Anticosti : obscurantisme et risques au rendez-vous

La Fondation Rivières a obtenu copie des autorisations du ministère de l’Environnement (sic) pour le prélèvement d’eau dans les rivières d’Anticosti. Leurs rejets, une fois contaminés par les produits chimiques nécessaires à la fracturation hydraulique, ont de quoi inquiéter.

L’autorisation de prélèvement obtenue ne mentionne ni la durée du pompage, ni les quantités prélevées, ni les auteurs des études, ni aucune autre description des travaux qui seraient réalisés: coupe d’arbres, chemins, excavations, etc. Les lieux de prélèvement ne sont décrits que par des coordonnées GPS.

Pour sa part, l’autorisation pour le traitement des eaux usées ne décrit aucunement le procédé utilisé, ni la performance exigée, ni le niveau de décontamination atteint, ni la liste des contaminants qui pourraient ne pas être traités. Comme il s’agit de l’utilisation de produits chimiques, une démonstration de la performance du traitement aurait dû être déposée.

Il y a lieu d’être inquiets du sérieux des analyses effectuées par le ministère de l’Environnement (sic), et encore davantage de tout le secret entourant l’opération. Si tout avait été fait dans les règles de l’art, le gouvernement ne voudrait-il pas en faire l’annonce sur toutes les tribunes?

Nous poursuivons nos actions pour assurer la protection des rivières qui seraient touchées par la réalisation de ces forages. Et par le fait même, celle du saumon menacé malgré qu’il soit en voie d’extinction selon un rapport scientifique.

Mortalité massive de poissons dans la Yamaska : grave négligence de la Ville de Saint-Hyacinthe et manque de suivi du Ministère de l’Environnement

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crédit photo : Bruno Beauregard

crédit photo : Bruno Beauregard

La décision de la Ville de Saint-Hyacinthe de déverser ses eaux usées dans la rivière Yamaska le 28 juin dernier, alors que son niveau d’eau était au plus bas, a causé la mortalité de centaines de poissons. Cette situation était hautement prévisible. La Ville avait la responsabilité d’aviser le ministère de l’Environnement et celui-ci devait assurer le suivi de l’opération.

La situation s’apparente au « Flushgate » de Montréal, mais cette fois les conséquences furent rapides et graves. Pour réaliser des travaux à sa station d’épuration, la Ville de Saint-Hyacinthe a planifié le déversement de 8 500 mètres cubes d’eaux usées au moment même où le débit de la rivière était à son plus bas, à 3 mètres cubes par seconde. Cela mérite une sanction exemplaire.

À ces problèmes, rappelons que le niveau d’eau de la rivière Yamaska, en aval de Saint-Hyacinthe, dépend de façon importante de la gestion des débits au barrage Pennman, exploité par la compagnie ontarienne Algonquin Power. Le débit observé selon les données mesurées par le Centre d’expertise hydrique du gouvernement du Québec indique qu’il ne fut que de 3 mètres cubes par seconde les 27 et 28 juin dernier pendant que le réservoir de la centrale hydroélectrique se remplissait. Il atteint environ 12 mètres cubes lorsque la centrale hydroélectrique produit de l’électricité et que l’eau retourne à la rivière. Cette électricité est vendue à Hydro-Québec par la compagnie privée et celle-ci fait varier les niveaux d’eau afin de maximiser ses profits.

Le débit devient tellement bas dans la rivière Yamaska que la Ville de Saint-Hyacinthe paie cette compagnie pour qu’elle laisse de l’eau couler dans la rivière, une compensation pour la dédommager de ses pertes de revenus. En 2014, la Fondation Rivières a recommandé au gouvernement et aux députés que le débit minimal dans la rivière soit augmenté afin de respecter les exigences environnementales, ceci avant qu’Hydro-Québec renouvelle son contrat d’achat d’électricité.

Pour lire notre communiqué en entier.

Rivières Châteauguay et Saint-Louis : des municipalités continuent de polluer allègrement

crédit photo : moucheurs.com

crédit photo : moucheurs.com

 

Un rapport de la Fondation Rivières sur la performance des 17 systèmes d’assainissement des eaux usées des bassins versants des rivières Châteauguay et Saint-Louis pour la période 2008-2015 montre plusieurs sources de pollution et de cas de non-respect des exigences gouvernementales.

Le rapport dénombre quelques 785 débordements d’eaux usées, notamment des débordements par temps sec dans la ville de Beauharnois depuis plusieurs années sans qu’aucun correctif n’ait été apporté. Il s’agit d’une situation illégale selon la réglementation et pour laquelle le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) aurait dû imposer des amendes depuis 2014.

De plus, la station d’épuration des eaux usées de Beauharnois ne respecte pas les exigences de traitement avec des dépassements récurrents de la limite de 25 mg/l pour les matières en suspension. De plus, cette même station n’élimine pas le phosphore de l’eau (contrairement aux autres municipalités riveraines du lac Saint-Louis) et ne désinfecte pas ses eaux.

La Fondation Rivières a transmis son rapport détaillé des informations aux municipalités concernées ainsi qu’aux organismes du milieu et aux députés.

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