Un an après le grand déversement de Montréal : les efforts pour réduire les débordements d’eaux usées restent insuffisants

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crédit photo : Journal de Montréal

 

Un an après le flushgate, ce grand déversement des eaux usées de Montréal dans le fleuve Saint-Laurent, les efforts pour minimiser les débordements des réseaux d’égouts créant la pollution de nos cours d’eau demeurent nettement insuffisants.

Le flushgate, un déversement « planifié » de 8 milliards de litres d’eaux usées qui apparaissait normal aux yeux des administrations gouvernementales et municipales, a attiré l’attention des médias sur l’insouciance et le laxisme dans la protection des eaux. Le bilan[1] qu’a dressé la Fondation de ce dossier montre un cafouillage à tous les étages ! Les Québécois ont alors appris que dans le dernier rapport gouvernemental[2] de 2013 il y eut 45 512 débordements d’eaux usées au Québec. Dont quelques 400 déversements qui ont duré de plus de 48 heures. Il y a également, encore aujourd’hui, une centaine de municipalités qui déversent leurs eaux d’égout sans traitement.

Il faut aussi savoir qu’aucune des municipalités qui ne respectaient pas la réglementation[3] depuis janvier 2014 n’a encore été pénalisée. Et que le gouvernement a abandonné l’inspection des stations d’épuration qu’il a pourtant payées à coups de milliards de dollars. Il ne surveille plus leur performance. Il n’y aura plus de rapport annuel, le dernier datant de 2013. D’autre part, il n’a émis aucune attestation d’assainissement, ce qui est contraire à ce qui est prévu à sa réglementation. Évidemment, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) n’a pas les ressources pour s’acquitter adéquatement de ses obligations.

Pensons aux milliers de poissons morts découverts le 28 juin dernier dans la rivière Yamaska suite aux mauvaises opérations dans la station d’épuration des eaux usées de la ville de Saint-Hyacinthe. Un rapport d’enquête du MDDELCC doit être produit et les sanctions imposées.

La Fondation Rivières demande donc au gouvernement de remettre sur pieds les équipes de travail nécessaires pour l’accomplissement de ses responsabilités. Il devrait imposer le paiement de compensations financières fortement incitatives pour réduire les débordements d’eaux usées non traitées. Les municipalités doivent payer pour leur pollution, et non uniquement la laisser s’écouler chez leurs voisins en aval.

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[1] Bilan du déversement des eaux usées de Montréal, communiqué du 3 février 2016

[2] http://www.mamrot.gouv.qc.ca/pub/infrastructures/suivi_ouvrages_assainissement_eaux/eval_perform_rapport_2013.pdf

[3] http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cr/Q-2,%20r.%2034.1

 

Consultation publique sur la Stratégie québécoise de l’eau : le gouvernement doit commencer par appliquer la réglementation existante

La Fondation Rivières salue l’initiative du Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte aux Changements climatiques (MDDELCC) de consulter la population dans le cadre de sa révision de la Politique nationale de l’eau, adoptée en 2002 suite à des audiences publiques, mais rappelle le besoin urgent d’appliquer la règlementation existante, de sanctionner les contrevenants et de mettre en œuvre le système d’attestations d’assainissement qui accuse des retards importants.

La poursuite des efforts sur l’amélioration de la qualité de l’eau, la protection des milieux aquatiques, la gestion des risques, l’adaptation aux changements climatiques et la réponse aux besoins d’une eau potable de qualité sont autant d’enjeux importants mais la Fondation considère que de mettre sur pied de nouvelles structures de gouvernance en gestion intégrée de la ressource en eau, bien que potentiellement bénéfique à moyen ou à long terme, détourne des ressources au détriment de la mise en application de la règlementation existante, notamment en ce qui concerne les surverses. Les lois et règlements existent, mais les inspecteurs et analystes du Ministère n’ont pas les mandats ni les ressources pour effectuer les contrôles nécessaires.

Conséquemment, la Fondation Rivières estime qu’il serait plus avantageux pour la population du Québec si les ressources ministérielles étaient destinées, non seulement à l’application des lois et règlements, mais aussi aux instances et organisations existantes qui assurent une planification des ressources hydriques.

