise attendue du gouvernement sur les travaux proposés. Le rapport reprend essentiellement les déclarations de la Ville sans contre-expertise apparente.

Le rapport du 24 février 2015 indique que le déversement des eaux d’égout occasionnera une « importante contamination microbiologique », que la période choisie à compter du 18 octobre n’est pas celle de « moindre impact », et qu’Environnement Canada doit aussi autoriser la Ville. Cela ne correspond pas à la déclaration en conférence de presse du président du Conseil exécutif Pierre Desrochers qui mentionnait qu’une entente Québec-Canada devait être mise en vigueur d’ici deux semaines pour éliminer le dédoublement de juridiction dans l’analyse des dossiers.

En bref, l’information disponible ne permet pas de conclure à la nécessité de déverser les eaux d’égout, en tout ou en partie. La Fondation Rivières demande conséquemment la divulgation des documents relatifs à ce projet, ceux de la Ville, du MDDELCC et d’Environnement Canada. Une contre-expertise doit être effectuée par des gens ayant la compétence pour porter un jugement sur les méthodes de construction proposées par la Ville.

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Débordements d’égouts à Montréal : Les justifications ne sont aucunement convaincantes

La Ville de Montréal n’a pas réussi à convaincre la Fondation Rivières du bien-fondé de sa décision de déverser le tiers de ses eaux d’égouts de l’Ile directement dans le fleuve Saint-Laurent pendant une semaine, à compter du 18 octobre prochain. Tout au plus la Ville a présenté le contexte des travaux: l’abandon de la chute à neige Wellington pour la relocaliser dans un accès sur la rue Riverside.

Les propos tenus au cours de la conférence de presse d’aujourd’hui suscitent davantage d’inquiétude. Incapable de nommer les municipalités qui s’approvisionnent dans le fleuve qui seraient touchées par le panache de contamination, la Ville pouvait néanmoins assurer qu’elles ne « seraient pas affectées ». Cinq municipalités recevraient pourtant des rejets d’égouts directement dans leur prise d’eau : Varennes, Verchères, Contrecoeur, Lavaltrie et Berthierville.

La question de dériver les eaux pendant les travaux a été esquivée en mentionnant qu’il en coûterait 1 milliard $ si on doublait toute la tuyauterie sur l’Ile !

La Ville n’a rendu disponible aucun document « intelligible » : absence de rapport, de plans de localisation des débordements, d’explications sur la nature des « travaux », etc. L’autorisation obtenue du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques n’a pas été remise et le Ministère était absent de la conférence de presse.

La Fondation Rivières considère encore que la Ville n’a pas identifié toutes les mesures possibles pour réduire les impacts, tel un pompage temporaire des eaux, une conduite temporaire ou l’utilisation de méthodes de construction particulières. Rien n’indique le coût de telles mesures de mitigation, ni d’ailleurs le coût qu’occasionnerait cette méga-pollution dont les effets demeureront pendant des années et s’étendant jusqu’à la Réserve de la biosphère du Lac-Saint-Pierre de l’UNESCO.

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