Ainsi, pour Alexandre Joly, porte-parole de la Fondation, « L’argent doit aller où il est le plus nécessaire et les lois existantes doivent être appliquées. De nouvelles structures de gouvernance n’amélioreront pas la qualité de l’eau, mais l’application de la règlementation et le financement des inspecteurs du Ministère oui ».

Pour lire notre communiqué en entier.

Dossier sur la Rivière du Nord : si la rivière nous était contée !

crédit photo : Alexandra Girard

crédit photo : Alexandra Girard

« Tout au long de ses 137 kilomètres, la rivière du Nord offre un impressionnant potentiel récréatif pour les baigneurs, les pêcheurs et les canoteurs. Autrefois la rivière portait les Indiens, puis les colons vers de nouvelles découvertes, elle a ensuite porté le bois coupé par nos bûcherons; aujourd’hui elle est porteuse de l’histoire de la région. Finalement, la rivière nous unit. Elle nous relie par son cours, elle nous rappelle que nous sommes ensemble… Elle est précieuse et il faut en prendre soin ».

Ainsi débute le dossier Si la rivière nous était contée, préparé par Félix Tarabulsy du Journal des Citoyens de Prévost, Piedmont et Sainte-Anne des Lacs et auquel a participé Alain Saladzius, président et cofondateur de la Fondation.

Sous le volet La Rivière du Nord, un joyau, on nous parle d’abord surtout de la symbolique et des attraits de la rivière pour les citoyens des Laurentides.

Le chapitre Il faudra encore des efforts !, auquel a participé Alain Saladzius, président et cofondateur de la Fondation, nous informe du chemin qu’il reste à parcourir afin d’avoir accès à une Rivière du Nord plus propre.

L’article La rivière se met à jour nous renseigne sur les nouvelles technologies et mesures mises en place afin de contrôler la qualité de l’eau.

Finalement, dans Le Lac Raymond à son meilleur on nous raconte tous les progrès faits lors de la dernière décennie, alors que la plage fut pour la première fois ouverte aux citoyens après près de dix ans d’efforts pour avoir accès à une eau propre et baignable.

Une histoire inspirante. Un dossier à lire.

 

 

 

Sommet Aqua Hacking 2016 : Unis pour le Saint-Laurent

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fr-ah2016

Les 6 et 7 octobre prochains, le fleuve Saint-Laurent sera au cœur du Sommet AquaHacking 2016 ! Des conférences et des panels d’experts de l’eau seront au rendez-vous pour aborder quatre grandes thématiques :

  • L’adaptation aux changements climatiques;
  • Les déversements et les surverses;
  • L’accessibilité au fleuve Saint-Laurent;
  • L’innovation, la technologie et la créativité au service de l’eau.

Ce sera l’occasion de réseauter avec différents acteurs clés du domaine de l’eau du Québec et d’échanger avec les experts présents.

Qui devrait assister à ce sommet ?

Les différents experts dans le domaine de l’eau, les multiples intervenants & organismes impliqués dans la gestion et la préservation du fleuve Saint-Laurent (Comités ZIP, OBV, Tables de concertations, etc), les responsables des services de développement durable et de responsabilité sociale au sein d’entreprises publiques ou privées, les élus, les municipalités, les étudiants et citoyens intéressés par la santé du fleuve Saint-Laurent, les technophiles, etc.

Vous avez envie de vous joindre à nous ?

Vous pouvez réserver vos billets ici.

Au plaisir de vous y croiser !

Ozonation : Fondation Rivières salue la décision de la ville de Montréal

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C’est avec soulagement que nous avons appris hier que l’usine d’ozonation des eaux usées qui sera mise en service à compter de 2018 fonctionnera dès lors 12 mois par année.

L’automne dernier, la Fondation s’était prononcée en faveur de cette option, après qu’il eut été annoncé que l’usine fonctionnerait 6 mois par année, décision qui avait suscité de nombreuses critiques. (Voir notre communiqué du 2 décembre dernier).

« Les 6 mois correspondaient aux exigences gouvernementales pour permettre aux gens de profiter davantage du fleuve l’été. Mais la réalité, c’est que pour la santé du fleuve, il faut y aller 12 mois par année. On ne court pas de risques », a indiqué le maire Denis Coderre.

La nouvelle usine et son procédé d’ozonation permettront de réduire la présence de bactéries, de virus et d’hormones dans les eaux usées qui sont rejetées dans le fleuve Saint-Laurent. Ainsi, selon l’article du Devoir paru hier, les quantités d’antidépresseurs et d’anticonvulsifs baisseront de 75 % avec le nouveau traitement. Le système permettra aussi de détruire les antibiotiques et les hormones à plus de 90 %. Quant aux perturbateurs endocriniens, ils diminueront de 85 %.

Fondation Rivières tient aujourd’hui à féliciter le maire Coderre et son équipe de leur sage décision !

Manifestez-vous contre le projet Énergie Est !

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crédit photo : radio-canada.ca

crédit photo : radio-canada.ca

C’est lundi que débuteront les audiences de l’Office National de l’Énergie, au 2200, rue Mansfield, à Montréal

Nous vous invitons à vous joindre aux citoyens qui seront sur place dès 8h00 afin de passer un message clair : nous ne voulons pas chez nous de l’oléoduc Énergie Est, qui menace nos cours d’eau.

Les informations parues depuis quelques semaines nous prouvent qu’on ne peut faire confiance à l’ONÉ pour évaluer adéquatement les impacts d’un oléoduc qui passerait dans nos cours arrières, alors soyeux nombreux à le dénoncer et à faire entendre nos voix : Énergie Est, c’est non !

 

Les problèmes de débordements d’eaux usées passés sous la loupe

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Vieux Port de Montréal - 18 juillet 2016

Vieux Port de Montréal – 18 juillet 2016

 

Les incidents polluants causés par des eaux usées non-traitées, qui s’échappent des réseaux d’égouts, sont nombreux ces derniers temps. Depuis le Flushgate de Montréal, des déversements majeurs et médiatisés se sont multipliés au lac Saint-Jean, à Trois-Rivières, Beauharnois et récemment à Saint-Hyacinthe où des milliers de poissons sont morts. Des cas de pollution sont signalés presqu’à tous les jours.

L’absence de surveillance et de pénalités par le gouvernement est en partie responsable de cette pollution. Les installations ne sont plus inspectées et aucune amende pour déversement ou manque de traitement n’est enregistrée au répertoire du MDDELCC. Les municipalités doivent  corriger leurs installations insuffisantes ou déficientes, les systèmes de drainage pluvial doivent être repensés afin de contrôler les eaux à la source, il faut réduire le pavage et infiltrer l’eau de pluie dans le sol, les traitements d’eau doivent être installés ou améliorés, des alarmes doivent être mises en place lors de débordements, etc.

Voici certains articles récents sur le sujet :

Règlements sur les eaux usées

Une bataille acharnée pour la dépollutions du Lac Raymond (notre mascotte Martin vous en parle d’ailleurs à droite de l’écran).

Déversements d’eaux usées : une conséquence de l’austérité , dit le syndicat de la fonction publique

Le Québec à la traîne en matière de déversements d’eaux usées

Un débit influencé par la météo et le barrage

La campagne Coule pas dans nos cours d’eau ! est lancée !

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La Fondation Coule pas chez nous ! , en partenariat avec la Marche des Peuples pour la Terre Mère en Gaspésie, la Coalition Eau Secours !, la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK), la Fondation Rivières, Nature Québec, la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) et le Réseau ZEC Québec, lance la nouvelle campagne Coule pas dans nos cours d’eau ! pour mettre en vedette les plans d’eau qui nous sont si précieux. C’est l’occasion de sensibiliser la population aux impacts sur nos cours d’eau qu’ont les projets d’exploration, d’exploitation et de transport – que ce soit par oléoduc, navire-citerne ou par train – du pétrole issu des sables bitumineux et des autres hydrocarbures.
Comment participer à la campagne ?
  • Sur Facebook, remplacez votre photo de profil par une photo de vous près de votre cours d’eau préféré et ajoutez y le logo de Coule pas dans nos cours d’eau ! en cliquant ici.  
  • Conservez cette photo de profil tout l’été pour exprimer vos préoccupations quant à la contamination de nos cours d’eau par le pétrole et autres hydrocarbures.
  • Invitez votre famille et vos amis à joindre eux aussi le mouvement en se prenant en photo devant les plans d’eau qu’ils fréquentent. Partagez sur Twitter (#CoulePASdansNOScoursDEAU! ) et joignez vous à l’événement Facebook.
  • Informez vous et manifestez publiquement vos craintes quant aux risques qui planent sur nos cours d’eau.
Soyons nombreux à défendre nos cours d’eau !

Anticosti : obscurantisme et risques au rendez-vous

La Fondation Rivières a obtenu copie des autorisations du ministère de l’Environnement (sic) pour le prélèvement d’eau dans les rivières d’Anticosti. Leurs rejets, une fois contaminés par les produits chimiques nécessaires à la fracturation hydraulique, ont de quoi inquiéter.

L’autorisation de prélèvement obtenue ne mentionne ni la durée du pompage, ni les quantités prélevées, ni les auteurs des études, ni aucune autre description des travaux qui seraient réalisés: coupe d’arbres, chemins, excavations, etc. Les lieux de prélèvement ne sont décrits que par des coordonnées GPS.

Pour sa part, l’autorisation pour le traitement des eaux usées ne décrit aucunement le procédé utilisé, ni la performance exigée, ni le niveau de décontamination atteint, ni la liste des contaminants qui pourraient ne pas être traités. Comme il s’agit de l’utilisation de produits chimiques, une démonstration de la performance du traitement aurait dû être déposée.

Il y a lieu d’être inquiets du sérieux des analyses effectuées par le ministère de l’Environnement (sic), et encore davantage de tout le secret entourant l’opération. Si tout avait été fait dans les règles de l’art, le gouvernement ne voudrait-il pas en faire l’annonce sur toutes les tribunes?

Nous poursuivons nos actions pour assurer la protection des rivières qui seraient touchées par la réalisation de ces forages. Et par le fait même, celle du saumon menacé malgré qu’il soit en voie d’extinction selon un rapport scientifique.

Mortalité massive de poissons dans la Yamaska : grave négligence de la Ville de Saint-Hyacinthe et manque de suivi du Ministère de l’Environnement

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crédit photo : Bruno Beauregard

crédit photo : Bruno Beauregard

La décision de la Ville de Saint-Hyacinthe de déverser ses eaux usées dans la rivière Yamaska le 28 juin dernier, alors que son niveau d’eau était au plus bas, a causé la mortalité de centaines de poissons. Cette situation était hautement prévisible. La Ville avait la responsabilité d’aviser le ministère de l’Environnement et celui-ci devait assurer le suivi de l’opération.

La situation s’apparente au « Flushgate » de Montréal, mais cette fois les conséquences furent rapides et graves. Pour réaliser des travaux à sa station d’épuration, la Ville de Saint-Hyacinthe a planifié le déversement de 8 500 mètres cubes d’eaux usées au moment même où le débit de la rivière était à son plus bas, à 3 mètres cubes par seconde. Cela mérite une sanction exemplaire.

À ces problèmes, rappelons que le niveau d’eau de la rivière Yamaska, en aval de Saint-Hyacinthe, dépend de façon importante de la gestion des débits au barrage Pennman, exploité par la compagnie ontarienne Algonquin Power. Le débit observé selon les données mesurées par le Centre d’expertise hydrique du gouvernement du Québec indique qu’il ne fut que de 3 mètres cubes par seconde les 27 et 28 juin dernier pendant que le réservoir de la centrale hydroélectrique se remplissait. Il atteint environ 12 mètres cubes lorsque la centrale hydroélectrique produit de l’électricité et que l’eau retourne à la rivière. Cette électricité est vendue à Hydro-Québec par la compagnie privée et celle-ci fait varier les niveaux d’eau afin de maximiser ses profits.

Le débit devient tellement bas dans la rivière Yamaska que la Ville de Saint-Hyacinthe paie cette compagnie pour qu’elle laisse de l’eau couler dans la rivière, une compensation pour la dédommager de ses pertes de revenus. En 2014, la Fondation Rivières a recommandé au gouvernement et aux députés que le débit minimal dans la rivière soit augmenté afin de respecter les exigences environnementales, ceci avant qu’Hydro-Québec renouvelle son contrat d’achat d’électricité.

Pour lire notre communiqué en entier.